Je suis Alex Lauzon

03/09/2018
à 15h56

2 septembre 2018, à
souaire, Montréal m’attend

Aujourd’hui aussi, mon plan initial est modifié. Je n’avais pas prévu le prix d’une suite pour le dodo d’hier, c’est davantage que 2 fois plus cher et j’ai assez dépensé comme ça. Je décide donc de rentrer à la maison plutôt que de coucher à St-Jean-Port-Joli, tel que je le prévoyais.

8h00 - Départ pour le IGA de Rivière-Du-Loup pour y prendre des bouteilles de la microbrasserie Aux fous brassant. Ils ouvrent à 11h30 seulement. Je ne veux pas attendre car de la flotte arrive pour l’après-midi et la soirée.

10h30 - L’épicerie se fait comme il se doit. Direction vers la microbrasserie Tête d’allumette.

11h00 - L’aménagement chez Tête d’allumette est phénoménal. Site bucolique. Superbe maison centenaire. Ça promet. J’ai pris un verre d’Apache, une bière fumée très bonne et un verre d’IPA tout aussi bonne. La boutique est vraiment géniale. J’ai pris autant de bouteilles que me le permet Rutilante (moins un dernier arrêt qui arrive tout de suite après).

13h00 - Arrivée à la boutique du Ras l’bock. Il mouille maintenant bien comme il faut mais je suis ok. La seule chose qui me manque est une protection pour le visage, ça devient gossant avec le temps de recevoir de la pluie dans la face à 90 km/h. Je prends tout ce que je peux prendre pour bien remplir les sacoches. J’ai 28 bouteilles de bières avec moi. Hé! Je ne suis pas venu pour rien! Mention spéciale au gars qui tenait le comptoir. Très sympathique, on a jasé de tout et de rien. Bin du fun.

16h30 - Arrivée au O quai des Brasseurs à Bécancour. Il a mouillé en masse mais jamais rien de trop fort. Ce n’est pas une pluie froide alors tout est ok.

19h30 - Arrivée à la maison. Ouf! En partant de Bécancour, j’ai flanché et je me suis dit, allez hop! On retourne par l’autoroute. Alors le chemin le plus rapide est la 55 puis la 40. Go, je pars. Rendu un peu avant Repentigny, là, la pluie est tombée solide. Et je me suis fait joliment arroser par les autos qui me passaient par la gauche. J’ai vraiment pris ma douche. J’ai finalement décidé de sortir du Métropolitain à Langelier car ça n’avait pas de sens. Je me faisais bien trop arroser par les autres. J’ai quelques fois roulé sous la pluie mais celle-ci est la plus intense. Ça roule bien, faut rester prudent. Mais le facteur «Char qui roule à côté et qui te fait une vague», ça, c’est moins amusant. Je suis entré par Papineau et la 720. Quand même content d’être à la maison.

————

Cherché: Mes clés dans la chambre juste avant mon départ. J’ai fouillé partout, plusieurs fois, sans succès. J’ai appelé la réception pour voir si je les avais oublié là. Négatif. Je les avais oublié dans Rutilante. Hé. Bravo champion.

Trouvé: Vraiment très rigolotte la loi qui dit qu’un bar ne peut vendre de consommation pour emporter. Quand une microbrasserie désire vendre sa bière en bouteille, elle doit avoir une séparation entre les deux types de services. Un simple mur et une porte différente feront l’affaire. C’est quand même plutôt amusant. Au Frontibus, on passe la porte, on tourne à droite et on arrive à la boutique. De là, on voit le pub, c’est la même pièce, séparée par un mur. Idem à la tête d’allumette, une personne se tient derrière un comptoir, presqu’à l’extérieur, juste sur le bord de la porte du pub. Elle vend les bouteilles de cet endroit. Ras l’bock et Pit Caribou, entre autres, ont décidés de faire deux adresses différentes pour le pub et la boutique. Ça rend les visites plus chiantes au final. Enfin, j’imagine qu’il y a une bonne raison pour ce règlement.

Constaté à nouveau: Que la courroie de Rutilante n'aime pas pantoute la pluie également. Hé. Le «chirp! chirp! chirp!» dans les oreilles tout le long entre Bécancour et Montréal. Pas l'fun. J'ai hâte de savoir ce que le concessionnaire en pensera.

03/09/2018
à 15h28

1er septembre 2018, Matane
à guichet fermé

Le plan initial était de partir tôt pour aller faire une randonnée dans le parc de Forillon. Sauf que je suis arrivé trop tard pour un arrêt à la boutique d’Auval (ferme à 17h) et aussi un peu trop tard pour une photo avec Rutilante devant le Rocher. Donc, changement de plan.

9h00 - Départ pour une photo devant le Rocher puis un détour dans le fond des bois pour aller chez Auval.

9h45 - Arrivée chez Auval. Légère déception, un seul brassin est disponible. Tout le monde parle en grand bien de cette microbrasserie alors j’aurais aimé goûter à quelques produits.

10h00 - 2e déception, plus grande celle-là. Rutilante me refait le coup qu’elle a fait à St-Jean-Sur-Richelieu samedi dernier. Elle ne démarre pas et toutes les lumières qu’on ne veut pas voir allumé à 1 000 km de chez soi sont allumées. Mais là, je me dis que la dernière fois, un simple brassage en remorque a fait le travail. C’est peut-être juste une question de faire bouger les pistons un peu. Je me mets en première et j’avance la moto. Elle résiste un peu évidemment mais ça semble faire de quoi dans le moteur. Je tente de redémarrer, elle part mais s’éteint dès que je passe la première. On apprend. On avance. Je refais le même truc et cette fois-ci, je la laisse rouler quelques secondes. Je passe la première, tout roule. Fiou. On quitte c’est fin du monde qu’est l’endroit où est situé Auval.

10h30 - Plein à Percé. Je prends la 132 jusqu’à Gaspé. Les vues imprenables sur ce chemin. C’est dément. Que c’est beau. Et ça se contemple tellement bien en moto. Et j’adore alterner entre rouler juste un peu au-dessus de la limite (100 à l’heure sur une route à 90) et rouler à 80 quand je n’ai personne derrière moi. Quand un véhicule arrive, je me tasse sur la droite et lui fait signe de me passer, quand c’est sécuritaire bien sûr. C’est vraiment l’fun de sentir le vent tranquille quand on roule à 70 / 80 sur une route qui offre 90. On a le temps de bien voir le paysage. Et quand arrive une belle série de courbes, surtout si ça monte et descends, là, j’accélère juste un peu au-dessus de la limite et je m’amuse avec Rutilante. Je la connais maintenant et je la couche bien comme il faut en tournant. Wow. Ce pilotage offre des émotions uniques. Le bruit du moteur, l’équilibre avec le contre-braquage, les silencieux qui grondent à la reprise. Vrouuuummm!

12h00 - Dîner au Frontibus. Ils ont vraiment une très belle sélection de bières. J’te l’recommande!

14h30 - Arrivée au marché Ami à Madeleine-Centre pour remettre les appuies-têtes de mon vieux bazou au jeune homme qui l’a acheté en juin dernier. L’heureux hasard aura fait qu’il m’a joint la semaine dernière pour me demander si je les avais encore. J’avais oublié de les remettre quand je lui ai vendu la bagnole. Alors je les ai apporté avec moi pour lui donner.

16h30 - Arrivée à La Malbord. Doh. C’est fermé pour la fin de semaine! Bin voyons. Prends-toi un mois pendant l’hiver! Pas une fin de semaine au début de septembre! Mais bon, c’était écrit sur leur site internet. J’aurais dû vérifier. Ce n’est pas très grave. C’était sur mon chemin du retour. Je suis déçu car leur menu à l'air bien invitant et je prévoyais y souper. En plus, j’ai fait l’erreur de repartir tout de suite… Alors que j’avais prévu profiter de cet arrêt pour me réserver une chambre. Soit à Matane, soit à Rimouski, tout dépendant des prix / disponibilités. Je suis donc parti sans m’assurer d’une chambre. Oups.

18h00 - Arrivée à La Fabrique, belle microbrasserie qui n’offre malheureusement pas la bouteille à emporter. Mais la bière est bonne et le menu aussi. Là, je me dis que je devrais me réserver une chambre. Je pense pouvoir me rendre à Rimouski car dimanche, on annonce de la flotte partout. Aussi bien me rapprocher autant que possible. J’ai bau appeler tout partout, tout est plein et je me suis pris trop tard dans la journée. Damn. Pas grave, j’me dis, m’a coucher à Matane. Oups. Tout y est plein aussi. Je pourrais coucher à un gîte ou une auberge mais je suis un gars de motel / hôtel. La seule option qu’il me reste est une suite au Holiday Inn. Allons-y pour ça! Ça sera dodo à Matane dans le gros luxe.

————

Constaté: Que la courroie de Rutilante ne raffole pas des routes en terre ou en gravier (chemin pour se rendre à Auval). Elle sille comme un chant d'oiseau tout de suite après un passage sur un chemin en réfection. On change les pneus ce vendredi. J’en parlerai au garagiste. Parce que les chants d'oiseaux, c'est pas ce que je recherche en moto.

Piqué: Une très bonne jassette avec un vieux routier en Harley-Davidson qui trippait solide sur Rutilante et le son qu’elle fait (silencieux Remus là, pas la courroie qui sille, rendu là, elle ne le faisait plus, heureusement). Il m’a suivi longtemps entre Sainte-Anne-des-Monts et Matane et le hasard a fait qu’il allait rejoindre des amis à La Fabrique (mais dans l’autre immeuble juste à côté, La Fabrique vient d’ouvrir là aussi, mais si j’ai bien compris, c’est juste pour la bière, pas de bouffe).

31/08/2018
à 20h27

31 août 2018, Percé avec
une envie de route saumonée

8h30 - Départ de Pohénégamook. Il fait 7 degrés. Un peu bbrrr, mais ça se réchauffera avec le beau soleil.

9h30 - Déjeuner au restaurant >Les belles d’autrefois à Squatec. Belle place classique comme je les aime.

12h30 - Dîner à la microbrasserie La captive. Très bonne bière mais non disponible en bouteille. Quel dommage car j’en aurais bien mis une pu deux dans ma sacoche.

14h30 - Pause à la microbrasserie Le Naufrageur. Une IPA coco mango m’y attendait. Nous avons rapidement fait plus ample connaissance.

18h00 - Le plan initial était de passer chez Auval mais ça ferme à 17h. Donc, direction Persé pour le souper (guédilles au homard) et quelques pintes chez Pit Caribou. Dodo.

————

Reçu: Une garnotte directement sur le bord du genou en croisant un camion-remorque sur une route temporairement en gravier. Ouille.

Adoré: Tout mon périple sur la 234 est. Wow. Les montagnes, les lacs, les courbes dans la route, la belle asphalte neuve partout, l’absence de véhicules devant moi tout le long. Je pense que c’est ma plus belle sortie à vie. Quel bonheur de prendre les courbes à toute vitesse en couchant Rutilante autant que possible. C’est un sentiment unique.

Croisé: À quatre reprises une rivière se nommant la rivière à saumon. Faudrait que je fouille pour voir si c’est toujours la même qui se faufile entre les différentes routes où j’ai roulé ou si y’a vraiment juste des rivières à saumon dans le coin.

30/08/2018
à 20h10

30 août 2018, Pohénégamook
comme un 360 gaspésien

7h30 - Départ de Montréal pour un premier arrêt rapide chez le concessionnaire.

8h00 - Arrivée chez Joyal à St-Basile. Vérification de l’état des pneus et de leur pression d’air. Rutilante est prête pour le périple.

9h00 - Le temps est nuageux et étonnamment, un peu froid. Je suis content d’avoir pris mon manteau imperméable mais regrette de n’avoir pris que des t-shirts dans mes bagages. Plein d’essence et départ pour Saint-Georges, Beauce

10h30 - Pause au Tim (din fois, y’a vraiment rien d’autre…). Il fait plus froid qu’anticipé.

12h30 - Arrivé à St-Georges pour le dîner. Malgré les nombreux choix d’options à la Poutine d’or, ça sera une poutine qui ne passera pas à l’histoire. Les saucisses sont sèches, le fromage manque d'intérêt et au final, le plat de service n'est vraiment pas pratique ni écologique. C’est un contenant en carton glacé qu’on met à la poubelle même quand on y mange. Ordinaire. Un 2e plein pour Rutilante et on décolle.

15h30 - Arrêt à l’Épopée de la Moto, un musée consacré à la moto. Bin quoi? Rutilante voulait voir ses ancêtres. Leur collection est bien plus importante que je ne l’anticipais. Ils ont vraiment une grande sélection de vieilles motos dont une Clément, un vélo avec un tout petit moteur datant du début du siècle dernier. Très content d’y avoir fait une pause.

18h00 - Arrivée au Motel Sans frontières, clin d’oeil à la Route des frontières puisque celles du Québec et du Nouveau-Brunswick s’y frottent longtemps et souvent dans le coin. Je laisse Rutilante devant la chambre.

18h30 - Souper à la microbrasserie Le secret des Dieux. Très bel endroit, belle sélection de bières, menu classique (hambourgeois et cie) et belle terrasse tranquille à l’arrière.

23h45 - Boonnnn, bin, geai touttte gouté les biaires de la place, parfois deux fois jusss pour tester la constance. Dodo toutte habillé. (Meuh non, c’est pas vrai. Me suis couché à 21h. Chus vieux tsé.)

————

Statistique du jour: Rutilante et moi avons fait 625 km dans la journée.

Remarqué avec le temps: Que les gens en can-am, spyder et cie sont ceux qui saluent le moins. Peut-être qu’ils ne sentent pas inclus dans la bande des joyeux motorisés?

Constaté: Une corrélation entre le creux d’un rang de campagne et le nombre de marques de «burn» de pneus de char sur la route. Tsé, quand t’as pas internet, peut-être que le seul moyen de passer le temps est de faire des 360 en brûlant tes pneus de bagnoles.

29/06/2018
à 09h36

Slav

J'ai vu Slav hier. J'ai pris les billets en novembre dernier sans connaitre le contenu. Pour moi, juste les noms de Betty Bonifassi et Robert Lepage étaient suffisants. En début de semaine, je me suis demandé si j'allais y aller. Hier matin, en lisant les critiques, j'ai décidé d'aller voir pour me faire ma propre idée. Je suis transparent: sans les billets déjà en poche, je n'aurais pas vu cette pièce car j'entends bien les arguments songés de ceux qui dénoncent.

Mais pour ceux qui me traitent d'ignorant, de profiteur et de raciste (propos vus à maintes reprises sur des pancartes tenues par des personnes ayant visiblement eu la chance / intelligence d’avoir tout compris des mystères de la vie et surtout, ses nombreuses nuances...), j’ai envie de dire que vous avez manqué un bon débat.

Je comprends l’argument d'un spectacle présenté en majorité par des blancs. On aurait pu avoir davantage de noirs, mais en même temps, il y a des chants bulgares et irlandais dans la pièce. Aurait-il fallu y mettre une rousse aussi? (je blague là, capote pas). Je suis d'accord qu’on pourrait redistribuer une partie des profits à des organismes ciblant les communautés noires). Ça me va comme arguments, je suis entièrement d'accord. Go, go go.

Au point de censurer la pièce? Non. Pour moi. Juste non. La pièce dénonce l'esclavagisme moderne aussi. Tsé, le chandail à 10$ que tu portes en ce moment fait par un enfant indien là. On en parle aussi. Réduire la pièce à de simples chants d'esclaves afro-américains du 18e siècle, c'est ne pas avoir vu la pièce et son contenu. Oui, c'est une part importante mais loin d'être unique. Et les deux femmes noires ont des rôles centraux. L'une d'entre elles est sur scène presque toute la pièce. Ce qui n'est pas le cas de Betty, elle n'est pas toujours là. Enfin. La pièce n’est pas parfaite. Mais Betty a le mérite de m'avoir fait connaitre des chansons que je n'aurai connu sinon. Elle m'a rappelé mes privilèges d'homme blanc et m'a permis de me souvenir de toujours demeurer aussi ouvert et empathique que possible avec tous.

Je n'arrive pas à saisir l'argument de l'appropriation culturelle ni, mais alors là vraiment pas, celui d'encouragement à l'ignorance et au racisme. Ça, c'est juste faux.

Au théâtre, une femme peut jouer un homme, un homosexuel joue un charmeur de femmes, un noir peut jouer un blanc et tralala. C'est du spectacle. Car sinon, on arrête où? J'exagère beaucoup: On reproche à Christine Beaulieu de s'être approprié le travail d'un journaliste pour monter J'aime Hydro et on lui dicte de juste jouer les belles aux gros totons? On reproche aux Beatles, à Led Zep, à Elvis, à David Bowie, aux Rolling Stones et des centaines d'autres de s'être approprié le blues / rock noir américain? T'arrêtes où, toi? Moi, je ne sais pas. Je m'informe sur l'origine de l'œuvre, je m'intéresse à la démarche de l'artiste et oui, je l'écoute. Si c'est fait avec respect et de bonnes recherches, pourquoi pas?

J'écoute ceux que ça dérange. Pas de soucis. je saisi très bien le malaise. J'en ai eu un moi aussi avant la pièce et je ne suis pas certain qu'il soit vraiment disparu après l'avoir vu. Mais garde tes attaques de racisme pour une autre occasion svp. Ou achète-toi un dictionnaire. Le racisme, c'est la haine de l'autre. Je n'ai vu aucune haine hier soir pendant le spectacle.

Enfin, pour ma part, j'ai écouté les deux: ceux qui dénoncent la pièce et ceux qui l'ont préparés. Et ma conclusion est que je suis content d'avoir écouté les deux.

Sans censurer ni un côté, ni l'autre.

06/11/2017
à 20h04

6 novembre 2017, Montréal en campagne

Début 2012, Pierre Lampron, de Vision Montréal (Louise Harel) annonce sa démission à mi-mandat. Lisant la nouvelle, je vais sur le site de Projet Montréal, je trouve le numéro de téléphone et j'appelle.

- «Je voudrais être candidat pour remplacer M. Lampron.»
- «Héhé. Prenez un numéro Monsieur, vous n’êtes pas le seul à faire la file.»
- «Aah. Bon. Zut. :-/»
- «Par contre, il y a une réunion des membres de l'association locale ce soir, venez.»

C'est ainsi que je suis devenu membre de Projet Montréal. Par la suite, évidemment, ce n'est pas moi qui s'est présenté dans le Vieux-Rosemont pour remplacer M. Lampron. J'ai donné un modeste coup de main à la campagne lors de l'élection partielle. J'ai par la suite donné à nouveau un coup de main lors de la campagne 2013.

Au mois d'août 2017, à la dernière minute comme d'habitude, je me propose à nouveau comme candidat, offrant ma grosse face pour aller faire le poteau quelque part, si le parti avait encore des places disponibles. Heureux coup du destin, il y a une place dans LaSalle, juste à côté de chez moi. J'embarque dans l'aventure.

Ce fût une belle balade. Un peu longue parfois mais j'en garde de précieuses notes. J'ai rencontré des gens que j'espère côtoyer à nouveau aussi souvent que possible. J'ai participé humblement à l'élection de Valérie Plante et j'en suis vraiment fier. Juste pour ce point, je suis extrêmement heureux. Le reste n'a pas vraiment d'importance. Je me souviens qu'on me disaient en août, en septembre «Mais là, vous le savez que Coderre va rentrer à nouveau hin?» Je répondais à chaque fois: «J'ai espoir que Valérie gagnera. Regardez-la bien aller!»

Et paf! Valérie est mairesse. Je le dis à nouveau: regardez-la bien aller. Il y a une série de nouvelles personnes qui feront leur entrée à l'hôtel de ville. Elles sont remplies d'énergie, d'authenticité et du profond désir de servir les montréalaises et montréalais. J'ai déjà vraiment hâte à la suite!

Ce que j'ai appris:
- Faire du financement, c'est un exercice difficile. Ce n'est pas naturel pour moi de demander ce genre d'aide à mes amis.
- Faire du porte-à-porte, c'est vraiment l'fun. J'adore ça. J'ai un réel plaisir à aller à la rencontre des gens «un à un». Davantage que d'aller serrer des mains sur le bord du IGA, mettons. Ça demeure superficiel et je suis moins à l'aise. Cela dit, faudrait que je m'habitue.
- Faire campagne avec des inconnus n'est pas l'idée du siècle. Nous avons mis trop de temps à nous connaitre, nous apprécier et voir les forces de chacun. Prochaine fois, on monte l'équipe plus rapidement et on apprend à bien se connaitre chacun dès que possible et plusieurs mois avant la campagne. Ça va permettre de tisser des liens plus solides entre chacun. La complicité s'est installé mais pas avec tout le monde et ce vide nous a causé quelques pépins qui auraient pu être facilement évités.
- Une campagne, c'est long. Très long. Je comprends maintenant l'énergie que je dois y mettre pour en sortir gagnant.
- On doit dès que possible se monter une banque de bénévoles / militants pour les prochaines élections.
- Je dois utiliser davantage les médias sociaux. Bizarrement, moi qui ait une présence numérique depuis ± 15 ans, j'ai passablement bloqué côté selfies et companie pendant la campagne.  Ce n'est pas comme si je ne connaissais pas le mode d'emploi en plus... Mais bon, j'aurai le temps de réfléchir à une stratégie pour 2021.

Ce que j'ai atteint comme objectifs:
- Malgré que je ne trouve pas facile de faire du financement, je suis fier d'être le candidat de LaSalle qui a récolté le plus de financement (et de loin en plus).
- Malgré une longue pause de deux semaines à cause du travail, je suis arrivé 3e pour le porte-à-porte effectué.
- Je suis 3e aussi pour le nombre de votes absolus pour les candidats de Projet Montréal. Je suis convaincu que ce résultat est directement lié au porte-à-porte. Leçon: le porte-à-porte est vraiment clairement la meilleure façon de remporter une élection. J'ai pris une grosse note ici. Le «travail de terrain» prend tout son sens.
- En début de campagne, j'ai dit que j'avais 2 objectifs: Me faire élire et sinon, améliorer le nombre de votes pour PM par rapport à 2013. Mission accomplie: Projet Montréal a obtenu 3 243 votes versus 1 213 votes en 2013 pour le poste que je briguai. Pas mal.

En terminant, j'aimerais remercier tous les bénévoles, tous les gens de la permanence de Projet Montréal qui nous ont aidés comme des fous, nos deux directrices de campagne, Vicky Michaud et Mélanie Hotchkiss, tous les candidats PM dans LaSalle avec une mention spéciale à Kathy Landry et Roxanne Gendron. Je suis très heureux d'avoir fait campagne avec elles. Leur engagement m'a souvent inspiré et tiré vers le haut. Chapeau bien bas. Et bien sûr, un immense merci à Valérie Plante. En décembre 2016, tu as eu mon vote lors de la course à la chefferie lorsque tu as proposé la ligne rose. Je te souhaite d'être mairesse de Montréal pendant très longtemps!

31/08/2017
à 22h22

Montréal, 31 août 2017, en croisade
pour la Cabot Trail, première partie

C'est Facebook qui m'a donné l'idée d'aller faire un tour en Nouvelle-Écosse. À l'origine, je prévoyais une longue balade en Gaspésie / Iles-de-la-Madeleine pendant le mois d'août. Le rocher Percé, les guédilles de homard, le lever du soleil sur une plage après une nuit blanche (Si, si, j'en suis encore facilement capable, faut juste trouver une personne avec qui j'ai envie de la passer, voilà tout), mais quelque part en juillet, FB m'a montré une publicité de la mythique route 60-minutes-plus-tard-dans-les-maritimes: La Cabot Trail et j'en ai été chaviré. Cabot Trail pendant la longue fête de semaine de la Fête du travail, ça sera!

5 jours de moto, de Verdun jusqu'à Fredericton la première journée, 2e journée, j'atteins le début de la Trail, samedi matin je la fais puis je remonte plus au nord. 4e journée, je chatouille la Gaspésie en passant par son parc national puis Sainte-Anne-des-Monts, arrêt à Rivière-du-Loup ou une ville proche. 5e jour, retour à la maison par la 132.

6h00

Départ un peu humide. Il est tombé quelques gouttes cette nuit. J'ai mon équipement imperméable avec moi mais je décide de ne pas le mettre, après tout le ciel semble vouloir se mettre de bonne humeur. Je décolle. Rendu près de Sherbrooke, il pleut un peu et la chaussée est trempée depuis plusieurs kilomètres déjà. Le pneu avant de Rutilante a la fâcheuse habitude de se prendre pour une fontaine et me mouille les tibias. À force de recevoir de l'eau sur mes jambes, ça s'accumule dans mes bas puis mes bottes (qui ne sont pas imperméables... Ça vient de monter très haut dans la liste des prochains achats). J'arrête mettre de l'essence et de nouveaux bas secs. Je passe la douane sans trop de blablabla avec les douaniers américains (il y en a un qui fait du PHP comme hobby alors on en parle un peu) et je m'arrête au premier commerce que je vois, tout de suite après la douane. Faut que je change mes bas encore, mais aussi que j'enfile mes pantalons imperméables. C'est un peu ridicule mon affaire, je suis trempé de fond en comble. Chaque pas me laisse entendre mes bottes éjecter de l'eau sur le plancher du commerce. Héhé. Une chance qu'il ne fait pas trop froid. En virant mes bottes, il y a un bon 100ml d'eau qui tombe par terre. Hep. Je repars.

11h00

J'arrête à une halte près de l'eau pour prendre une photo de Rutilante (qui n'a jamais été aussi sale qu'aujourd'hui), enlever mes pantalons imperméables et remettre encore une fois une paire de bas. La température est belle, c'est nuageux mais le soleil me réchauffe. Cette première partie dans le Maine a été très amusante. Il n'y a personne sur les routes et les courbes sont belles. J'ai du fun.

14h00

J'arrive au chic (...) Trapier’s Steak and Seafood pour diner. Je prends des pickles frits (eurk.) et un burger au bleu. Ça me surprendra toujours comment autant de restaurants américains peuvent rater ce plat si populaire dans ce pays. Oh well. Allons rejoindre la douane canadienne. Ça se passe bien, le douanier me dit de garder mon casque et ne fouille pas mes sacoches comme les 3 douaniers américains l'ont fait.

17h00

Arrivée au Picaroons à Frédéricton juste à temps pour le #beeroclock. C'est une microbrasserie qui sert aussi un peu de nourriture mais bon, on vient ici pour la bière hin. Excellente IPA, je repars aussi avec Looger et une rousse, pour la route. Meuuuuh non... Pour la chambre, pendant que je rédige ce billet, voyons! Justement, voilà, je suis à l'hôtel, près pour le dodo. Rutilante poussera son premier vrouum tôt demain matin alors aussi bien me reposer.

J'ai appris:
- Je pense avoir compris comment fonctionne le Go Pro session 5 que je me suis installé. On dirait qu'il bascule toujours en mode video même quand je le mets en mode timelapse. En fait, si je comprends bien, il ne se souvient pas de ma dernière configuration. Ça va tellement de soi comme fonctionnalité que j'ai longtemps pensé que ça devait être le cas. Bin non. Cela dit, j'aime bien enregistrer une vidéo avec son. C'est cool d'entendre le moteur sans avoir mon casque.

- Le contrôleur de vitesse pour une balade comme je fais en ce moment, c'est primordial. C'est tellement l'fun de le mettre sur l'autoroute, les lignes droites (et même les courbes faciles, ça fonctionne vraiment bien). Il perd encore un peu de vitesse avec le temps mais c'est minime. Si je sers davantage la pression, la poignée ne revient pas d'elle-même alors c'est moins sécuritaire. Faut faire avec.

20/08/2017
à 19h59

De Verdun au parc national Mégantic
en revenant par Sutton: Balade #43

Hier, j'ai installé un contrôle de vitesse sur Rutilante. Allons tester la patente. Départ de Verdun vers 8h. On quitte par la 10 afin de se rendre plus rapidement. Sur l'autoroute, je teste le contrôle. Ça fonctionne bien mais il ne garde pas une vitesse constante. On perd environ 1 km à tous les 10 secondes. Pas pratique. Rendu à Granby, je m'arrête pour une petite halte et je sors les outils (2 clés Allen) pour augmenter la tension sur l'anneau. On repart et ça fonctionne beaucoup mieux. On perd encore un peu de vitesse mais beaucoup moins qu'avant. On va l'avoir!

J'arrive au parc du mont Mégantic, je fais une superbe randonnée sur le sentier des escarpements. Environ 2 heures de belle montée dans la montagne. C'est, de loin, ma plus randonnée cette année. Rendu au sommet, la vue est splendide, je prends un très rare selfie, la tête dans les nuages, dos au vide sous mes pieds. J'ai apporté mon diner avec moi alors bouffons sur place. Y'a pire comme table à pique-nique. Salade de tomates du jardin avec menthe, basilic, ciboulette, toutes du jardin aussi. J'ai ajouté quelques rattes cuites, du couscous israélien, du feta grec, du melon d'eau jaune, des olives vertes et des oeufs d'esturgeon (bin oui toi, y'en avait dans l'frigo, faque...) de l'huile d'olive, une réduction maison de vinaigre balsamique, sel et poivre. Bin bon. Je redescends.

Avant de repartir, je serre encore un peu l'anneau du contrôle de vitesse et on repart. Direction Sutton pour une pinte à la microbrasserie À l’abordage. En roulant, je teste le contrôle de vitesse, ça marche pile-poil là. Yé! Sauf qu'à force de jouer avec, je semble avoir trop forcé et il n'est plus aussi solidement fixé qu'au départ. C'est que Rutilante vibre pas mal quand même alors tout ce qui n'est pas solidement fixé fini par se relâcher. Oh well. Je vais y regarder au prochain arrêt.

Superbe route entre le parc et Sutton (chemin complet ici). À part seulement le moment au centre-ville de Magog. J'aurais dû passer ailleurs. Ça roule à la vitesse d'une tortue. Je sais bien que c'est elle qui arrive avant tout le monde mais quand même...

À l’abordage, je prends une pinte de Pagaille, leur IPA du moment. C'est vraiment très bon. La couleur surprend un peu, on dirait une blanche. Mais dans la bouche, impossible de se tromper: y'a du IBU là-dedans! J'en aurais bien pris une 2e mais ça sera pour une autre fois.

Une fois à côté de Rutilante, j'inspecte mon contrôle de vitesse. C'est la fixation à gauche qui s'est relâchée. Je sors tous les outils pour me gosser ça. Sur la principale à Sutton, en plein après-midi, pourquoi pas? Je resserre la fixation, je resserre l'anneau car tout a bougé pendant l'opération. Je commence à trouver que ça demande pas mal de taponnage ce bidule... Je repars. Zut. Là, l'anneau est trop serré, la poignée de gaz ne revient pas d'elle-même. Pas très prudent ça. J'arrête sur le bord du chemin, je gosse avec le tout. À force de déplacer l'anneau, la bande de caoutchouc qui y est enroulée à l'intérieur me reste dans les mains. OK, suffit. J'enlève tout. Le fabricant fournit 3 bandes de caoutchouc avec trois épaisseurs différentes. À mon avis, je dois installer une bande de caoutchouc plus épaisse que celle que j'ai mis. J'ai pas mal joué avec ça hier et celle-ci semblait tenir mieux. Oh well. Là, tant pis. J'installerai tout ça un soir cette semaine.

La perfection, ça prend du temps, surtout vers la fin.

13/08/2017
à 14h11

Petit rien du tout de
bonheur vraiment simple #419

Ça fait plusieurs années que j'apporte mes pots au marché pour y mettre les petits fruits que j'achète tout l'été. Bin oui, là, c'est écolo pis blablabla mais c'est surtout pour ne pas en faire une compote pendant le transport en vélo. Je l'ai fait longtemps en allant au marché JT. Mais depuis 2 ans, je vais beaucoup plus souvent au marché Atwater car JT, ok, mais bon, de Verdun, ça fait beaucoup.

Depuis le début de la saison, la femme au kiosque où je vais (elle est productrice et non revendeuse) me donne un dollar de rabais pour le geste.

Je l'ai dit au début. C'est rien mais ça fait vraiment plaisir à chaque fois.

16/07/2017
à 17h25

De Verdun à St-Félicien en passant par
Tadoussac and back again: Balade #16

JOUR #1
Vendredi matin, je me lève tôt. J'ai relativement bien dormi mais chaque fois que je me suis réveillé dans la nuit, j'ai regardé l'heure pour voir si le matin arrivait. Oui, je suis fébrile. Et un peu anxieux, ou plutôt, avec des questions plein la tête. Vais-je aimer ça? Suis-je physiquement assez endurant? Quoi se dire dans sa tête quand on entend rien d'autre que le vent pendant des heures? Mettons que je pense à une chanson de Normand l'Amour, va-t-elle me rester en tête pour la journée? Devrais-je apporter mes écouteurs sans-fil et mettre de la musique ou la radio? Din foi que. Le but de ce périple est de tester un peu les limites. Je peux faire combien de km en une journée?

La veille, j'avais déjà tout préparé alors je suis prêt à partir assez rapidement. 9h00, je suis sur l'autoroute. J'ai décidé d'y aller léger pour débuter. Je sors d'abord du traffic et de la ville aussi rapidement que possible. Ça se fait bien. Je prends une pause à Louiseville vers 10h30.

Prochaine escale: Québec en passant par la 138 qui longe le St-Laurent.

Je prends des notes: la prochaine fois que je pense prendre la 138, j'évite cette route rendu à Trois-Rivières. C'est vraiment long et plate de traverser la ville. Aussi bien reprendre la 40 à Yamachiche, le temps de passer de l'autre coté de Trois-Rivières. J'apprends, j'apprends.

Une fois à Québec, je dine à la terrasse de la microbrasserie La Korrigane. Bonne bière, surtout la blanche aromatisée au thé du Labrador, c'est très bon. Pour le bedon, ça sera un fish & chips honnête avec frites malhonnêtes. Ça me déçoit à chaque fois. C'est si facile faire de bonnes frites. Je suis toujours un peu surpris quand un cuisinier en sert une version sans intérêt. Enfin, j'y passais pour la bière alors c'est ok.

Faire Québec / Baie Ste-Catherine (±220km, ±3 heures de moto) d'un seul coup en moto n'est pas une bonne idée. J'ai dû prendre une pause à La Malbaie car j'avais trop mal au popotin. Cela dit, la 138 après Baie St-Paul, c'est toute une chevauchée, quelle belle route et paysage. Rutilante se laisse mener dans chaque courbe avec facilité. Tranquillement, je commence à la connaitre et je la couche toujours un peu plus dans les virages. On a du plaisir. Elle répond vraiment bien à la sortie d'un virage.

Arrivée au motel à Baie Ste-Catherine. Souper au restaurant adjacent avec un club sandwich au homard avec pas de bacon dedans. Un club, c'est toujours avec du bacon, non?! Enfin, pas grave, c'était bon quand même. Dodo au son des camions / voitures qui passent sur la 138, peu importe l'heure du jour ou de la nuit ou du tôt matin. Oh well.

JOUR #2
En attendant le traversier pour Tadoussac, j'ai vu une petite baleine qui se promenait proche de nous, j'ai pris quelques photos. Juste derrière moi, un couple avec chacun leur moto, monsieur en KTM (genre Touring je ne sais trop), combinaison Alpine Star des pieds aux oreilles, madame en Harley, manteau, pantalons, casque avec collant HD. Full patchée quoi. Je souligne car le «clash» entre les deux est intéressant. Comment dire, naïvement, comme ça, on ne les imagine pas ensemble. Mais oui, on s'en fout. Sont bins. J'aime ça. On jase de tout et de rien pendant la traversée. La moto, c'est comme la cigarette, ça rapproche les gens et ça brise la glace facilement.

Je monte tranquillement la 172. Mon idée est d'aller faire une randonnée pédestre au fjord. À Sacré-Cœur, je prends le rang St-Georges pour tenter de joindre le parc. Damn. à ±5km de ma destination, la route est de la garnotte et du sable. Là, samedi matin, ça ne me dit pas de me claquer ça en moto. Ça se fait mais ça me tente pas. Je vire de bord et tente une 2e fois par le rang St-Joseph. Même chose rendu à ± 4,5km. Oh well. Tant pis pour le fjord. Je reviendrai en char. Je rebrousse chemin après avoir vu qu'il y a un parc national au Lac St-Jean: le parc de Pointe-Taillon. Je vais là! Je monte la superbe 172 et je me perds un peu... J'ai présumé que le parc avait 3 entrées (je me fiais à Plans sur mon téléphone). J'ai bien vu la signalisation pour les 2 entrées mais j'ai continué avant de comprendre que j'avais passé tout droit. Rendu là, tant pis, je ne tourne pas de bord. Allons prendre une pinte à Dolbeau alors...

J'arrive au Coureur du bois vers 14h mais ça ouvre à 15h. Pffff, m'a aller perdre mon temps au Tim d'abord. Retour vers 15h pour une pinte avant d'aller rejoindre ma «date»: Maxime est en vacances à St-Félicien avec sa fille. On se rejoint sur la terrasse arrière de la microbrasserie La Chouape. Belle et bonne bière, jasette en masse, assiette de nachos pour tout le monde et on se dit «À mardi» après avoir montré à Agathe la belle collection de papillons que Rutilante a accumulé sur son pare-brise depuis le départ. Dodo à l'ermitage Saint-Antoine.

JOUR #3
Ce matin, en arrivant à côté de Rutilante, je remarque que son pneu avant est en partie dégonflé. Oups. Je roule un peu tout croche jusqu'à un Sonic sur la 155. Le commis me dit que la pompe à air la plus proche est au Irving à Chambord, ±15 minutes de balade en retournant vers le nord. Pas le choix, impossible de me rendre à Montréal dans cette situation. En plus, il se met à pleuvoir semi-intense. La joie. En me rendant à Chambord, je me repasse les événements après La Chouape. J'ai roulé un peu rapidement sur un chemin de fer et je me souviens avoir entendu un bruit important en y passant. J'ai peut-être endommagé mon pneu. Damn. Je le gonfle et repart. La conduite est tellement différente et plus facile. C'est fou. Je roule jusqu'à La Tuque pour un déjeuner bien mérité. La pluie a cessé et la journée s'annonce belle. En retournant joindre Rutilante, je regarde son pneu avant et il semble ok. On part. Je prévoyais passer dans le parc de la Mauricie mais je décide de prendre le chemin le plus court pour revenir à la maison. Je ne vais pas tenter ma chance.

Je roule sur la 55 sud puis le 40 ouest et rendu à Berthierville, je sens bien que la direction fonctionne moins bien. J'arrête à une station d'essence pour remettre de l'air dans mon pneu... Je pense que la face doit m'avoir changé un peu quand j'ai vu le pneu. Il est presque à plat!!! Je pouvais bien trouver ça difficile de prendre les courbes sur l'autoroute. Je remet de l'air au maximum et je repars, un peu inquiet. Vais-je me rendre à la maison? Je roule sur la 40 puis la 15 sud et finalement, je joins le Petro-Canada près de chez moi, je remet un «plein» d'air à nouveau et je m'en vais chez moi. Je stationne Rutilante. Demain, j'irai faire un tour chez Moto Montréal pour voir si on répare ou si on change le pneu. Je dois dire que je suis heureux d'être à la maison. Rouler avec l'angoisse que son pneu avant éclate n'est pas mon activité préférée.

En vrac:

  • La 172, c'est absolument magnifique. Faut que je me trouve une partenaire. Elle va raffoler des vues sur le paysage pendant qu'on se balade.
  • Les bouchons d'oreilles, c'est vraiment pratique pour se préserver le tympan. Par contre ça permet de très bien connecter avec son acouphène intérieure...
  • la 155, c'est aussi absolument magnifique. Faut que je me trouve une partenaire. Elle va raffoler des vues sur le paysage pendant qu'on se balade. (oui, je sais, je radote. C'est mon carnet, ok?)
  • Je suis gentil homme, je salue systématiquement tous les motocyclistes que je croise, parfois même les gens en scooter, c'est tout dire. Ceux qui répondent le moins souvent sont les boomers en Canam et les bad boys en Harley. Si le gars est un vrai Hell's, ok. Sinon c'est juste un douchebag. Et les gars en moto sport répondent TOUT LE TEMPS. Je les adore.
  • J'ai fait environ 1200km en trois jours. Le plus que je peux faire en une séance en continu est environ 200km ou 2 heures et demi. Après, faut prendre une pause. À prendre en note si jamais je veux partir une semaine ou deux. Le plus que je semble pourvoir faire en une journée complète serait entre 500km et 750km si je pousse la note. 1000km si je fais de l'autoroute uniquement.
  • Ça va très clairement me prendre un «cruise control» comme celui-ci.

02/07/2017
à 19h10

Balade à moto #45: Randonnée au
parc de la forêt Ouareau

Rutilante: Faudrait que tu bouges un peu Alex.
Moi: Bin là, j'ai mis 120km à mon vélo cette semaine. C'est pas mal non?
Rutilante: Pfff, du vélo en ville. C'est un peu platte. Faudrait que tu ailles prendre une marche dans un sentier boisé.
Moi: Ok, c'est vrai que c'est l'fun marcher dans le bois. Je vais aller sur le Mont-Royal.
Rutilante: Attends, je te donne le lift!
Moi: Hmmm. Tu sais bien où est la montagne hin?
Rutilante: Oui! Oui! Embarque!

Évidemment, on s'est rendu à Terrebonne afin de joindre la 125 et de monter jusqu'à Notre-Dame-de-la-Merci pour arriver au Parc régional de la forêt Ouareau. Belle petite balade de moins de 2 heures. Nous sommes rentré par le secteur du pont suspendu. J'ai marché environ 3,5km, en passant par le dit pont suspendu qui offre une superbe vue sur la rivière qu'il traverse, pour me rendre au lac Toussaint. Pause dans un calme complet, je n'ai même pas croisé personne en m'y rendant. Revenu au stationnement, j'ai pris mon sac à lunch et je me suis installé sur une table à pique-nique dans une clairière juste à coté.

Petite jassette moto avec le garde à l’entrée du parc et départ pour St-Donat. Pause essence. Direction Lachute pour une pause pinte d'IPA. La 329 est toujours aussi agréable comme route en moto. La 125 aussi était bien amusante.

Retour à la maison avec un léger détour par Oka où je me suis fait arrosé solide par deux fois, une première fois juste après St-André-D'Argenteuil. J'ai vu plusieurs motocyclistes carrément arrêter sur le bord du chemin mais le pare-brise de Rutilante me protège bien alors j'ai continué. La deuxième averse est arrivée juste un peu avant l'entrée sur la 640. Bah, c'est endurable. Faudra seulement que je me trouve des bottes imperméables.

Lien vers la carte de la balade

18/06/2017
à 12h46

Sauce poutine

Ingrédients:
Deux onions émincés
3, 4 gousses d'ail émincées
2 cuillères à table de cassonade
100 ml de cidre de pommes ou vin rouge
100 ml de vinaigre de cidre
1 cuillère à thé (tout moulu -->) de moutarde, laurier, clou de girofle, cayenne et paprika.  (Mets 2 cuillères de parika et de cayenne si tu veux une sauce plus épicée)
750 ml de bouillon de poulet
750 ml de fond de veau ou de consommé de boeuf
750ml de coulis de tomates ou 250 ml de ketchup
Farine et beurre pour un roux
Sel au goût

Préparation:
Faire suer dans un peu de beurre deux onions émincés ou l'équivalent en échalotes françaises coupées minces avec 3 ou 4 gousses d'ail émincées. Quand le tout a bien sué, ajouter la cassonade et faire attention pour ne pas faire coller / brûler.

Déglacer avec un cidre de pommes, (ou un brandy, un whiskey) ou sinon avec du vin rouge. Ou les deux. Ajouter le vinaigre de cidre. Ajouter la moutarde, le cayenne, le laurier moulu et le clou de girofle moulu. Remuer le tout et laisser le liquide réduire presque à sec.

Ajouter 1,5 litre de liquide. Je mets 750ml de bouillon de poulet et 750 ml de fond de veau mais ça peut aussi être 750 ml de consommé de bœuf. Ajouter un coulis de tomates maison ou du commerce. Sinon, ajouter 1 tasse de ketchup. Monter à ébullition et laisser mijoter 60 minutes.

Passer la sauce dans un chinois aussi fin que possible. Si on a utilisé un coulis de tomates, on ne veut pas toute la chair de tomates qu'il contient. On aime notre sauce bien limpide.

Faire un roux pour épaissir la sauce. Mettre le roux dans la sauce et laisser bouillir quelques minutes le temps qu’il fasse son travail. Saler au goût. Verser sur des frites et du fromage cheddar en grain (si tu rapes ton fromage, je te juge).

Variante: on peut faire griller de l'ail au four (casser le bulbe en gousses, les frotter dans l'huile d'olive et les placer sur une grille au four pendant 20 minutes à 400°F. Quand il est cuit, on enlève la peau, on réduit en purée et on ajoute à la sauce. Ça la pimpe drôlement bien.

Autre variante fort amusante: On oublie toutes les étapes en haut et on fait simplement: 500ml de fond de veau, 250 ml de vin blanc, du roux, 200 gr de foie gras, sel. On fait bouillir le fond avec le vin 2 minutes, on baisse le feu pour un bouillon discret, on ajoute le roux, on laisse épaissir. On ajoute le foie gras coupé en morceau. Une bonne pincée de sel. Émulsion à la mixette. On bouffe.

28/05/2017
à 12h40

Quiche aux poireaux pour
journée de ti-grôs

Il y a une éternité, il y avait une boucherie sur Laurier, pas loin du Leméac. De mémoire, elle s'appelait la boucherie Anjou. Homme tenait boucherie et femme tenait plats préparés classiques tel la bolognaise, sauce Alfredo, cassoulet, tralala et une quiche absolument décadente. La principale différence avec les quiches qu'on voit partout était son épaisseur. La quiche de madame faisait facilement 6-7 centimètres en hauteur. La quiche était moelleuse, fondante, un pur bonheur. Puis un jour, la boucherie a fermée et j'ai perdu ma pusher en quiche. Faque je me suis dit que j'étais pas plus débile et j'en ai fait une. Magie, en partant d'une recette classique de quiche, faut simplement s'assurer d'avoir une massivité qui raviront les dames.

Pour un moule profond d'environ 25cm de diamètre:
2 gros poireaux
1 gros onion
2 pâtes à tarte
1l de crème 35% (je prends de la 35% mais ça doit marcher avec la 15%)
12 gros œufs
500gr de fromage Gruyère rapé (ou de grotte, ou suisse, cheddar fort)
sel et poivre

J'utilise seulement le blanc de poireau pour la recette, le vert passera dans un bouillon ou un braisé. Mais bon, c'est pas interdit d'utiliser tout le poireau. Donc, on coupe l'onion en petits dés et le blanc de poireau en deux avant de faire des tranches. Din fois, je ne le coupe pas en deux alors ça fait des rondelles. Ça fait pas mal la même affaire au final à part le fait que tes morceaux de poireaux seront plus gros dedans la quiche. On fait revenir à feu moyen l'onion et le poireau dans l'huile d'olive ou le beurre. Perso, je préfère le beurre pour cette recette. On sale et poivre (blanc moulu) généreusement. Faut s'assurer de ne pas colorer le tout car au final, j'aime bien que la quiche soit d’une couleur uniforme. Si les légumes sont caramélisés, ça fait des gros «spots» de noir dans le profil de la quiche. On veut pas ça.

Pendant que le poireau sue tranquillement, on abaisse les deux pâtes ensemble et on couvre le moule. On doit avoir de la pâte jusqu'au bord car la quiche va monter jusque-là. Perso, je place bien tout mon abaisse puis je passe le rouleau sur le bord du moule. Ça coupe la pâte et job done. Ensuite, on mélange ensemble tous les autres ingrédients dans un gros cul de poule. On sale et poivre généreusement ici aussi.

Là, le poireau devrait être assez cuit. Faut s'assurer qu'il est à point car malgré l'heure de cuisson au four, il ne continuera pas vraiment de cuire dans la quiche. Rien de plus plate qu'un poireau pas cuit. Bin, en fait, peut-être à part un vox pop de Guy Nantel. Enfin.

Je laisse le poireau reposer dans une grande assiette quelques minutes avant de l'ajouter dans la préparation. Une fois moins chaud, je l'ajoute, je touille bien comme il faut le tout et je verse dans le moule. On enfourne à 165°C (un peu plus de 325°F) pendant environ 60 minutes. Faut surveiller, ça pourrait prendre 45 minutes. C'est prêt quand il y a une belle croûte dorée sur le dessus et que la quiche a gagné du volume. Ce n'est pas grave si elle craque ici et là, elle va retomber en refroidissant et les craques vont disparaitre.

Point important: Faut faire la quiche à l'avance et la refroidir complètement avant de penser la démouler ou la couper. Elle va demeurer assez liquide après la première cuisson. Donc on la fait la veille et on met au frigo. Ensuite, on peut la démouler et en couper des tranches qu'on réchauffera quelques minutes. On peut aussi la réchauffer au complet et la couper, là, elle va se tenir sans problèmes. C'est doux, c'est onctueux, c'est fondant. Ça se mange chaud ou froid (froid, c'est vraiment très bon, je la mange très souvent ainsi).

02/02/2017
à 12h10

Prenez soin de vous

Hey le jeune! T’es tanné de toujours clore un message avec l’indémodable, classique formule «Prenez soin de vous»? Mo’noncle Alex te propose des alternatives, listées ci-bas, pour ton épanouissement intérieur et/ou un boost de karma virtuel.

  • Si vous vous faites Juliette, pitié, assurez-vous de bien aviser Roméo que votre trépas simulé n'est que stratagème. Il n'y survivra pas, le pauvre.
  • Prudence du jour: Portez toujours des gants en «cailloutchou» si vous devez utiliser de l’acide sulfurique.
  • Si jamais l’envie vous prend d’écouter le chant des sirènes lors d’une aventure incroyable en bateau, n’oubliez pas de demander à ce qu’on vous attache bien fermement au mat.
  • Manipulez vous avec soin.
  • Si vous décidez de changer une prise électrique ce soir, de grâce, n'oubliez pas de couper le courant avant.
  • Prenez soin de bien tester la température —et idéalement la profondeur— d’une flaque avant d’y plonger.
  • Si vous prenez l’avion, n’oubliez pas de garder votre ceinture attachée tout le long du décollage.
  • N’oubliez pas, les biscuits utilisés par votre fureteur favori ne peuvent être consommés.
  • Si vous décidez de vous présenter comme candidate à l'élection présidentielle américaine, n'oubliez pas de vous rappeler que vous êtes légèrement en retard sur l'horaire... la prochaine aura lieu en 2020. Si nous sommes toujours vivants.
  • Assurez-vous d'activer les boucliers à photons si vous décidez de passer le vaisseau en vitesse hyper-espace.
  • Si vous visitez un centre de recherche nucléaire, ne vous faites surtout pas piquer par une araignée radioactive, ça donne de grands pouvoirs, certes, mais également beaucoup trop de responsabilités.
  • Faites en sorte de bien entretenir votre microbiome, n’oubliez pas que ce sont des milliards d’amis qui ne veulent que contribuer à votre santé.
  • Si vous décidez de porter jusqu'en Mordor l’anneau unique, n’oubliez pas d’apporter votre Sam avec vous. Il sera un atout indispensable.

Ne me remercie pas, copie/colle sans vergogne. C’est gratisss.

01/02/2017
à 13h30

Pourquoi bloguer?

Stéphane a publié un texte qui rejoint en partie ma réflexion. Puis Clément en a publié un avec lequel j'ai des atomes crochus. Et finalement Debbie en publie un qui m'interpelle également. Coudonc, jasons blogue en 2017.

J'ai très souvent publié d'abord pour moi. Parce que je m'amuse beaucoup en le faisant. Pour pratiquer. Pour raconter. Pour sortir des patentes qui font leur gym quotidien dans ma tête. Pour moi, la traduction «carnet» a toujours été une meilleure traduction que le mot «blogue»; d'où la catégorie carnet-roman où je racontais des anecdotes personnelles romancées (ou pas, c'est mon privilège de connaitre le vrai du faux dans ce type de billet. Mouah!).

Au début, je l'ai fait pour publier des liens et petites réflexions courtes à propos des logiciels que j'utilisais, des outils web qui me semblaient intéressants. Je voulais garder tout ça à un endroit unique, facile d'accès et dans lequel je pourrais chercher plus tard. Je voulais aussi publier des billets répondant aux mêmes questions qui me revenait souvent: «Alex, c'est la St-Valentin, je veux sortir ma blonde, je vais où?» (ce à quoi je répondais invariablement à L’Axe sur St-Denis. Bin quoi?!), «On a mangé l'autre jour chez toi. C'est quoi ta recette?»

Par la suite, je me suis laissé prendre au jeu du lectorat plus ou moins nombreux jusqu'à ce que ça m'emmerde pas mal beaucoup. J'ai laissé le blogue pendant des années pour toutes sortes de raisons, la principale étant que je n'avais plus envie de gérer les réactions et le format m'ennuyait un peu. C'est à ce moyen que j'ai réalisé à quel point j'aime que mon carnet soit une conversation à sens unique. Je publie, tu lis peut-être, probablement pas, on passe à autre chose. Tant mieux si tu as aimé ça, mais ça ne m'intéresse pas de le savoir via un système de commentaire. C'est pourquoi j'ai fermé la fonctionnalité et je ne l'ouvrirai plus jamais. J'ai écrit quelque chose qui t'interpelle? Publie un truc sur ton blogue, dans ton cercle FB, peu importe ce qui fait flotter ta barque.

Voici quelques années, j'ai voulu y revenir. Je me suis fait des maquettes avec tout plein de fonctionnalités, des calculs simples qui changent l'aspect graphique selon l'heure, la date, la température et la position géographique du lecteur. Un module qui espionne le visiteur (anonyme, on s'entend) dans ses moindres faits et gestes en gardant une trace de toutes ses interactions. Juste pour m'amuser avec les outils disponibles. J'ai donné tout ça à un ami designer graphique, il m'a fait de superbes maquettes, je les ai intégrées, testées, publiées sur un serveur de staging, je me suis même fait une petite app iOS afin de publier facilement un statut rapide (comme on fait sur FB / Twitter) puis je n'ai jamais déployé. Pouet. J'avais créé une patente bien trop grosse pour rien. Trop de sections, trop d'outils, trop de tout. Ça s'est emballé mon affaire. Je vais peut-être récupérer quelques idées parmi le lot et me faire une nouvelle version un jour. Ce qui veut probablement dire jamais.

J'ai, depuis longtemps, moi aussi envie de récupérer mon identité virtuelle et de la concentrer sur mon carnet. Pas pour le «branling personnel». Ça, je m'en fous pas mal. J'ai rien à vendre. Plutôt que de publier un statut FB d'une ligne ou deux, je voudrais plutôt le publier sur mon blogue et ensuite le partager ailleurs. Mettons, par exemple, le #beeroclock. J'aime ça utiliser ce mot-clic pour publier une réflexion nounoune, un jeu de mot ou une pensée. Ça fait des années que je le fais, récupérer tout ça sur FB est possible mais ce n'est pas aussi flexible que de simplement avoir le tout dans une base de données sur mon serveur. En 2017, je désire vraiment publier d’abord sur mon carnet. On verra pour la suite.

En attendant, on se voit au Yulblog tantôt?

27/01/2017
à 19h10

27 janvier 2017, balade en
vélo avec un carnet-roman #13

Je passe devant chez Jeanne qui se prépare à faire son jogging. Certains insistent pour aller au théâtre, au cinéma ou encore au musée seuls. Jeanne, elle, court seule. C’est son moment à elle. Son instant où elle arrive à tout oublier. Aucune attache, aucun tracas, la liberté totale. Elle ne compte plus le nombre de fois où un ami a insisté pour se joindre, au point où ses proches doutent de la véracité des courses; leur doute l’indiffère profondément. Dans les 10 premières minutes, Jeanne pense souvent courir devant elle sans jamais revenir en arrière, rarement, elle pense aussi à se jeter devant le prochain autobus pour cesser de continuer à vivre cette vie devenue beige. Jeanne vit à temps plein hors de son corps. Elle s’observe par-dessus l’épaule constamment. Un brin-espionne, presque voyeuse. C’est un mécanisme de défense. Évidemment, tout serait différent si Henri était toujours là. Il est parti, un 13 janvier voici déjà si longtemps. Henri, l’amour de sa vie, sa raison de vivre. Jeanne en était clairement dépendante affective. Comment faire autrement? Un esprit si vif, une curiosité sans bornes, toujours de bonne humeur, un ange. L’accouchement fut tellement laborieux. Chienne de leucémie.

Il pleut légèrement maintenant. Je vois Sylvain qui lit un roman avec intérêt en fumant une cigarette sous la galerie. Après, il ira rejoindre sa blonde dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner des filles, les lunchs, les sacs d’école. Sylvain est fébrile. Aujourd’hui, il va annoncer à ses patrons qu’il quitte son emploi au début du printemps. Il part 6 mois en Europe, sac à dos, gourde, un peu de linge de rechange, marche, une tablette numérique avec forfait données pour publier sur son blogue le récit de son périple. Ça fait 1 an qu’il s’y prépare. Il n’a dit à personne que le soir, plutôt que de prendre le métro, il marche près de 2 heures pour revenir à la maison. Sa blonde pense qu’il travaille comme un fou. Il n’a pas démenti lorsqu’elle lui a fait remarquer son heure de retour en soirée. Un silence ne peut être un mensonge, n’est-ce pas? Il va atterrir au beau milieu de la France et marcher jusqu’à joindre le départ de Compostelle. De là, il fera tout le chemin en Espagne pour se rendre jusqu’au bout afin d’obtenir son certificat officiel de marcheur. Des papiers, Sylvain en a tout plein. Il brulerait son doctorat en histoire, il ne s’en sert même pas. Il en a tellement honte. Autant de nuits blanches, de sacrifices à étudier, réfléchir, rédiger pour finalement travailler comme directeur des opérations dans une usine web du Vieux-Montréal. Au moins, parcourir Compostelle sera un accomplissement en ligne avec ses études. Fouler le même sol, la même ligne que des centaines de milliers d’autres humains avant lui donnera un sens à sa vie. Son certificat de Compostelle ira remplacer celui du doctorat. Rien n’est plus vrai. Tiens, j'y pense. Faudrait régler un truc qui me tracasse. J'espère ne pas vous importuner avec mes angoisses. Ça me chicote vraiment beaucoup depuis trop longtemps, peut-être aurez-vous la réponse. Alors voilà: qui tient à jour le registre des choses les plus vraies? Car là, j'imagine, quelqu'un doit bien tenir une liste et constamment remplacer le premier item, non? Chaque fois qu'une personne utilise la formule «rien n'est plus vrai», faut forcément qu'une entité enregistre et fasse second l'ancien item le plus vrai. Peut-être qu'on lui remet un certificat qui atteste qu'elle a déjà été la chose la plus vraie? Moi, ça me réveille la nuit. Pas vous? Et si jamais vous avez la réponse, faudrait en profiter pour me dire comment ça fonctionne pour la formule «rien n'est moins sûr», voyez? C'est la même personne qui tient registre aussi? Croyez-vous qu'elle fait des heures supplémentaires parfois? Et pendant les vacances? Ça fonctionne comment? Enfin, ne perdons pas de vue Sylvain, voulez-vous? En revenant, il ouvrira une boulangerie dans un petit village québécois. Il n’a aucune idée comment faire du pain mais ce n’est pas les recettes qui manquent sur internet. Cette envie est si forte qu’il se fout éperdument de ce que dira sa blonde, de savoir si les filles le suivront, voudrons venir vivre chez lui en garde partagée. Il y a longtemps pensé, sa conclusion est formelle: il sait que tout ceci est largement égoïste. Et c’est la froide beauté du constat. Le calcul lui va parfaitement. Reste seulement à trouver comment et quand il lui annoncera son départ pour l’Europe.

Je croise Stéphanie qui marche déjà depuis quelques minutes. On la dirait soule, mais elle est plutôt encore complètement endormie. Stéphanie vit clairement à crédit côté sommeil. Elle a mis la main dans l’engrenage de Clash of clans et ne peut plus se séparer de son téléphone depuis les derniers mois. Ce jeu lui donne un fort sentiment d’accomplissement et —oui, c’est fou, elle le sait bien— d’utilité. Stéphanie se sent exister lorsqu’elle y joue. C’est mieux que le sexe. Quoique, elle est honnête, elle pense ainsi, car sa dernière conquête n’a absolument rien compris de ses envies au lit. Elle a bien tenté de lui répéter de l’effleurer tranquillement sur son sexe et autour plutôt que la toucher avec une pression plus ou moins forte. Un simple frôlement lui donne tellement davantage de plaisir. Ça lui permet d’imaginer, de fantasmer la caresse plutôt que de la ressentir. La réaction est si puissante qu’elle peut en jouir, juste comme ça, suffit de lui lécher un mamelon en même temps. Alors pour la chimie au lit, elle s’en remet à la masturbation et Clash of clans. Stéphanie se ravit de faire les deux en même temps. Elle en chavire à chaque fois. Ils se font tous les deux d’une seule main et la nature lui en a bel et bien fourni une paire. La joie, je ne vous dis pas. Une séance «Clash of hands», comme elle aime bien se rigoler à elle-même, dure à peine 10, 15 minutes. Mais elle les répète aux 2 heures chaque nuit. Ça te vide un compte épargne-dodo ça. Et ça fait de nombreuses flaques dans le lit.

Oh well.

Je roule à un bon rythme, celui que j’aime, celui qui, rendu au vendredi soir, me fait un peu mal aux jambes une fois à la maison, celui qui ne me fait pas filer insuffisamment après mon souffle, qui me permet de bien me concentrer sur la route et les gens avec qui je la partage, celui qui me permet d’écouter la radio d’une oreille, celui qui me confirme que je suis bien vivant et non en train de rêver, mais oui, paradoxalement, je sais bien, celui qui me donne l’illusion, l'envie, que je suis ami avec Jeanne, Sylvain et Stéphanie. Que plus tard ce soir, après le travail, nous irons prendre un verre ensemble, rire un peu, parler du dernier album coup de cœur, vivre, partager, se raconter nos amours, nos vies, nos bonheurs et nos déceptions. Que tous ensemble, nous aurons un plan de vie, un projet autre que de simplement rouler pour se rendre au boulot le matin.

25/01/2017
à 13h29

Atelier d’écriture, Exercice #45

En décembre dernier, j'ai participé à un atelier d'écriture. Voici le résultat d'un des premiers exercices de la première journée.

Bible de personnage
Daniel Pouliot, né le 19 juillet 1946, hautain, narcissique, intello, honnête, intègre, maladroit, zéro déchet depuis toujours, célibataire, propriétaire, brulé au 3e degré sur pratiquement tout le corps, sauf la figure, peu d’intérêt pour le matériel, cheveux blancs encore assez présent, lunettes de John Lennon, poils dans les oreilles et le nez, svelte, toujours très chic, nœud papillon et tout, ne cuisine jamais, mange au restaurant ou mange cru, n’a jamais voyagé, ne prend jamais de vacances, aime le rock, passe ses journées à lire, à regarder des films, à prendre des marches, à discuter avec ses voisins locataires, journaliste, nostalgique de la vieille époque, réfractaire au changement, la vie comme un long fleuve tranquille, bavard, triste, taciturne, mélancolique, romantique, a vécu une seule histoire d’amour.

Texte de l’exercice
J’ouvre la porte et je fais une macabre découverte (NDLR: bin non je niaise, «inside joke» entre les participants de l’atelier), c’est un jeune homme engagé par l’arrondissement qui se présente et me dit qu’il vient me livrer mon bac pour le compostage. Bon. Le compostage… Je lui dit bien poliment de le garder son bac, que je n’en veux pas. Je n’en ferai pas de compostage moi monsieur. Je mange au restaurant ou je mange cru. Je prends 2 carottes, quelques fraises au marché, une poignée d’amandes au magasin en vrac et voilà, j’ai un souper. Il ne reste rien. J’apporte mes propres pots et sacs lorsque je fais l’épicerie. Faut me lâcher un peu là. Il insiste. Bon. Je lui dit qu’ils m’énervent avec leurs bacs de couleur. Un vert, un bleu, un brun. Punaise. Si on fait le tour de la charte Pantone, on n’a pas fini. Avant, on avait juste les poubelles à gérer, mais là, faut classer nos déchets. Je ne recycle pas moi, que je lui dit au jeune homme. Je n’achète rien ou presque. J’achète plein de livres, soit. Mais je n’en garde aucun. À quoi bon? Pour épater la visite avec ma bibliothèque bien remplie? Ahhhh! Vous avez lu Flaubert et ses comparses? Aahhhh, et le dernier Sophie Bienvenu aussi? Mais oui, bien sûr que je l’ai lu, je ratisse large, même si c’est fait simple, que ça s’éparpille et que ça m’ennuie, je l’ai lu quand même. Vous savez, j’ai aussi lu Foucault, Rousseau, Chestov, Rancière et Finkielkraut. Là, je vous le dis pour les fins de la conversation, parce que vous comprendrez que je lis tout. Je ne veux rien étaler. Mais c’est pour vous dire le papier que j’achète, je le revends à la librairie de livres usagés. Si tout le monde faisait comme moi, on pourrait faire comme avant et seulement avoir les poubelles à mettre au chemin. C’est compliqué tout ça. Et là, alors qu’il tente de me couper, j’enchaîne: les écureuils vont se mettre là-dedans, ça sera un vrai buffet chinois pour eux. Puis les moufettes vont s’ajouter à la partie et on va être pogné avec tout ça. Et ça va puer tout l’été. Les voisins vont oublier leur bac brun bien rempli avant de partir au chalet et c’est moi qui va ramasser. Il insiste à nouveau et me dit qu’il est obligé d’en laisser un à mon adresse. Il laisse le bac devant moi et me souhaite une bonne journée. Bon. D’accord, je mettrai le bac dans un gros sac de poubelle dès jeudi et ça ira au dépotoir.

24/01/2017
à 13h30

24 janvier 2017, viens que
je te cassole un peu.

Le cassoulet est un de mes plats préférés. Le mélange des viandes confites, les haricots, la tomate (oui, je mets de la tomate), j'adore. Je mets ici ma recette, en texte continu, pas formaté comme une recette avec ingrédients, quantités, etcétéra. Ça me dit de le faire comme ça. Si tu en retiens quelque chose, tant mieux. Sinon, ce n’est pas très grave. Il y a plein de sites web qui traitent amplement du sujet.

Si tu fais ton bouillon toi-même
Dans la recette traditionnelle, on doit faire le bouillon avec la viande qui sera mangée. Comme j'ai toujours des fonds / bouillons sous la main, je ne le fais pas. Mais, amuse-toi si tu veux. Ça va disperser de bien belles odeurs. Alors si tu te fais un bouillon, faut le faire la veille (ou tôt le matin). Tu mets de la couenne, des pieds, du jarret, un jambon avec os si tu veux. Un bouquet garni. Ébullition puis réduction du feu. Écumage. Cuisson 2h30 / 3h00. Tu passes et tu laisses refroidir si possible, ça facilitera le dégraissage. Tu coupes la viande en gros morceaux.

Si tu fais ton confit toi-même
Si tu veux, tu peux aussi confire les cuisses de canard. Je confis aussi un filet de porc pour l'occasion. J'aime bien ajouter ce morceau dans le plat. Donc, pour le confit, tu suis n'importe quelle recette s'ul net. Je mélange ensemble du gros sel, des baies de genièvre et du poivre concassés, de l'ail haché finement, tu peux ajouter des herbes de Provence si tu veux, fraiches ou pas. Je rince bien comme il faut les cuisses et le filet de porc. Je frotte ensuite les viandes avec un peu de brandy puis je les frotte avec le mélange salé. Faut y aller généreusement et plonger les viandes dedans. Contrairement aux autres recettes de confit, je ne laisse pas macérer le tout pendant 24 heures au frigo. C'est trop long et au final, je trouve ça trop salé. Je fais donc comme Maman: je laisse le tout sur le comptoir pendant 3 heures. Je fais monter en température assez de gras de canard pour immerger la viande. Le gras doit tout juste avoir un très petit bouillon. Je rince bien comme il faut les viandes, je les essuie avec du papier absorbant et je les mets dans le gras. Ici aussi, pour environ 2 - 3 heures, tout dépend de la grosseur des morceaux. Après 1 heure, il se pourrait que le filet soit prêt. Faut donc surveiller un peu.

Si tu fais ton cassoulet, euhhhh…, toi-même
Très tôt le matin, mettre les haricots à tremper. Changer l'eau après 3 heures. Trempage de 6 sera ok. 8 heures si ça te tente. Si tu confis les cuisses, faudrait le faire tranquillement par la suite. Tu as le temps en masse.

Une fois que les haricots sont trempés, on part. Je n'utilise pas de couenne. Le plat est déjà assez gras comme ça. Je ne vois pas l'intérêt d'en ajouter dans ma version.

Émincer un très gros ognon (ou deux moyens) aussi fin que possible / que ça te tente. Couper en deux 4 gousses ail et les frotter dans le fond de la cocotte. Mettre une bonne quantité de gras de canard (ex: 6 bonnes cuillères à table) et ouvrir le feu à moyen - élevé. Quand le gras est chaud, faire tomber l’ognon et l'ail (pressé cette fois-ci). Rissoler un brin. C'est ok si l’ognon se colore un peu, c'est même encouragé. Ajouter les lingots et bien les imprégner de gras. Ajouter un bouillon de poulet, un fond de veau et un coulis de tomate, de la pâte de tomate et des épices (laurier, herbes de Provence. J'aime bien les utiliser moulus pour ne pas les voir au final dans le plat). Porter à petite ébullition. Écumer. Puis laisser mijoter environ 1h00 - 1h30 sans couvrir.

Je sais que traditionnellement, il n'y a pas de tomate dans cette recette. Moi, j'en mets. J'aime vraiment beaucoup l'acidité que ça ajoute. Idem pour le fond de veau. Ça te pimpe un cassoulet, ça, madame.

Pendant que les haricots cuisent, dans une poêle en fonte, colorer (yep, dans le gras de canard toi) des Toulouses (prends des grosses Toulouses comme il y en a chez Capitole ou à la Boucherie du marché au marché Jean-Talon) et les ajouter dans la cocotte.

Ici aussi, je ne respecte pas les règles. J’ajoute des gros morceaux de carottes, des rattes entières, et je continue la cuisson jusqu'à ce que les haricots soient cuits.

Après 45 minutes, retirer les carottes et les rattes. Réserver. Tout de suite après, mettre au four les confits de canard 10 minutes pour les réchauffer (si y'étaient froids). J'aime bien ensuite retirer la peau et le gras des cuisses, mais en laissant la chair sur les os. Réserver. Couper les rattes en deux. Couper les carottes en deux sur la longueur puis sur l'autre sens (ça va te faire 4 morceaux. Tu vois?). Couper aussi le filet de porc en gros morceaux (mettons 4).

Ici, on s'amuse un peu: dans la même poêle que les Toulouses, colorer rapidement le confit de porc et les légumes. Ajouter du gras de canard. Faut juste colorer et bien caraméliser le tout. Ça fait beau, c'est un peu croquant. Saler et poivrer les légumes à cette étape.

Tout mettre ça dans le chaudron pour 30 minutes environ, avec les cuisses de canard. Je m'arrange pour que les confits pointent vers le haut, que les saucisses flottent sur le dessus. Idem pour le confit de porc. Parfois, je mets de la chapelure sur le tout, je mets le chaudron (sans couvert) à la rangée du bas (ou milieu) dans le four et je mets le broil. Din fois, je n’ajoute pas de chapelure et je laisse juste le tout griller un peu. Je ne raffole pas de la chapelure dans ce plat. C'est plutôt rare que j'en mette. Faut surveiller pour pas que ça brule. Habituellement, je laisse la porte du four ouverte, la lumière allumée. Fou de même toi.

Quand c'est grillé à mon gout, je retire les légumes, les viandes et je garde tout ça dans un plat en terre cuite chaud. Je mets une bonne louche de haricots dans le fond d'une assiette et je monte un mélange de viande / légumes par dessus. Un peu de fleur de sel ou de Maldon, 3 - 4 coups de moulin à poivre. Dedans le bedon.

Parfois, je fais la recette dans un plat en terre cuite très large, mais peu élevé. Ça donne un bon coup de main rendu à l'étape de la fin où on veut griller le tout.

Bon appétit!

11/01/2017
à 07h29

Yulblog Mercredi 1er février

Martine m’a fait remarquer que l’événement Facebook que j’ai créé pour le prochain Yulblog est privé. J’ai fouillé un peu et on dirait que Facebook ne permet pas de modifier les permissions d'un événement après sa création. Aaah, les plateformes fermées, c’est la joie. Vive le web ouvert.

Donc, si vous n’avez pas accès aux détails, les voici:
Yulblog
Quand: mercredi le 1er février dès 19h
Où: La Quincaillerie, 980 Rachel Est, H2J 2J3

Traditionnellement, Yulblog débutait vers 20h mais cette fois-ci, j’ai réservé la première table en rentrant (celle qui donne sur le trottoir) dès 19h. Vous arrivez quand vous voulez. Pour le moment, on a 20 participants et 27 peut-être. On va être une belle gang.

La fameuse vache de Karl s’est perdue en chemin, elle a été aperçue en TGV, en aventures à la campagne, mais maintenant qui l’a? François serait le dernier à l’avoir vu? J’ai été mo’oncle Yulblog pour le 10e anniversaire, mais je ne l’ai jamais eu en ma possession. Cela dit, je promets de faire de mon mieux pour avoir mon légendaire air de bœuf pour vous accueillir. Mouah!

Mise à jour: Karl m’a envoyé un courriel pour me dire que la vache est avec lui au Japon.

 

07/01/2017
à 12h13

De table d’à côté et d’ad hominem

Je viens d’écouter L’autre midi à la table d’à côté avec Patrick Huard et Alexandre Taillefer à la SRC. Très belle discussion entre les deux. Petit apartheid comme dit Gran: J'ai aussi adoré la discussion entre Katherine Levac et Simon Boulerice.

À un moment, Huard dit que la qualité n’équivaut pas toujours à dispendieux. Il prend le marché Jean-Talon en exemple, Taillefer lui lance en boutade s’il voudrait faire une publicité pour le marché. Huard réplique qu'il lui faudrait demander la permission à Guillaume Wagner, car pour une raison qu’il ignore, il semble être le président de l’organisme qui décide qui peut faire de la pub. Huard fait référence à l’opinion émise par Wagner à l’émission Gravel le matin, quelque part en décembre. Wagner se demandait simplement si c’est moral, éthique que Martin Matte fasse de la pub pour Maxi. De mémoire, Wagner n’a pas attaqué personnellement, gratuitement Matte. Il a simplement posé une question. Est-ce mal?

Je saisis bien que Huard a répondu à chaud. Mais tout de même, plutôt que de discuter de l'idée, de l'opinion, on se contente de rire du gars. De le tourner personnellement en dérision. C'est triste. À mon avis, Huard aurait très pu dire la réplique telle quelle. Pas de troubles. Mais ensuite, nuancer un peu le tout. Donner sa propre opinion sur l’éthique, la moralité. Surement qu’il en pense quelque chose. Et ça aurait été drôlement plus enrichissant qu'un simple uppercut.

Est-ce moi qui me trompe ou l’argumentation se résume bien trop souvent ainsi au Québec? On y va ad hominem. Direct à la jugulaire. Nous avons le privilège de pouvoir nous exprimer en toute liberté sur un éventail large de sujets. Le minimum serait d'élever la discussion et d’en tirer quelque chose.

Je me demande aussi, est-ce comme ça partout? Quand j’écoute des émissions françaises, j’entends souvent des échanges d’idées, parfois des attaques personnelles, mais ça ne me semble pas la norme. La répartie intelligente, un souhait pour 2017?

Billets récents

Vieux stock