Je suis Alex Lauzon

17/01/2020
à 16h00

17 janvier 2020, Montréal
en beeroclock pour 2014

Et hop! Je continue le dépoussiérage d'archives. Cette fois, c'est pour 2014, une petite année finalement.

24 janvier 2014, à 16:02
Chiâleurs gonna chiâlent.

4 avril 2014, à 17:25
Une bière ne fait pas la vingt-quatre.

20 juin 2014, à 16:51
Beer there, drank that.

1 août 2014, à 16:37
Comme Lise Thibault, je lis vos statuts non pas tel un simple citoyen mais plutôt comme un chef d’état.

15 août 2014, à 16:15
Cet homme regarda l’heure et vu qu’il était 16h00. Ce qui arriva ensuite vous fera pleurer aux larmes.

22 août 2014, à 15:50
Je viens de couper dans le budget livres pour en mettre davantage dans le budget bières. Le ministre Bolduc pense que je n'en mourrai pas.

3 octobre 2014, à 17:42
keep calm and beer o'clock.

17 octobre 2014, à 17:25
Syndrome du statut blanc.

7 novembre 2014, à 16:57
On m’avise qu’il reste moins d’un quartile à ma bière… Je ne sais pas ce que ça veut dire alors je ne prends pas de chance et je m’en ouvre une autre bin pleine. Pas cultivé le mec mais pas fou non plus hin.

5 décembre 2014, à 15:56
Drink against the machine.

12 décembre 2014, à 17:36
La drédrette austère se relâche. Ça doit bien faire une semaine que personne n'a proposé la privatisation de la SAQ. M'a prendre une bière à ça.

10/01/2020
à 16h00

10 janvier 2020, Montréal en
beeroclock de 2009 à 2013

Ça fait longtemps que je veux sortir de Facebook les appels au beeroclock que je fais souvent les vendredis vers 16h. Une première étape serait donc de les archiver ici. Un billet de blogue par année en commençant par 2009. Sauf que là, en 2009, j'en ai publié seulement un... Alors j'ajoute 2013 aussi car oui, ça m'a ensuite pris plus de 4 ans avant d'en publier un 2e et c'est à partir de ce moment que j'ai pris l'habitude de le faire dès que j'avais une bonne idée.

Donc, en 2009:

20 janvier 2009, à 11:41
Moi, j'aime mieux «Yes Week-end!»

Puis en 2013:

26 avril 2013, à 17:24
Veni vidi vini.

17 mai 2013, à 17:26
La citation de la semaine va à M. Coderre: «Montréal a besoin de dynamisme et de fluidité» Hé, Exactement comme mon bras et ma gorge.

31 mai 2013, à 16:01
Tsé là, la fois où tu te dis «Wouain, la fin de semaine a passé vite en maudit». Bin c'est pas cette fois-là.

7 juin 2013, à 15:43
Dont drink and vaguebook.

14 juin 2013, à 16:01
Une bière vaut mieux que deux Tequilas.

28 juin 2013, à 15:51
Courir 10 km. Done.
Finaliser la mise à jour de ses papiers financiers. Done.
Faire le ménage de tout l'appart. Done.
Passer la journée sans chialer une seule fois. Done.

Trouver 4 menteries pour le beeroclock. Done.

5 juillet 2013, à 16:01
Pourquoi faire sa propre bière alors qu'ils se fendent le cul pour en vendre au magasin?

12 juillet 2013, à 17:09
Publiera cet automne un roman qui s’intitule «Voyage au bout du 5 à 7».

20 juillet 2013, à 18:48
Drinkin' in L. A.

26 juillet 2013, à 17:07
Salmigondis du jour: «Rien et tout à la fois se retrouve au niveau de la problématique de configuration du changement de paradigme qui lui-même possèdera une interrogation de la recherche initiale fondée sur la présomption d'une conclusion hasardeuse trouvant son origine dans sa propre boucle infinie».

2 août 2013, à 15:32
Derrière chaque grand homme, il y a une bière.

9 août 2013, à 16:10
On est tous le statut con de quelqu'un. I'll drink to that.

16 août 2013, à 16:08
Le brassin «Coderre»: À l'odorat, on a des effluves de pneus s'usant sur le bitume. En bouche, ça débute par une touche racoleuse et mielleuse qui appuie parfaitement les calories vides. En finale, une amertume soutenue par un houblon rétrograde.

23 août 2013, à 15:58
Ça fait plus de 10 ans que j'y travaille: je viens de terminer de visiter chaque lien disponible sur la Toile. M'a me prendre une 'tite bière là.

30 août 2013, à 16:13
Rien ne crée, rien ne se perd, tout se boit.

6 septembre 2013, à 16:06
Je pense donc je bois.

13 septembre 2013, à 16:04
Lève son verre de bière avec col ostentatoire en l'honneur de Maria Mourani.

20 septembre 2013, à 16:12
S'en va se chercher de la bière en ville sans sa voiture pour ne pas trop bousculer les habitudes des gens.

27 septembre 2013, à 15:56
Toi, ta bière, tu l'aimes traditionnelle ou crémeuse?

4 octobre 2013, à 16:10
On s'amuse au 17h@19h Lauzon aujourd'hui. On s'est acheté un beau plateau Ouija pis on va tenter de connaître l'opinion de René, la première belle-mère du PQ, à propos de la charte. Par la suite, si on est pas encore saoulé bin raide par tant d'expérience Hasbro™, on va demander à Madeleine Parent ce qu'elle pense de l'humour de Michel Beaudry.

18 octobre 2013, à 16:01
Qui vivra boira.

25 octobre 2013, à 15:51
Les gars boivent, la Coors van passe.

1 novembre 2013, à 16:23
Drette là, je pars une Google Wave pour un p'tit 5@7 su’l web. T’embarque-tu?

8 novembre 2013, à 16:43
Fais une bière deux glous.

15 novembre 2013, à 16:47
Quand on pointe la bière du doigt, l'imbécile regarde le doigt.

02/01/2020
à 22h22

2 janvier 2020, Montréal
déjà éco-anxieuse. Ça promet...

Vu: The Beguilded. Colin et Nicole sont vraiment fascinants (je ne trouve pas de meilleur terme) dans ce film. Le jeu de séduction entre le caporal et les filles / femmes est vraiment bien fait. Très bon moment.

Écouté en rafale et adoré chaque minute: Les épisodes de la baladodiffusion «Pourquoi Julie?» d'Émilie Perreault. Superbe, tout simplement. Sans être un fan de la discographie de Julie Masse, j'ai toujours admiré sa, quoi? Québécitude? Pour moi, Julie provient du même moule qu'Andrée Lachapelle. De l'élégance dans la simplicité. Émilie a fait un travail magnifique et le tout s'écoute comme du bonbon.

Vu: The last days of disco. Vieux film datant de l'ère pré-bogue de l’an 2000. Wow, les dialogues de l'époque, de toute beauté comment c'est poche! Voir une jeune et jolie (bin, bon, wouain, elle est encore et toujours belle, bien sûr) Kate Beckinsale danser fût un bon moment nostalgique. Ça m'a rappelé les soirées dans les bars du plateau / Mile-End à la même époque.

31/12/2019
à 19h47

31 décembre 2019, Montréal avec qui on
reprendrait peut-être bien un peu de dessert

Vu: Parfois, je prends en note le titre d'un film, car la critique en a dit du bien. Puis j'oublie le synopsis complètement. Je viens de voir le film Get Out. Wow. Je pensais regarder un p'tit film léger. J'en ai eu pour mon argent!

Bien entamé: La série La faille sur Illico. Ça donne le goût de faire du ski-doo. Ou sinon de passer par Fermont l'été prochain en moto.

Commencé à lire: De synthèse, un roman de Karoline Georges. So far, so good.

29/12/2019
à 20h28

29 décembre 2019, Montréal wouain
bin 2020 s'en vient hin?

Vu: Happy End. C'était pas mal plate.

Lu: Les guides du mauvais père #2 et #4. Guy Delisle est toujours aussi drôle. Ça se traverse en quelques minutes de franche rigolade.

Adoré: le film Ben is back. Wow. Quelle histoire. Julia Roberts est incroyable.

29/12/2019
à 08h54

27 décembre, Montréal qui
se la binge bien

Bingé: Les deux saisons de Léo sur Illico. Si tu as vu Cranbourne de Fabien Cloutier, tu vas avoir une légère impression de déjà-vu, mais c'est pas si grave. Ça se laisse regarder tuseul.

Passé: me faire arranger la barbe chez le barbier pour le première fois de ma vie. J'ai le goût d'essayer ça, le poil dans face.

27/12/2019
à 11h53

26 décembre, Montréal en rabais

Lu: Le dernier et toujours excellent Nouveau Projet (N° 16). J'ai traversé lentement les 465 idées de la décennie en riant; parfois jaune. À la dernière page, Nicolas liste les 30 idées de ce numéro. La dernière: «Il va falloir commander d’autres bières.» En effet.

Vu: Roma. Oui, les plans sont superbes. Oui, le noir et blanc est beau. Mais est-ce que la vie de tous les jours de cette famille en fait un bon film? Je ne suis pas certain. Bien sûr, il se passe des événements marquants et importants dans le film, mais j'ai trouvé ça plutôt ennuyant comme histoire. Et svp, quelqu'un, ramassez les cacas du chien dans la cour. Merci!

Lu et terminé: Royal de Jean-Philippe Baril Guérard. C'était bin bon.

Vu: Cold war. Un autre film en noir et blanc. J'ai bien aimé la performance de Joanna Kulig, mais côté scénario, je dois en avoir manqué un bout. Aucune idée pourquoi elle devient marabout une fois à Paris...

Vu: Ad Astra. Quelques superbes vues de l'espace, Brad Pitt est bon mais sinon, bof. Le scénariste a réglé ses comptes avec son père ou quoi? Et la scène avec les singes, ça servait à quoi? Ou encore, la poursuite sur la Lune. Pourquoi? Il n'y avait pas moyen de le déposer directement près de la fusée pour Mars? Et pourquoi un arrêt à la Lune? Une fois sorti de l'attraction terrestre, rends-toi jusqu'à Mars, ça devrait bien se faire. Bin coudonc.

26/12/2019
à 07h35

25 décembre, Montréal qui
fait son cinéma

Vu: Star Wars, episode IX, The rise of Skywalker. Wow. Bon show. Plein de nostalgie. C'est un très bon moment de cinéma. J'adore Rey. J'te l'recommande.

Vu: Parasite. Un film Coréen qui débute vraiment comme les Bougon. Dans la première moitié du film, je me suis dit que ce n'est pas possible, la personne qui a écrit le scénario connait les Bougon. C'est trop semblable. Puis, ça dérive assez par la suite pour ne pas avoir l'impression de regarder un remake. J'te l'recommande aussi.

Vu: Knives Out. Un film d'enquête policière un peu à la Agatha Christie, mais avec des touches d'humour bien drôles. J'ai adoré ça. Daniel Craig est méconnaissable et excellent. J'te l'recommande clairement.

25/12/2019
à 14h38

24 décembre, Montréal sur son 36

Vu: Marriage Story. Quelques scènes mémorables. Oui. Mais un des meilleurs films de la décennie? Ah oui? Bon. Je ne me suis jamais divorcé, ça a peut-être moins résonné en moi.

Lu en une séance la première moitié de: Royal de Jean-Philippe Baril Guérard. J'adore son style. Ça se lit tout seul. J'ai hâte de le finir afin de passer à son dernier, Manuel de la vie sauvage. J'ai du rattrapage à faire.

Entamé: le premier épisode de The Witcher sur Netflix. Je ne sais pas si je vais continuer ou pas. Faudrait que je regarde Léo sur Illico aussi. Le contenu local pourrait peut-être avoir un passe-droit ici.

Fait: Une des meilleures fondues au fromage de ma vie. Du Louis d'or et du Laracam avec de très petits morceaux de saucisson au cheddar fort que j'ai fait sauter au beurre avec un peu de vin blanc à la fin. Je pimpe souvent ma fondue avec un soupçon de moutarde de Dijon une fois que le tout se tient bien. J'adore le mélange.

24/12/2019
à 12h39

23 décembre 2019, Montréal
avec monsieur Côté

Commandé: des bottes Alfred Cloutier avec crampons. J'ai l'impression que j'en aurai besoin cet hiver. Je compte bien marcher pour me rendre au travail lorsqu'il fera trop froid pour le vélo. J'ai souvenir que l'hiver dernier, j'ai souvent glissé sur les trottoirs. Je pourrais me plaindre et chialer que la Ville ne fait pas sa job. J'ai préféré mieux m'équiper. À chacun ses combats. Cela dit, j'aurais aimé pouvoir choisir les motifs et couleurs sur mes bottes comme les femmes peuvent le faire avec un modèle pour elles. C'est donc bin l'fun ça. Moissi, veut ça.

Lu: Paul à la maison de Michel Rabagliati. Comme tous les Paul, j'ai aimé, mais ce n'est pas mon préféré. Peut-être que c'est la solitude de Paul qui m'a ennuyé. Je l'ai senti moins inspiré, un peu blasé. Un peu mononcle aussi (la scène avec les cellulaires dans l'autobus... Comment dire?). Je suis resté sur ma faim.

Vu: The Irishman de Martin Scorsese. J'ai aimé. Peut-être un peu long, mais je n'ai pas vu de longueurs ou de temps vraiment morts comme tels. Les rajeunissements des acteurs ne m'ont pas dérangé la plupart du temps. Par contre, les yeux bleus de Robert De Niro, c'est non. Al Pacino est en grande forme, je l'adore. J'aime les films de gangsters alors je suis un peu vendu d'avance. Un classique de nostalgie.

Acheté: des Airpods Pro. L'annulation du bruit fonctionne vraiment bien. C'est très agréable de marcher sur le trottoir et de ne presque plus entendre les voitures. Ça fonctionne moins bien rendu à l'épicerie lorsque la commise me pose une question et que je n'entends rien même si j'ai presque coupé le son. Apple n'est plus pareille depuis la mort de Jobs. S'il avait été là, je suis certain que la bébelle aurait pu détecter qu'on me parle. Bon, enfin.

18/07/2019
à 08h02

13 et 14 juillet, Rouyn-Noranda et
j'ai couché sur ma moto

Hier soir, en flânant sur internet, j'ai vu une annonce du MoFFAT disant qu'une balade jusqu'à Preissac était organisée. Départ à 9h00. Yé! Chus partant! Je me dis qu'une balade matinale serait parfaite pour débuter la journée.

En arrivant sur le site vers 8h30, tout de suite dans le stationnement, je vois une BMV pas mal maganée. Elle a passé au feu… En blague, je me suis dit qu'ils ne niaisent pas avec ça, les feux de joie à Rouyn! Mais tout de même, faudrait leur dire que le bois, ça brûle mieux et ça coûte moins cher d'assurances. Enfin. Je prends une photo et le policier de la SQ me dit de ne pas partager, car une enquête est en cours, l'événement vient juste de se produire. Calvaire, ça brasse icitte!

Je rejoins la bande qui part pour 9h, mais on me dit que c'est une balade qui deviendra rapidement hors route. Les gars sont bien équipés pour ça. C'est moi qui a lu trop rapidement et j'ai manqué ce détail. Damn. Bon, on s'est pris pour des VTTs hier, je vais passer mon tour pour la garnotte aujourd'hui.

Je n'ai rien à faire et il n'y a pas grand monde debout. Je jase un peu avec un des organisateurs et je donne un modeste coup de main pour installer les barrières de sécurité. Les exposants arrivent tranquillement, les choses se mettent en place.

En me promenant un peu, je réalise à quel point le site est vraiment superbe. On est sur la presqu’île du lac Osisko. Les installations sont splendides, il y a un espace cinéma extérieur au bout de la presqu’île, derrière une butte. C'est là qu'on va regarder des courts métrages à propos de la moto en début de soirée. Autour de nous, le lac offre une vue imprenable sur Rouyn et comme le chantait Desjardins, «les grandes cheminées éternelles comme l'enfer». En bonus, on profite d'un beau vent. C'est de toute beauté.

Les participants de la Bête noire arrivent un à un. Certains ont couché sur place dans une tente ou une roulotte, d'autres ont couché chez des amis, à l'hôtel ou encore dans une chambre AirBnb. Je jase tranquillement avec le monde. C'est tellement l'fun d'apprendre à connaitre les gens. Ça me rappelle les belles années de Yulblog où il y avaient tout le temps de nouvelles personnes à découvrir. J'y vais mollo, je fais parler le monde. Certains travaillent en pub, d'autres sont d'ex-militaires, camionneur, massothérapeute, propriétaire de bar, tatoueur, et cetera. J'apprends même qu'un des gars connait un cousin à moi et qu'un autre sort avec une femme que je ne connais pas personnellement, mais que j'aime beaucoup. C'est là toute la beauté des réseaux sociaux. On peut suivre de loin une personne juste parce qu'on aime ce qu'elle fait et un jour, bam, on croise son chum. Magie! En bonus, je pourrai jaser cinq minutes avec celle-ci un peu plus tard en début de soirée, car elle est venue nous rejoindre. Je passe une très belle journée. On jase, on rit comme des enfants, on boit de la bière, le méchoui sur la butte sent de plus en plus bon au fur et à mesure que la journée avance. J'en profite vers 18h et des poussières. C'est très bon.

PLACE AU CINÉMA!
C'est maintenant le temps de visionner quelques films en plein air. Le vent est bon et juste assez froid pour que ça favorise les rapprochements physiques. Bin quoi?

Si jamais la liste de ce qu'on a vu t'intéresse, le site du MoFFAT fait le travail.

C'est vraiment très l'fun de regarder les films tout le monde ensemble, j'en voulais encore plus à la fin! Mais bon, chaque chose en son temps. Il faut aussi aller faire le party! Je me promène un peu ici et là, je bois d'la bière, je niaise chez La Guinguette (une belle installation offrant un stage, des tables, chaises et un bar. J'ai-tu dit que c'est une maudite belle installation?!)

Puisque toute bonne chose a une fin, je quitte plus ou moins tard et je vais me coucher. Avec les gens qui ont fait la Bête noire, on a statué plus tôt dans la journée qu'on se rejoint demain matin à 8h pour revenir à Montréal. Yeaaaaahhh, right! On sait tous qu'il y aura beaucoup d'appelés et peu d'élus!

LE RETOUR
Dimanche, j'arrive sur le site un peu après 8h, il y a quelques-uns d'entre nous qui sommes présents. On jase, on rit, on attend les autres. Finalement, quatre d'entre nous décident de partir vers 9h30. Nous travaillons tous le lendemain alors on doit revenir. Partir en moto de Rouyn à 9h30 signifie qu'on va être à Montréal vers 21h30, 22h00, voire davantage. On part!

On décide tous de passer par la 101 au Québec et ensuite par l'Ontario, question de voir d'autres paysages. Très sage décision, la 101 est vraiment jolie. Entre autres, on fait une pause avec vue imprenable sur le lac Témiscamingue. Nous faisons un arrêt à Ville-Marie dans un restaurant offrant un plat qui nous surprend presque tous: un spaghetti avec des toasts. Sur les quatre, trois (incluant moi) n'ont jamais vu ça. Certains prennent le plat et je décide de rester classique dans mon choix: poutine et hot-dog. Avec le recul, je me dis que j'aurais dû prendre un autre plat unique: l'îlot. C'est un burger servi avec de la sauce, un peu comme un hot chicken. J'aurais dû prendre ça. Prochaine fois! Ceux qui ont pris un spagat sont bien content du choix. Le mix de texture entre la toast, les pâtes et la bolognaise est bien rigolo. On repart!

Les routes en Ontario sont bien belles. Notre leader connait bien le coin et il nous propose de passer par la 533, une route possédant des courbes aussi belles que celles de Monica Belluci. Comment dire non à une telle invitation?! Nous sommes partants! En bonus, nous aurons l'occasion de «level-up» à nouveau dans une belle passe de gravelle traversée à une vitesse encore jamais atteinte pour moi. C'est surprenant de voir la personne devant moi suivre le leader à cette vitesse. Je me dis que si elle passe sans broncher, je dois bien pouvoir faire la même chose. Et en effet, ça se passe très bien. Mais calvaire, on a roulé vite en maudit!

On revient tranquillement, mais sûrement vers Montréal, au gré des pleins d'essence et des arrêts pour se reposer et jaser. C'est vraiment l'fun se balader avec cette bande. Le nombre de fous rires et d'histoires rigolotes racontées ici et là est juste trop grand. Par exemple, l'un de nous a raconté une anecdote qui s'est déroulée dans un Subway voici quelques années avec des amis à lui. Quelques heures plus tard, on se prend justement un sous-marin dans un Subway. Le fou rire qu'on a eu avec la référence «all dress» et le «same thing»! Faut pas chercher à comprendre, fallait juste être là. On a bien ri.

Nous rentrons finalement à Montréal, complètement exténués de la balade, on a parfois cogné des clous sur notre moto tellement on était brûlé. Une envie de s'arrêter drette là, de se coucher dans le fossé et de dormir quelques heures. Mais ça valait amplement l'effort.

Je suis arrivé chez moi vers minuit ou quelque chose dans le genre avec une tonne de souvenirs et une envie de repartir vivre l'expérience dès le lendemain. MoFFAT et Bête noire, je vous dit: À l'an prochain mes coquins!

17/07/2019
à 07h39

12 juillet 2019, Rouyn-Noranda trappée
comme une bête noire

Juste avant de partir pour ma tournée des Grands Lacs, j'ai vu une publicité sur Facebook à propos du MoFFAT, le Moto Film Fest Abitibi-Témincamigune, deuxième édition. Un festival de courts métrages à propos de la moto offrant aussi une exposition de motos, soit celles des participants, des concessionnaires ou sinon modifiées par des artisans. Cette année, il y avait aussi une exposition de voitures anciennes ou modifiées. On a même eu droit à un camion Magnum contribuant à lui seul à une bonne partie des GES produits pendant la fin de semaine.

Les expositions sont intéressantes, les projections aussi, mais le vrai secret de cet événement, à mon avis, est ses participants. Une belle bande de gens s'amusant à moto depuis plus de 40 ans ou depuis seulement 1 an. Des femmes et des hommes roulant autant de bitume que possible. J'y ai vu une belle fraternité, une culture de l'entraide sincère et un esprit d'aventure jovial vraiment inspirant. Une belle magie.

Donc, début juin, je me suis inscrit en solo à l'événement en me disant que j'allais bien y rencontrer des gens amusants avec qui jaser et prendre un verre. Et au pire, sinon, je me disais que si l'événement m'emmerde, je pouvais toujours juste me promener dans le coin le samedi et quitter tôt le dimanche matin. Évidemment, ce plan B n'a jamais été nécessaire.

C'est aussi l'organisation de l'événement qui m'a impressionné: ils ont planifié des départs dans 8 villes du Québec afin que tous puissent converger en même temps vers Rouyn-Noranda pour y arriver le vendredi vers 20 heures. Méchant «trip»! Bon, ça ne s'est pas déroulé exactement comme ça pour plusieurs d'entre nous, mais, peu importe, tout motard sait que le plus important est le périple, pas la destination. On arrivera quand on arrivera. La Bête noire n'allait pas être une exception à cette règle de base.

LE DÉPART
Le 11 juillet, au travail, j'ai appris que je devais participer à une conférence téléphonique avec un client le lendemain à 9h30... Damn. Notre départ est prévu au Gibeau Orange Julep à 7h00. Je vais devoir le manquer. Je suis déçu, mais je me dis qu'avec un peu de chance, je pourrai les rattraper au travers du parc de La Vérendrye ou peut-être un peu après.

Je serai chanceux dans ma malchance puisque l'appel sera assez rapide pour que j'enfourche Rutilante un peu après 10h00. J'ai pris la 15 Nord, puis la 117 Nord et je suis monté aussi rapidement que possible avec comme plan de match de dîner à la Microbrasserie du Lièvre. C'est un des points de ralliement alors je me suis dit que je pourrais demander vers quelle heure la bande est passée et voir si je les rattrape. J'y arrive vers midi quinze.

Oh! Surprise! Je vois une belle série de motos dans le stationnement et le camion de Hardcore Cycles, parti de Portneuf la veille. Yé! J'ai rattrapé le groupe! Je parle avec deux gars dans le stationnement qui me disent que la bande termine son dîner. Je rentre dans le commerce, mais je suis trop gêné pour me joindre à eux tout de suite. Je m'installe à une table et je commande. Je les vois partir alors que je mange. Je les suivrai environ 15 minutes plus tard. Maintenant que je sais qu'ils sont juste un peu en avant, je sais que je peux les rejoindre.

Je n'ai même pas fait 50 km que je les vois à une station-service. J'arrête et me présente à quelques-uns d'entre eux. Ça y'est, je participe à la Bête noire. On me donne mon bandana officiel. On repart.

LE PARC DE LA VÉRENDRYE
Ce parc a une mauvaise réputation, je ne saurais dire pourquoi, car l'entrée s'y fait pourtant bien. Un moment donné, on n'est pas dans le parc et un moment donné, pouf, on y est. Aussi simple que ça. Nous faisons une autre pause à une halte se nommant Le Domaine. Une chance que j'ai rattrapé tout le monde avant, car si j'étais passé à leur hauteur lors de cet arrêt, je les aurais sûrement manqués.

On traine peut-être un peu au Domaine et certains s'impatientent ce qui donne que la bande se sépare. Nommons-les affectueusement «Les Pressés». Ils partent. Ne sachant pas trop quoi faire, je les suis. Je regrette finalement de l'avoir fait. On était une belle bande alors partir seulement 6 personnes, c'est moins l'fun. Heureusement, on prend une pause un peu plus loin sur le bord de la route et on voit le restant passer. On repart. On les rejoindra bien rapidement, car cette fois-ci, ce sont eux qui sont arrêtés sur le bord du chemin, l'un d'eux manque d'essence et plus personne n'en a en extra. Je prends note de m'acheter un petit réservoir et de toujours le trainer avec moi. Pour ce genre de balade, je peux le remplir et le partager avec quelqu'un si jamais le besoin survient. Finalement, les gars de Hardcore Cycles nous rejoignent, ils ont de l'essence alors on repart. Cette fois-ci, les pressés sont à nouveau partis depuis quelques minutes, mais je ne les ai pas suivis. J'ai préféré rester avec la plus grosse bande, juste pour tenter de jaser un peu avec tout le monde. Et me faire dévorer par la fameuse mouche noire abitibienne.

On repart et on arrête au Ultramar à la sortie du parc. Nous avons vaincu une partie de la Bête noire! C'est à ce moment que nous apprenons qu'il y a un accident avec décès sur la 117 à la hauteur de Malartic. Il n'y a pas moyen de contourner localement alors nous aurons peut-être à faire un détour d'environ 60 minutes par Amos. Encore là, les pressés partent et cette fois-ci, je pars avec eux. Si c'était à refaire, je resterais avec la plus grosse bande. J'ai comme un peu de difficulté à décider avec qui je veux me balader! On arrive à Val-d'Or pour une bière offerte par le MoFFAT. À l'origine, nous devions souper à ce restaurant, mais à cause de l'accident, les organisateurs décident de repartir plus rapidement.

Bien que l'application 511 Québec nous indique clairement que la route est fermée, l'un de nous fait un appel à un contact à la SQ et il nous dit que ce contact affirme que nous pouvons passer par une voie de contournement. Cette fois-ci tout le monde part ensemble et j'en suis bien content. C'est plus l'fun rouler en grosse gang.

On roule un bon moment et oups, la 117 est bel et bien fermée... Bon. Après un peu de tergiversation, nous avons finalement trouvé un moyen de faire un détour et de rejoindre la 117 en s'amusant bien comme il faut. Plusieurs d'entre nous ont «level-up» certaines compétences bien précises de conduite en moto, ce qui est toujours bénéfique! Je tiens à dire «Chapeau!» aux gens qui faisaient ce genre d'escapade sur chemin de garnotte pour la première fois. Tout le monde a gardé son calme et son assurance. Un très beau moment du voyage qui demeurera à jamais une anecdote de la 2e édition du MoFFAT!

L’ARRIVÉE
Nous sommes finalement arrivés à Rouyn-Noranda un peu avant 22h00 en profitant des dernières lueurs du soleil.

On a vaincu la Bête noire!

J'ai dû quitter le groupe en arrivant, car la dame où je loue une chambre pour la fin de semaine avait bien hâte que j'arrive. On s'est échangé plusieurs textos pendant la journée. Je devais repousser mon heure d'arivée à chaque fois. Je devais être là vers 20h pour prendre la clé et je pense qu'elle a envie d'aller se coucher. Je sors prendre un morceau rapide dans un restaurant proche et je retourne à la chambre pour un repos bien mérité. Demain, le MoFFAT m'attend!

26/06/2019
à 20h53

26 juin 2019, Naubinway avec
une double portion de gravelle

Avant de quitter Chicago, je voulais essayer un dernier restaurant. Avec la contrainte de vouloir quitter tôt, je devais trouver un restaurant ouvert à 7h00 ou avant. Le Manny's, ouvert depuis 1942, me semble un bon choix. Déjeuner américain classique. Ça ouvre à 7h. J'y suis à cette heure, la place est vide. Ça me fait penser au Snowdon Deli. J'aime ce genre d'endroit. Déjeuner honnête.

Je fais un peu d'autoroute afin de sortir de la ville. Malgré le fait qu'il ne soit que 7h30, il y a un trafic considérable sur la 94. Je ne comprends pas très bien où vont tous ses gens puisque nous sortons de la ville, mais bon... Vive l'étalement urbain.

J’arrive à Waukegan afin de poursuivre plus près de la berge. Je rejoins Milwaukee et de là, je prends des routes secondaires pour remonter tranquillement vers le nord.

Je ne me suis pas promené amplement aux USA, mais j'ai en mémoire le mythe tenace qui dit que leurs routes sont plus belles qu'au Québec. Et bien, relaxe, lectrice, lecteur. Ceci est un mensonge. Depuis mon départ, je te jure que j'ai amplement vu des routes ou des autoroutes en mauvais état. Certaines routes sont parmi les plus dangereuses que j'ai vues. En veux-tu des nids de poule? En v'là. J'ai croisé bon nombre de lisières entre deux voies. C'est loin d'être amusant en moto, ce genre de crevasse. Enfin. Y'a de belles routes aussi. Faudrait juste arrêter de penser que tout est beau chez le voisin du sud. Ce n’est pas vraiment le cas.

D'ailleurs, en faisant la file sur une route en réfection majeure, on attends depuis plusieurs minutes sans bouger. Je me dis, fuck it, chus en moto, je passe sur l'accotement pour au moins me placer au début de la file. Je remonte tout le peloton et me place juste à côté du premier. Le monsieur me regarde, baisse la fenêtre passager et me crie, en anglais dans le texte, «Ti-gars, ça fait 20 minutes que je suis ici. Selon moi, y'a encore un de ses employés de l'état qui a foutu sa graine dans un trou de la machine et tout a bloqué». Oh boy. Ça va être amusant cette conversation! J'arrête Rutilante, je débarque, me présente. Le gars est une caricature de caricature. Il me dit des choses du genre «J'ai plein d'armes automatiques dans ma valise, j'aime bien aller au stand et tirer. Ça me défoule. Là, allez, je te donne celui que tu veux et on va leur chauffer le cul!» Je ris jaune. Il me parle de corruption dans l'état, de «Crooked Hillary» (trouvez le lien, moi, je vois pas...), de comment c'était pas comme ça dans son jeune temps, que les USA vont finir ça en guerre civile, que les médias soient tous de gauche (je lui mentionne Fox et il dit que même Fox est trop à gauche... OK...) et qu'ils brainwashed tout le monde avec leurs idées, vive Trump même si vous le trouvez débile dans votre pays. Ça va bien. Tentant de trouver un point commun, la corruption, je lui parle des libéraux, de la collusion dans la construction, les contrats municipaux à l'ère de Tremblay, SNC-Lavalin. On rit bien. Il me rajoute une couche avec les Mexicains qui volent tout les objets que tu ne mettras pas sous verrou et les Syriens qui se sont fait payer le gros luxe par Obama. Wow. J'aimerais bien revenir sur le brainwash des médias ici, mais je laisse faire... Il me tend un feuillet, c'est une publicité pour son camp de chasse et pêche. Il me dit que je suis le bienvenu si je veux y passer la nuit gratuitement. C'est la saison morte alors ça lui fait plaisir de me donner un coup de main. J'apprécie le geste et la générosité, mais je lui dis que j'ai déjà payé ma chambre près de Naubinway.

Il me précise: «And oh! Son, i'm not gay you know!» Meilleure précision à vie. J'avais deviné en tabarnak mon coquin!

On jase encore un peu, le camion guide arrive finalement, les autos de l'autre sens passent et c'est notre tour. Je lui serre la main, le remercie pour la belle conversation enrichissante (il sait pas, mais il a rempli mon billet de blogue, merci Mike!) et je pars.

Anecdote américaine #43: J'ai fait le plein d'essence à une station-service dans la ville d'Escabana. Une dame dans l'allée à côté, chauffeuse de taxi, voit Rutilante, sourit et me complimente. «Nice bike sir!» Je dis merci. «Where are you going?» Je réponds Naubinway. «It's that way.» en me pointant vers l'est avec son doigt juste avant de s'engouffrer dans son char et partir. Damn. Pas besoin de GPS quand tu as une dame pour te pointer la direction, non? Je ne comprendrai jamais pourquoi elle me l'a précisé, mais merci quand même.

 

25/06/2019
à 19h28

25 juin 2019, Chicago comme
un lendemain de fête nationale.

J'ai mal dormi. Je loue une chambre en espace partagée et le gars dans la chambre voisine a fait jouer de la musique presque toute la nuit. Nous sommes plusieurs à lui avoir dit gentiment et il nous a tous envoyé promener. Bon. Dommage que je ne sois pas milliardaire. Je lui achèterais une île déserte pour lui tuseul.

Je n'aime pas Chicago en ce moment et j'ai un peu hâte de partir. Je songe même partir tout de suite et tant pis. L'arrivée hier n'a pas été agréable, il y a du trafic partout. Tout le monde klaxonne tout le temps, comme à New York. Ça m'énerve. J'ai un peu mal à la tête comme si j'avais pris une brosse alors que ce n'est pas du tout le cas. Je décide d'au moins aller voir la «bine» en faisant un peu de course à pied le long du lac Michigan. J'ai fouiné un peu sur Google Street Maps et le coin semble très joli. Je ne serai pas déçu, mais s'y rendre m'aura donné du fil à retordre. D’un, à pied, c'est 45 minutes et ce qui semble de nombreux détours. On dirait que le parc le long du lac est enclavé derrière un mur de routes immenses et d'autoroutes. Je me dis donc que je vais y aller en moto. L'avantage ici aussi sera que je peux rouler léger. Je pars donc en tenue de joggeur, avec pas de cass. Il est 7h00 et déjà, il y a un trafic incroyable dans ce coin-là. Ça me prend une éternité, les gens se coupent, klaxonnent, les pires maudits mongols que j'ai jamais vu. Je finis par me trouver une place pour garer Rutilante sur la rue... Beaubien. Hep.

Je cours sans suivre de plan, je tourne un peu n'importe où, passe devant une superbe et immense fontaine (Buckingham), je prends des photos de la bine (Cloud gate). Je cours le long du lac Michigan. C'est superbe. Au moins, ça valait la peine de faire l'effort de me rendre. Je retourne à la chambre, me douche et décide de donner une chance à la ville. Je quitte pour quelques missions de la journée:

1° Aller déjeuner au Longman & Eagle. Très bel endroit. En plein mon genre de place. Je suis content d'être passé. Je mange un œuf bénédictine avec des pommes de terre maison. Wow. Les patates! C'est de la magie. C'est tellement bon. Le restaurant est vide. Hon. La cuisine est une aire ouverte alors je ne me gêne pas: je vais voir le cuisinier et je lui demande de me montrer comment il les fait. C'est extrêmement simple. Il fait bouillir des grelots, avec la pelure, dans un bouillon avec des épices, des herbes et du sel. Ensuite, il brise les grelots en gros morceaux et il les fait frire à haute température, presque comme des frites en fait. C'est aussi simple que ça. L'huile doit être très chaude (190°c - 200°c) et il faut faire une portion à la fois. Sinon, la température descend trop et ça fonctionne moins bien. Il faut sortir les grelots juste avant qu'ils ne brûlent, donc, davantage que pour les frites qui sont prêtes aussitôt qu'elles deviennent un peu brunes. Dieu que c'est bon avec une mayo maison. Je pique l'idée, Je suis certain que ça doit faire une poutine écœurante!

2° Trouver des lumières «front side» pour Rutilante. Je passe d'abord chez Motoworks. Les gens sont très gentils, mais ils n'ont pas les pièces en stock et impossible de commander ça en quelques heures. La commis me donne deux autres endroits à essayer. Je les appelle tous les deux mais sans succès. Bon, on va y aller avec la lumière principale pour au moins jusqu'à Toronto car il n'y a aucun concessionnaire Triumph sur mon chemin entre Chicago et Toronto.

3° La deuxième mission est plus simple: je dois juste laver mon linge. Particulièrement mon linge de course. Je me suis apporté juste un chandail pour ça, car je ne croyais sortir si souvent. Là, ce matin, je sentais pas mal la charogne. Note à moi-même, prendre plus de chandails de course la prochaine fois. Je lave mon linge et après tant de labeur, je me dirige vers Au Cheval pour un old fashioned moyen et un sandwich au bologne maison, disons, moyen - bon.

Je passe un peu de temps dans un pub pas loin du Au Cheval. Je profite des pintes locales tout en regardant la coupe du monde de soccer féminin. Je quitte en fin de journée afin d'aller voir chez The Girl and the Goat pour voir si je peux prendre une place au bar afin de profiter de leur expertise.

Le Girl and the Goat mérite bien sa réputation. Quel beau restaurant. Les plats sont servis sous forme de tapas, formule que j'adore. Surtout quand on est deux à table. Mais là, je sais, je suis loser et seul, pas grave, je vais en prendre cinq quand même.

Bin non, je prends trois plats: Des langues de canard, des brocolis grillés cuits au feu de bois et un cou de chèvre braisé.

Les trois sont absolument fantastiques. Je n'ai pas fait le tour de l'offre à Chicago, mais ce restaurant mérite sa réputation. Il y a eu un seul accroc pour mon repas. C'est léger, ça arrive. On m'a d'abord servi les langues comme si c'était une entrée puis à peine 2 minutes ensuite, le brocoli. Mais par la suite, je dois bien avoir attendu un bon 20 minutes avant de recevoir le cou. Il y a clairement eu un problème en cuisine. Le serveur m'a offert un verre en attendant, mais je buvais déjà un verre de rouge et Rutilante ne connait pas le chemin du retour. Alors j'ai dit merci, mais non merci. Tout était vraiment très bon. Je verrais ce restaurant n'importe quand à Montréal. Il se retrouverait à l'instant parmi le top 10. J't'l'recommande.

En revenant, j'ai joué à un jeu que j'adore: Ça fait maintenant environ 24 heures que je suis à Chicago alors je vais tenter de retourner à ma chambre sans GPS. J'adore ce sentiment lorsqu'on découvre une ville. C'est un peu angoissant et ça prend toujours un certain temps avant de trouver ses repères. Mais quand on les trouve, quel beau sentiment! Je me suis promené amplement sous les structures du train du CTA. Chicago est traversée par des rails de train élevés et les véhicules peuvent se promener sous la structure. Ce n'est pas pareil bien sûr, mais on le sent très bien dans le jeu Watch Dogs d'Ubisoft. En fait, je trouve ça très amusant de me surprendre à plus ou moins reconnaitre des endroits en me promenant. C'est une impression trompeuse, bien sûr, mais c'est aussi un peu troublant comment les jeux d'Ubisoft sont réalistes. En principe, j'aurais dû prendre environ 30 minutes me rendre à la chambre, là, j'ai mis un peu plus de 60 minutes. Pas mal. Mais j'ai vraiment fini par retrouver mon chemin. Bin cool.

Dodo tôt. J'aime un peu plus Chicago, oui, j'y reviendrais, mais demain, je veux tout de même partir tôt afin de rallier Naubinway le plus tôt possible. C'est une bonne balade.

24/06/2019
à 22h10

24 juin 2019, Chicago
telle une fête nationale

Anecdote de voyage: en quittant Montréal, j'ai bien vu que les trois lumières frontales de Rutilante fonctionnent. J'ai pris une photo à Cape Vincent et on voit qu'elles sont toutes allumées. En arrivant à Niagara Falls, en collant une voiture à la lumière rouge, j'ai remarqué que je ne semblais plus avoir de lumière du côté droit. Ma petite lumière droite a dû bruler quelque part en chemin. Bof, pas grave. Y'en reste deux autres que je me dis. Sauf qu'en démarrant la moto ce matin, je vois bien que je n'ai plus que ma lumière principale qui soit allumée. Je ferme et ouvre l'interrupteur des lumières de côté, rien à faire. Les deux sont brulées. Bon. Une fois arrivé à Chicago, je verrai si je peux trouver un concessionnaire Triumph afin de voir si je peux en faire installer de nouvelles.

Je pars de Charlevoix tôt le matin. Rutilante a laissé un genre de «Rutilante was here» dans le stationnement du motel, le pied doit bien avoir enfoncé de plusieurs centimètres dans l'asphalte. Bin coudonc, je me demande bien ce qui se passe quand une moto s'y stationne en pleine canicule. Il fait à peine 13°C.

Je frappe une petite pluie mais rien de grave. Je roule plusieurs heures avant de m'arrêter chez Lefty's diner pour un déjeuner. Le café est infect. C'est terrible. Je suis certain que leur fournisseur est Tim Horton's. Je niaise, c'est encore plus mauvais que le café chez Tim. C'est dire.

Avant de partir, je regarde le radar météo et je vois que je vais rencontrer une belle bordée de pluie lorsque je serai prêt de la ville de Saint-Joseph. Sauf que ça passera rapidement, plus ou moins 1h30 avant que le soleil revienne. Je fouille un peu pour un endroit où je pourrais prendre une pause et au miracle, il y a une microbrasserie, Silver Harbor en plein à Saint-Joseph. Je repars en tournant un peu plus la poignée, avec un peu de chance, j'y serai avant l'orage.

Finalement, nope, pas vraiment, j'ai frappé la pluie bien comme il faut 6km avant la brasserie. Tant pis, j'ai continué quand même en roulant tranquillement. J'ai croisé quelques voitures arrêtées sur l'accotement. Les conducteurs devaient me trouver un peu fou, mais bon, en roulant à une vitesse raisonnable, c'est pas si pire. J'arrive à la microbrasserie, je prends une brune et une IPA servie dans une cloche hermétique dans laquelle ils injectent de la fumée. Ça donne un véritable goût de boucane à la bière, un peu comme ce que fait Tête d'allumette à la différence qu'eux font la bière sur un feu de bois dès le départ. La fumée apporte une touche bien amusante à la bière. Dehors, la pluie a cessé. Je repars.

L'arrivée en banlieue de Chicago se passe un peu mal. De un, la vue est plutôt apocalyptique avec des industries et des raffineries à perdre de vue et presque pas de véhicules. Je me sentais comme dans Mad Max. Ensuite, je pensais avoir précisé à mon app qui me sert de GPS de ne pas me faire passer par des postes de péages mais je vois à la dernière minute que je dois en passer. Je n'ai pas d'argent US sur moi. Nous sommes en 2019 et je refuse d'avoir à payer autrement qu'avec ma carte de crédit. Je passe à une ligne avec crédit justement, la carte passe, la barrière lève, hourra. Je continue et oh surprise, un deuxième poste de péage. Cette fois-ci, la carte n'est pas acceptée. Yé. Évidemment, il y a du monde derrière... Fuck it, je suis tanné. Ça me fout en maudit de voir que l'une des plus grandes puissances mondiales ait tant de difficulté à être compatible avec les cartes de crédits des autres pays. C'est la même chose quand je fais le plein. Ma carte ne passe jamais à la pompe (sauf dans l'état de NY, ça a fonctionné). Donc, pour le péage, j'imagine que je suis maintenant sur la liste des dix criminels les plus recherchés par le FBI, car j'ai un peu reculé puis je suis passé sur le côté sans payer. Au diable viarge!

L'entrée à Chicago ne se passe pas bien non plus. Je trouve que ça pue, que les routes sont compliquées à utiliser, je me perds deux fois malgré les indications du GPS. J'arrive finalement à ma chambre, dans le Chinatown. Enfin!

Ce soir, je fais facile pour le souper: un classique depuis 1956: Gene and Jude's. Le hot-dog double saucisses est plutôt rigolo et bon même si ici aussi, la saucisse est un peu coriace. Moins que Lafayette et American Coney Island, mais tout de même. Plus qu'une bonne vieille Hygrade.

Revenir de Gene and Jude's par l'autoroute 290 au coucher du soleil offre une vue spectaculaire sur le centre-ville et sur d'immenses nuages d'un blanc immaculé en arrière-plan. Ça doit être le lac Michigan qui permet la formation de nuages aussi gros et aussi bas en altitude. Je ne me souviens pas avoir vu de tels nuages à Montréal. En tout cas, c'est bin beau et ça me réconcilie un peu avec Chicago. Pour le moment.

Je retourne à la chambre pour un p'tit dodo bien mérité.

22/06/2019
à 21h50

22 juin 2019, Detroit avec au coin gauche
American Coney Island et Lafayette au coin droit

Hier soir, je suis revenu à la maison à pied un peu tard; la nuit était bien tombée. Je me suis mis à m'inquiéter un peu quand j'ai vu à quel point les rues étaient vides de piétons. Il n'y avait personne et presque pas de circulation non plus, une auto ou un bus à l'occasion. J'ai un peu pogné la chienne. Probablement pour rien, mais ce qui m'a eu sur le moment est le silence. Pas une âme qui vive, ça te fout la trousse. Avec certaines maisons en ruine, ça fait film d'horreur ou de suspense en mautadit. Mais bon, finalement, aucune attaque de vampire, de zombies ou de panique. Je me suis bel et bien rendu à la maison sain et sauf. Sans même aucun risque en fait. Juste mon imagination qui me joue des tours.

Ce matin, je démarre ça avec un tour de l'île près de Detroit, Belle Isle. Je m'habille donc avec un t-shirt, des shorts et mes espadrilles. J'enfourche Rutilante et on part comme ça, avec pas'd'cass. J'ai croisé une mammy qui s'est ramassé le dentier par terre en me voyant. Ça va, ça lui fera quelque chose à raconter après sa pratique de chorale demain.

Je me stationne près du pont pour Belle Isle, car j'ai lu que je devais payer pour l'accès en véhicule. Je traverse à pied et je me mets à courir tout le tour de l'île. ±9km, ça se fait bien. La température est parfaite. Je fais le tour et je ne vois nulle part de guérite ou d'endroit où j'aurais dû payer mon accès en moto. Oh well. Ça me fait prendre une plus grande marche. Je reviens à la maison, me douche et repars pour la journée. À la genèse de l'horaire, il y a: Brunch au Red Dunn Kitchen. Belle assiette de Bénédictines, mais le décor est trop propre pour moi. C'est le restaurant d'un hôtel chic et c'est un peu bling-bling.

2e arrêt: Third Man Records, la maison de pressage de vinyles de Jack White. Rutilante voulait un autographe, mais Jack ne travaille pas les samedis. Rien de spécial à dire. C'est un magasin de disques (la musique à l'intérieur était bien bonne: Woods - Live at Third Man Records. Je sors et je spotte un commerce qui va me plaire aussi: Jolly Pumpkin, une microbrasserie. Je reviendrai plus tard dans la journée.

3e arrêt: La bibliothèque municipale de Detroit. Très bel immeuble autant de l'extérieur que de l'intérieur. Je vais le tour et je m'installe pour lire un roman quelques instants. C'est tranquille, ça sent le rat de bibliothèque. J'aime.

4e arrêt: Eastern Market. Pour une fois, c'est moi qui fais le touriste dans un marché public. Je vais en profiter bien comme il faut: je m'arrête en plein milieu de l'allée pour regarder dans le vide en forçant les gens derrière moi à me contourner. Je prends des photos de tout en m'assurant, encore, d'être bien dans le chemin des gens qui font leur marché. Je pose plein de questions aux marchands, mais je n'achète absolument rien. La vengeance est douce au cœur du citoyen. Cela dit, beau marché, très belle ambiance. Un vieux noir, barbe blanche drue et très courte, joue «I feel good» comme un diable. Il «naile» ses riffs comme un champion. Je m'arrête pour l'écouter. Il part «The trill is gone». Wow. Il chante et joue comme un dieu. Je repense à une ancienne flamme devenue coloc avec le temps. Cette chanson résume bien notre inutilement longue histoire. À la fin de celle-ci, me voyant toujours planté là, il me dit «Will you stay there all day, son? What song are you waitin' for?» Hé. Aucune idée, toi. Je dis «Euuhhh. Don't know... Satisfaction». C'est le premier riff qui m'est venu en tête. C'était ça ou je demandais du Vivaldi. Bin quoi? Il rit et dit «So you wanna'me to play a song from the white men who played black music and got fuckin' rich with it, right? Ok. Why not.» Wouain. Je n’ai vraiment pas eu le temps de penser à ça. Et il me joue le meilleur «Satisfaction» que j'ai jamais entendu. Sa voix est vraiment incroyable. Je ne connais rien en musique; je ne sais pas comment il a configuré son ampli, mais le son est vraiment intense. Une femme danse à côté, beau moment. Vive les hasards et les rencontres. Il sourit et s'amuse, je le vois bien. Je n'ai pas d'argent américain sur moi, juste 30$CAD. À la fin de la chanson, on applaudit et je m'approche de lui: «I'm very sorry for this but I don't have US money on me. So here's 20$CAD. And here's another 10$CAD to repay you for having to go to the bank and change it. You should have something like 15$US dollar at the end and finally get some satisfaction.» Il rit franchement, on se sert la main, on se dit de prendre soin de soi et je quitte le marché. Dire que j'ai hésité à passer ici tantôt... Je vais me souvenir longtemps de ce monsieur. Et aussi que je suis parfois vraiment trop dans le moment. J'aurais dû le filmer! Quelle prestation! Mais ce n'est pas du tout un réflexe pour moi. Ça restera un souvenir.

5e arrêt: le marché m'a donné faim. Je me dirige vers American Coney Island afin de goûter leur fameux hot-dog chili. Évidemment, je dois aussi goûter à celui de leur compétiteur de toujours, le Lafayette, commerce tout juste à côté. Verdict? La saucisse du American Coney Island est trop dure à mon avis, il faut vraiment croquer dedans pour prendre une bouchée. C'est l'fun avec les dents, mais pas trop tout de même. Je dis ça, je ne dis rien hin. Et les onions crus sont coupés trop gros. C'est si bon quand c'est coupé finement pour un hot-dog. Et pour finir, le plancher du Coney est collant. J'ai un souvenir du Cinéma l'Amour qui me revient en tête. Celui de Lafayette a la saucisse trop tenace aussi, mais la sauce chili est plus relevée et les onions sont plus petits. J'aime aussi comment ça fonctionne chez Lafayette, depuis la table, le serveur crie les commandes à la cuisine en aire ouverte. Mon genre d'endroit. L'ambiance est beaucoup plus cantine que deli comme chez Coney.

Verdict: Lafayette 2, American Coney Island 1.

Je me promène dans les quartiers de la ville en moto, juste pour faire le tour un peu et me perdre. J'adore ce sentiment d'angoisse légère quand je découvre une ville ou une région. Je n'ai pas de repères et tout m'interpelle. Je me promène à l'aveugle et tranquillement, je finis par tisser des liens et trouver des balises ou des références. Un nom de rue, un commerce, un immeuble. J'adore vivre cette exploration. C'est grisant. Les maisons de Detroit sont superbes et immenses. Sur l'avenue Trumbull, c'est particulièrement frappant. Quelle belle architecture. Le centre-ville aussi est superbe. Je ne sais pas si tout le monde est parti à la plage ou au chalet, mais il n'y a pas beaucoup de véhicules dans les rues. Aucun trafic nulle part. Pour la ville américaine du char, il y a quelque chose d'ironique. Les gens sont à pied, en vélo, en bus et en tramway. On est samedi, je sais bien, mais il me semble que c'était comme ça hier quand je suis arrivé en fin d'après-midi. Je ne suis pas spécialiste du dossier, mais le crash économique de Detroit semble avoir vidé la ville. Ça parait dans le quartier où je suis, Woodbridge. Je dirais qu'une maison sur trois est abandonnée. La plupart sont superbes et victoriennes (enfin, pour ce que j'en connais...). Être américain avec de l'argent et du talent en rénovation, je m'en prendrais une pour la retaper, la vendre et ensuite en prendre une autre à retaper. Quel beau métier ça ferait.

En me promenant, je repense au débat à propos de la piste cyclable sur De Verdun à Montréal. Je pense qu'il faut sortir de notre ville et se promener un peu pour voir ce qui ce fait ailleurs. Je pourrais me tromper, j'ai passé une seule journée à Detroit, mais pour moi, clairement, la mairie a choisi les transports collectifs et actifs. Il y a des pistes cyclables partout, les gens sont à pied, les commerces sont petits, locaux et authentiques. Il n'y a pas tellement de stationnement sur les rues, mais les trottoirs grouillent de monde. Forcément, lorsqu'on densifie une zone et qu'on rend disponible une offre locale de qualité, les gens embarquent.

6e arrêt: Great Lakes coffee pour un «50/50». C'est 50% de bière blonde et 50% de café infusé à froid. Ça donne un peu comme un mélange de Cream ale et de Stout. Je trouve ça un peu fade. C'est comme si on avait allongé mon café avec de l'eau. Mais bon, ce n’est pas mauvais non plus. C'est peut-être juste moi qui ne suis pas encore arrivé à la 3e vague de café.

7e arrêt: Souper chez Selden Standard. Un restaurant qui travaille avec les producteurs agricoles locaux. Comment être contre? Très bel endroit. La terrasse est magnifique. Je débute avec un Negroni qui m'ouvre l'appétit vers des asperges grillées en entrée (cuisson parfaite, mayo pimpée à la fleur d'ail et poivre. C'est goûteux) et une brochette au surlonge de bœuf avec sauce chimichurri, humus aux carottes et jalapeno, olives noires, feuilles de menthe et navets blancs. C'est parfait. La menthe balance le piquant de l’humus. J'adore. En passant, suis-je le seul qui se fait tout le temps demander si tout est ok alors que je viens tout juste de me foutre une bouchée dans la bouche? Ça arrive à tout le monde ça?

8e arrêt: Cocktails (un Detroit Dirty et un Mudlark) chez Cliff Bell's pour un peu de «Jazz and blog». Ça rédige bien mieux avec un p'tit drink pis de la bonne musique.

9e arrêt: Une Baudelaire chez Jolly Pumpkin. Je n'avais pas terminé ce billet et je voulais tester la shop. Pas déçu, ça se boit tuseul. Je publie ce long billet et je rentre. Dodo, car demain, j'ai 800km à faire pour me rendre à Charlevoix. Dans le Michigan là. Faut suivre un peu hin.

21/06/2019
à 23h30

21 juin 2019, Detroit
assiégée par les hipsters

Malgré que je me sois couché pas mal tard hier, je me réveille tôt. J'en profite pour aller faire de la course à pied dans les sentiers près des chutes Niagara et faire un petit arrêt photo. Tsé, tu ne peux pas aller à Niagara sans prendre une photo. C'est comme aller en Égypte et ne pas prendre une photo des pyramides. L'avantage de le faire à 6h le matin: il n'y a personne.

Retour à la chambre, je me prépare et retourne à Rutilante. Outs. J'ai une contravention. Si je comprends bien, c'est interdit de laisser un véhicule dans la rue la nuit, car la contravention indique 4:00am. Et si je comprends bien aussi, ce n'est qu'un avertissement, car aucun montant à payer. Coudonc, j'ai vraiment le cul bordé de nouilles depuis le départ.

Je me dirige vers le sud afin de passer près de Buffalo pour ensuite longer d'aussi près que possible le lac Érié. La première partie de la balade est comme un très long boulevard Taschereau. C'est platte en maudit. Mais rendu à Ripley, je suis la route 5 et là, c'est pas mal plus beau. J'aurais dû joindre la 5 bien avant, mais j'avais peur que ça me prenne trop de temps. Je devais tout de même rejoindre Detroit ce soir à 600km de distance. Rendu à la ville d'Érié, je me rends au parc Presqu'ile afin de prendre un égoportrait de Rutilante avec le lac. J'y croise une fille tellement «faitte», ça faisait longtemps que je n'avais pas vu ça. «Nice biiikkeee!!! I wanna ride with you!!!». Euh non. Elle insiste, mais devant mes réponses en français, elle passe à autre chose. C'est pratique en maudit de faire semblant de ne pas comprendre l'anglais! Un autre motocycliste arrive pas loin, en Harley. Il s'approche pendant que je prends des photos. On jase un peu, il a un accent qui me donne de la misère, mais bon, le mien lui en donne aussi alors ça va bien. D'ailleurs, en deux phrases, il me demande si je suis du Québec. Il est déjà venu nous voir pour un Grand Prix de F1. Il me dit qu'il ne connaissait même pas la marque de Rutilante mais qu'elle est belle en maudit. On placote, je lui offre de s'asseoir dessus et de la démarrer. Il joue avec la poignée d'essence, rit comme un enfant en entendant le son et me complimente. Bin du fun.

Je généralise, mais il y a au moins trois façons très facile de socialiser avec les gens: la cigarette, les chiens et la moto. S'agit de demander du feu à une fumeuse pour entamer la conversation avec elle (ça aide si tu as une clope toi itou, sinon, c'est juste bizarre), ou d'aller dans un parc à chiens (là aussi, avec un chien hin, parce que ça le fait pas sinon) et finalement la moto. Tu peux aborder n'importe quelle personne qui a une moto si tu es sur la tienne. Tout le monde va te répondre et jaser.

Je reprends la route et un peu plus tard, je commence à avoir faim. Je n'ai pas déjeuné. Je vois un commerce de crème glacée maison. Pourquoi pas? Je mange trois énormes boules de crème glacée pour diner et je repars. Vive l'été!

Près de Cleveland, c'est encore l'interminable boulevard Taschereau. Mais ensuite, ça s'améliore: Avon, Lorain, Vermillion, Huron, Sandusky et finalement Bay view. Superbe traversée sur une route passant au beau milieu de la baie de Sandusky. Ça valait le détour. Ensuite, une belle balade près de l’Ottawa National Wildlife Refuge avant de juste faire de l'autoroute pour rallier Detroit vers 19h. Plus tôt dans la journée, j'ai remarqué plusieurs personnes en moto, mais sans casques. Donc, rendu à l'autoroute, me suis dit «moi itou!» C'était bien l'fun. Cela dit, faut conduire pour les autres en maudit parce qu'ils sont vraiment mongols dans le coin. Changement de voie sans clignotants, freinage inutile, vitesse bien plus haute que la limite. Alouette. C'est la jungle, sur des autoroutes parfois à cinq voies de large. De toute beauté.

J'arrive à la maison où je loue une chambre pour deux jours. Très bel accueil. Ça va être parfait. J'avais fait un peu de reconnaissance avant d'arriver et j'avais spotté une pizzeria qui me semblait amusante, Pie-Sci. Je ne me suis pas trompé. Belle place de hipsters avec du beau monde qui vient commander pour emporter. Juste à côté, il y a un pub, le Woodridge Pub. Je m'y installe pour une pinte (ou quatre... wouain...) afin de rédiger ce billet. Job done! Allons au dodo!

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Compté: en fait, arrêté de, après plus de 200 drapeaux américains croisés sur ma route. Je me suis tanné du jeu.

Fait: 624km pour ma deuxième journée. Pas pire.

 

20/06/2019
à 23h19

20 juin 2019, Niagara Falls,
NY, chutes appartenant aux lève-tôt

Hier soir, j'ai finalisé tous les préparatifs pour une petite balade que je planifie depuis la fin de l'hiver (certains diront qu'elle n'est pas terminée, whatever). Ce matin, j'étais donc prêt tôt pour le départ. À 6h, j'étais sur Rutilante. Direction Niagara Falls, état de New York. On annonce de la flotte rendu du côté des États-Unis, mais par la suite, du temps plus agréable alors partons.

La route jusqu'à la douane se fait bien. Le douanier américain me rappelle que je vais frapper une bonne flotte dans quelques heures. Je le savais déjà un tit peu mais merci quand même.

Bonne flotte en effet. Il pleut sans arrêt de 10h à 16h. Juste un peu après l'arrêt de la pluie, je roule plus vite que les voitures, car je suis tanné de me faire arroser par elles. Quand on suit une auto, forcément on reçoit une partie de l'eau qu'elle soulève. Mieux vaut être avant. Quand je dépasse, je prépare la manoeuvre et rendu au bon moment, j'accélère bien comme il faut et ça monte vite en moto. Mon but est de passer rapidement la voiture. De un, aucun médecin ne recommande de rester dans le sens contraire trop longtemps. De deux, quand il mouille, allez savoir pourquoi, il y a encore certaines voitures qui n'ont pas leurs phares allumés. On les voit un tit peu à la dernière minute. Là aussi, mon médecin ne recommande pas. Sauf qu'une des voitures que j'ai passé est en fait une voiture de police (ou un genre de SUV, camion, je ne sais pas trop, m'en sacre de savoir c'est quoi comme bagnole). Leurs véhicules ne portent aucune mention «police» à l'arrière. Brillant... Outsss. Je dois bien l'avoir passé à 130km dans une zone de 90km. Évidemment, je n'avais même pas terminé de le passer qu'il allumait les cerises. Bin kin. Je me dis, fuck it, qu'il me rattrape l'esti. Je clanche!

Bin non, viarge, j'ai pas fait ça. Me suis tassé pis j'ai donné mes papiers. Après une tite jasette, le policier a décidé de me laisser partir, tout en me faisant promettre de ne pas dépasser 88km (55 miles). Je promets et repars. Il me suit et me suivra pour le plus long 40km de ma vie. Un peu plus et je pensais qu'il venait me reconduite à Niagara Falls. Hé, quand je l'ai vu finalement tourner, j'ai pu remonter à 120km drette là. Bin non, ça aussi, c'est pas vrai. 100km. Ça, c'est vrai. :-)

La campagne américaine est vraiment similaire à la campagne québécoise: délabrée et pauvre. C'est fou le nombre de maisons à l'abandon ou dans un état apocalyptique. Idem pour les routes. Je ne suis pas venu si souvent aux États, mais chaque fois, je vois un peu la même chose qu'au Québec: des routes belles ou ok, des routes un peu cahoteuses et finalement, des routes en très mauvais état. Comme quoi, quand on se compare hin.

L'arrivée à Niagara Falls m'impressionne. Très belle ville, très similaire à Sainte-Foy à Québec. Bien jolie. Puis, tranquillement, ça se dégrade pas mal. Rendu à l'endroit où je passe la nuit, c'est pas mal le ghetto. Ça ne serait peut-être pas une bonne idée de sortir dans la nuit. Plusieurs maisons abandonnées / barricadées dans les rues. Je voulais me stationner sur une petite rue près de ma chambre. Je me stationne devant une maison à l'instant où une dame sort ses poubelles. Elle arrive à ma hauteur et me demande «Is everything all right sir?» Je dis oui, que je veux juste me stationner là pour la nuit. «If I were you, I wouldn't leave a bike like yours on this street for the night.» Ookkkk. Je la remercie et je me stationne sur une plus grande artère. Je n'ai jamais pensé à vérifier ça avant de trouver une chambre. Je suis plus ou moins dans un Bronx. Ça m'apprendra à choisir la chambre la moins chère.

Je dépose mes choses dans ma chambre et je sors marcher afin de me trouver un endroit pour souper. Je passe devant un resto indien. Je regarde à l'intérieur; 2 tables avec des gens d'origine indienne et juste le temps de regarder un peu le menu, une 3e famille indienne entre. Tsé, quand les locaux de la même origine y vont, c'est que ça doit être bon. Le serveur me demande «mild or spicy», naïvement, je dis «Spicy is good». Oh boy. C'est là que je réalise que le spicy à Montréal, c'est pas spicy pantoute. J'ai la bouche en feu et je vais le regretter quelque part dans la journée demain, j'en suis pas mal certain.

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Compté: dès mon passage des douanes, je me suis mis à compter les drapeaux américains sur mon chemin. Un fantastique 86 drapeaux. Malade!

Fait: 686km pour ma première journée. Pas mal.

09/06/2019
à 22h40

Traité méthodique de soupe froide pour une chaude soirée d’été ou
comment faire soupirer de bonheur une convive avec de la vichyssoise.

Je pense que ça doit bien faire cinq ans que j'ai fait de la vichyssoise. Et les dernières fois, je me souviens avoir été un brin paresseux en utilisant du bouillon de poulet plutôt qu'un bouillon de jambon. Mon souvenir de cette version est une soupe amusante, oui, bien sûr, mais un peu trop tranquille et sans personnalité. Cette semaine, je me suis fait un bouillon de jambon et le résultat est hautement plus jouissif quand on utilise cette base. Pour moi, dorénavant, c'est maintenant comme les radios-poubelles de Québec, c'est jambon ou rien.

Il y avait de la belle visite à la maison hier soir. Ladite visite a demandé la recette, donc la voici. Chose promise, chose due. Cette recette me vient de mon père. Il en a fait pendant des années au restaurant à Rigaud. Je dois bien avoir plus souvent qu’à mon tour contribué à vider ses stocks d'ailleurs. Je préparais la commande lorsque je faisais le service (prendre la soupe dans un récipient en plastique, prendre un bol propre, mettre la soupe dedans, ajouter une pincée de ciboulette hachée, un tourniquet de poivre du moulin, Hé! Je pense que c'est à ma portée ça!), je m'en versais tout le temps un extra dans une tasse, j'y mettais une tonne de ciboulette, une bonne dose de poivre et je me l’enfilais derrière le nœud papillon. Que c'était bon.

Pour moi, c'est la plus belle des soupes froides. Il y a bien la gaspacho qui rafraîchit, mais je la trouve un brin acide. C'est bon, on s'entend. Sinon, la soupe froide d'avocat est l'fun, mais je trouve ça un peu fade. Il faut la pimper avec du sel pour lui donner du kick.

Avec la vichyssoise pis du jambon, pas besoin de kick. «Meusieu porc» s'en occupe.

Bon, oui, oui, va y avoir une recette quelque part dans ce billet. Promis. On y va.

 

Phase préliminaire

Ingrédients:

  • 1 gros jambon «picnic» (mettons 1 kg, 1,5kg)
  • 1 épaule de porc avec os de 2 kg
  • Mirepoix
  • Herbes de Provence
  • Poivre

Préparation:
Tout d’abord, il faut préparer la mirepoix. J’ai pris 2 livres de carottes, un pied de céleri, 2 livres d’onions et un gros poireau. Tu coupes les légumes en gros morceaux, tu laves tout ça dans le lavabo rempli d’eau froide. Pas besoin de peler les onions et les carottes; t’as juste une vie à vivre, ne perds pas ton temps. Tu mets tout dans un chaudron. Tu ajoutes le jambon picnic et l’épaule. Pourquoi les deux? Mon père dirait «Si on te le demande, dis que tu le sais pas!» Je te le dis en secret donc: Le picnic est tellement salé que tu ne peux pas juste utiliser ça comme viande. C’est du sodium au centimètre carré, je te le jure. Je prends donc aussi une épaule bien normale. Tu pourrais aussi mettre seulement de l’épaule sans prendre de picnic, mais justement, le picnic vient donner un très bon goût à la base. Si jamais tu y vas en mode avec pas de picnic, ajoute du sel quelque part dans le processus pour compenser.

Ajoute les herbes et le poivre, remplis le chaudron d’eau froide afin de bien couvrir le solide au moins 10cm au-dessus. Allume le rond (parce que sinon, bin, euh, ça risque d’être pas mal «eternal slow comfort food» ton affaire). Quand l’eau est presque à ébullition, baisse le feu à moyen. Tu ne veux pas que ça bouille, tu veux juste que ça cuise doucement. Quand je le fais, je le débute en début de soirée et je le laisse mijoter toute la nuit. L’odeur dans la cuisine quand tu te lèves le matin, je te dis pas.

Passe le bouillon au tamis, mets les légumes dans le compost et garde la viande. Ça ve te faire un porc effiloché de feu pour les poutines de l’été ou pour les brunchs avec la belle visite ou les amis. Ou tuseule aussi en lisant La Presse en swipant chaque article à gauche because le manque d’intérêt (surtout les chroniques plattes de Lagacé ou Gagnon. Ohhh. Pu capable. Bordel que leur style est ennuyant. Amenez-moi Rose-Aimée, Manal, David Desjardins, je ne sais pas. Oh well, je m’égare). Dégraisse ton bouillon ou prévois un 5km le lendemain du repas (prévois un 5km de toute façon, il y a une tonne de crème là-dedans, ne mets pas tout ça dans tes foufounes, ça ne vaut pas la peine, elles sont parfaites comme elles sont en ce moment).

T’es prêt pour la phase deux. On enchaine ou sinon, on couche icitte à souaire.

 

Phase de plateau

Ingrédients:

  • Filet d’huile
  • 1 gros onion
  • 2 ou 3 poireaux, lavés et coupés en morceaux
  • 2 ou 3 pommes de terre à chair jaune (ça, c'est de le Yukon Gold, par exemple), pelées et coupées en cubes poivre blanc, laurier, romarin et thym moulus
  • Ton bouillon préparé en phase un (Tu me suis toujours hin?)

Préparation:
Coupe ton onion, verse un filet de ton huile préférée (Mais pas ton huile à la truffe, ça le fait pas, ne gaspille pas ça) dans le chaudron. Ajoute les morceaux de poireaux et les cubes de pommes de terre, les épices et fait suer le tout. Mouille avec ton bouillon, mettons, 5cm au-dessus du solide. Fais réduire tranquillement le tout pendant une bonne heure. Tu veux que le poireau se défasse vraiment bien. Passe tout ça dans un robot culinaire, un thermomix (la meilleure option) ou un malaxeur. Tu veux une texture lisse. Un poireau, c’est fibreux. Tu ne veux pas la fibre, car ce n’est pas sexy entre les dents ensuite quand tu mangeras la soupe. Fais attention aux détails. Si jamais c’est trop liquide, repars le feu, mets le liquide dans le chaudron et fais réduire. Il faut que ta soupe soit quand même de consistance obtuse. Pas autant que Lise Ravary ou MBC, mais pas loin.

Mets le tout au frigo. Le grô d’la’job est faitte.

 

Phase pour le climax

Ingrédients:

  • 500 ml de crème 35%
  • Ciboulette ciselée aussi finement que possible
  • Fleurs comestibles provenant de ton jardin
  • Poivre au moulin

Préparation:
Le grand jour est arrivé. Ta soupe est presque prête à faire chavirer ton invitée. Verse environ une louche par personne de ta base dans un cul de poule. Ajoute environ la même quantité en crème 35%. Mélange au fouet. Si jamais c’est encore trop dense, ajoute de la crème. Au final, ta soupe froide doit avoir la même consistance qu’un potage chaud. Pas trop liquide, juste assez pour que la soupe soit encore un peu sirupeuse. Prépare autant de bols que tu as de convives. Tu suis toujours hin? Laisse tomber une bonne pincée de ciboulette, tourne le moulin de poivre en quelques va-et-vient réguliers, dépose quelques fleurs comestibles pour la déco. Et Hop! Job done! Tu vas voir, c'est doux, c'est frais, c'est onctueux. Chaque bouchée est comme un beau baiser.

Si tu veux une présentation alternative, mettons, que toi, ton genre, c'est mettre de la crème fouettée partout, tu peux aussi monter la 35% au batteur et la mettre par-dessus ta base de soupe. Si tu fais ça, tu voudras tester avant et peut-être délayer un peu ta base avec de la crème 15%. Par défaut, ta base devrait être trop épaisse pour que ça fonctionne, mais ça dépend. Fais des tests et amuse-toi. Pour la déco de la crème fouettée, fait comme une île flottante, tu vois? Ça sera joli. Ta convive pourra l'étaler partout où elle voudra bien l'étaler. Ça rend la soupe douce et bien onctueuse pis c'est très l'fun aussi.

As-tu remarqué que je n’ai jamais mis de sel nulle part? Magie! C’est le sodium de ton picnic qui fera tout le travail. Tu vas voir, ça va bien aller et ça sera vraiment bon.

Et une fois le bol de soupe vide et bien léché, c'est toujours un peu comme une petite mort. Heureusement, il en reste alors on peut toujours recommencer.

14/05/2019
à 20h39

14 mai 2019, Montréal
saluant ses coureuses

Que se passe-t-il donc? Je ne cours pas depuis des décennies; j’ai débuté la course à pied voici un peu plus d’un an à peine. Mais depuis quelques semaines, je remarque un geste que je n’ai jamais vu avant: le salut du coureur. A-t-il toujours été effectué par les coureurs? Peut-être n’ai-je pas porté attention?

Je connais bien ce geste fait depuis une éternité par les motocyclistes. On se salue pour se dire «sois prudent, amuse-toi. Checke les belles grandes courbes là-bas, prends-les vite, couche ta moto, elle va s’y laisser faire en roucoulant (Si si, on a le temps de se dire tout ça dans un seul geste)». La plupart des motards le font. Certains sont subtils ou paresseux en levant un ou deux doigts sans lâcher la poignée. Mais la majorité fait un geste complet et joyeux. Quand tu allonges complètement le bras en fermant tous les doigts sauf l’index et le majeur, que tu tiens la pose pendant plusieurs secondes, c’est généreux. C’est galant. À chaque fois que je croise un motard qui le fait grassement (pour ne pas dire gracieusement), je me dis que j’irais prendre un verre n’importe quand avec lui. Les histoires rigolotes qu’il pourrait me raconter, je dis pas. Enfin.

Donc, là, l’équivalent entre coureurs? On se dit quoi au juste? «Surveille ta respiration, reste droit, ne pousse pas trop, as-tu essayé l’app de Nike? Malade.»? Est-ce nouveau ou si tout le monde a toujours fait ça? Ça fait des années que je me promène sur la montagne, dans le parc Maisonneuve ou dans les cheveux des femmes (désolé, j’avais une envie pressante d’un zeugme et je n’ai rien trouvé de mieux). Je n’ai jamais été témoin du geste entre deux coureurs. Il est fort probable que ça m’ait toujours échappé. On s’entend.

Cette année, j’ai recommencé à courir à la mi-avril. Je sors 3 fois semaine. Depuis, je dirais que je croise régulièrement une personne par sortie qui me salue. Au début, je pensais avoir halluciné, mais maintenant, je suis formel: les coureurs se saluent entre eux. Sur 10 personnes croisées, je dirais que 8 sont des femmes. Alors, ce sont souvent des femmes qui me saluent. Au début, je me disais «Dieu, yé, je pogne, c’est le printemps, mes phéromones ont terminé leur hibernation, les jolies filles y réagissent, c’est enivrant tout ça, attends, t’a rien vu beauté, je sors du temps des sucres là, j’ai bouffé du lard comme un cochon, j’ai bu de la bière sans bon sens faque là, y’a un 6-8 kilos de trop, ça va partir, je suis justement en train d’y travailler en ce moment même». Puis, la semaine dernière, un homme me fait le signe. Zut. Finalement ça ne serait pas un signe «salut mignon, tu cours souvent ici?» Quoique, bon, le mec, il n’est peut-être pas comme moi, c’est-à-dire un paladin de l’ordre hétérosexuel. Il est peut-être chevalier de la rosette, allez savoir ou lui demander, car moi, la ligue pour laquelle il joue ne me regarde pas.

Et là où je veux en venir, c’est qu’hier matin, une femme m’a fait le signe en me dépassant. Si si. Attends là. On ne s’est pas croisé. Elle m’a passé! Car bien que je puisse encore être un chaud lièvre lorsque l’occasion me fait larron, à la course, je suis une tortue (et tout le monde se rappelle la fable, n’est-ce pas?). Alors, tout de suite après être passée devant moi, elle a sorti généreusement le bras droit en le gardant bas, sous la ceinture, et fait le signe de la victoire une bonne seconde complète. Pareil comme on le ferait en moto.

Je ne sais pas quoi en penser. Est-ce un retour d'une certaine forme de civisme, de galanterie? Ça serait bienvenue. Pour le moment, je sais seulement qu’à Verdun, sur le bord du fleuve très tôt à l’heure dorée, la vue sur ce magnifique arrière-pays s’éloignant tranquillement de moi fût parmi les plus beaux paysages vallonneux qu’il m’aurait été donné à voir.

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