Je suis Alex Lauzon

25/06/2019
à 19h28

25 juin 2019, Chicago comme
un lendemain de fête nationale.

J'ai mal dormi. Je loue une chambre en espace partagée et le gars dans la chambre voisine a fait jouer de la musique presque toute la nuit. Nous sommes plusieurs à lui avoir dit gentiment et il nous a tous envoyé promener. Bon. Dommage que je ne sois pas milliardaire. Je lui achèterais une île déserte pour lui tuseul.

Je n'aime pas Chicago en ce moment et j'ai un peu hâte de partir. Je songe même partir tout de suite et tant pis. L'arrivée hier n'a pas été agréable, il y a du trafic partout. Tout le monde klaxonne tout le temps, comme à New York. Ça m'énerve. J'ai un peu mal à la tête comme si j'avais pris une brosse alors que ce n'est pas du tout le cas. Je décide d'au moins aller voir la «bine» en faisant un peu de course à pied le long du lac Michigan. J'ai fouiné un peu sur Google Street Maps et le coin semble très joli. Je ne serai pas déçu, mais s'y rendre m'aura donné du fil à retordre. D’un, à pied, c'est 45 minutes et ce qui semble de nombreux détours. On dirait que le parc le long du lac est enclavé derrière un mur de routes immenses et d'autoroutes. Je me dis donc que je vais y aller en moto. L'avantage ici aussi sera que je peux rouler léger. Je pars donc en tenue de joggeur, avec pas de cass. Il est 7h00 et déjà, il y a un trafic incroyable dans ce coin-là. Ça me prend une éternité, les gens se coupent, klaxonnent, les pires maudits mongols que j'ai jamais vu. Je finis par me trouver une place pour garer Rutilante sur la rue... Beaubien. Hep.

Je cours sans suivre de plan, je tourne un peu n'importe où, passe devant une superbe et immense fontaine (Buckingham), je prends des photos de la bine (Cloud gate). Je cours le long du lac Michigan. C'est superbe. Au moins, ça valait la peine de faire l'effort de me rendre. Je retourne à la chambre, me douche et décide de donner une chance à la ville. Je quitte pour quelques missions de la journée:

1° Aller déjeuner au Longman & Eagle. Très bel endroit. En plein mon genre de place. Je suis content d'être passé. Je mange un œuf bénédictine avec des pommes de terre maison. Wow. Les patates! C'est de la magie. C'est tellement bon. Le restaurant est vide. Hon. La cuisine est une aire ouverte alors je ne me gêne pas: je vais voir le cuisinier et je lui demande de me montrer comment il les fait. C'est extrêmement simple. Il fait bouillir des grelots, avec la pelure, dans un bouillon avec des épices, des herbes et du sel. Ensuite, il brise les grelots en gros morceaux et il les fait frire à haute température, presque comme des frites en fait. C'est aussi simple que ça. L'huile doit être très chaude (190°c - 200°c) et il faut faire une portion à la fois. Sinon, la température descend trop et ça fonctionne moins bien. Il faut sortir les grelots juste avant qu'ils ne brûlent, donc, davantage que pour les frites qui sont prêtes aussitôt qu'elles deviennent un peu brunes. Dieu que c'est bon avec une mayo maison. Je pique l'idée, Je suis certain que ça doit faire une poutine écœurante!

2° Trouver des lumières «front side» pour Rutilante. Je passe d'abord chez Motoworks. Les gens sont très gentils, mais ils n'ont pas les pièces en stock et impossible de commander ça en quelques heures. La commis me donne deux autres endroits à essayer. Je les appelle tous les deux mais sans succès. Bon, on va y aller avec la lumière principale pour au moins jusqu'à Toronto car il n'y a aucun concessionnaire Triumph sur mon chemin entre Chicago et Toronto.

3° La deuxième mission est plus simple: je dois juste laver mon linge. Particulièrement mon linge de course. Je me suis apporté juste un chandail pour ça, car je ne croyais sortir si souvent. Là, ce matin, je sentais pas mal la charogne. Note à moi-même, prendre plus de chandails de course la prochaine fois. Je lave mon linge et après tant de labeur, je me dirige vers Au Cheval pour un old fashioned moyen et un sandwich au bologne maison, disons, moyen - bon.

Je passe un peu de temps dans un pub pas loin du Au Cheval. Je profite des pintes locales tout en regardant la coupe du monde de soccer féminin. Je quitte en fin de journée afin d'aller voir chez The Girl and the Goat pour voir si je peux prendre une place au bar afin de profiter de leur expertise.

Le Girl and the Goat mérite bien sa réputation. Quel beau restaurant. Les plats sont servis sous forme de tapas, formule que j'adore. Surtout quand on est deux à table. Mais là, je sais, je suis loser et seul, pas grave, je vais en prendre cinq quand même.

Bin non, je prends trois plats: Des langues de canard, des brocolis grillés cuits au feu de bois et un cou de chèvre braisé.

Les trois sont absolument fantastiques. Je n'ai pas fait le tour de l'offre à Chicago, mais ce restaurant mérite sa réputation. Il y a eu un seul accroc pour mon repas. C'est léger, ça arrive. On m'a d'abord servi les langues comme si c'était une entrée puis à peine 2 minutes ensuite, le brocoli. Mais par la suite, je dois bien avoir attendu un bon 20 minutes avant de recevoir le cou. Il y a clairement eu un problème en cuisine. Le serveur m'a offert un verre en attendant, mais je buvais déjà un verre de rouge et Rutilante ne connait pas le chemin du retour. Alors j'ai dit merci, mais non merci. Tout était vraiment très bon. Je verrais ce restaurant n'importe quand à Montréal. Il se retrouverait à l'instant parmi le top 10. J't'l'recommande.

En revenant, j'ai joué à un jeu que j'adore: Ça fait maintenant environ 24 heures que je suis à Chicago alors je vais tenter de retourner à ma chambre sans GPS. J'adore ce sentiment lorsqu'on découvre une ville. C'est un peu angoissant et ça prend toujours un certain temps avant de trouver ses repères. Mais quand on les trouve, quel beau sentiment! Je me suis promené amplement sous les structures du train du CTA. Chicago est traversée par des rails de train élevés et les véhicules peuvent se promener sous la structure. Ce n'est pas pareil bien sûr, mais on le sent très bien dans le jeu Watch Dogs d'Ubisoft. En fait, je trouve ça très amusant de me surprendre à plus ou moins reconnaitre des endroits en me promenant. C'est une impression trompeuse, bien sûr, mais c'est aussi un peu troublant comment les jeux d'Ubisoft sont réalistes. En principe, j'aurais dû prendre environ 30 minutes me rendre à la chambre, là, j'ai mis un peu plus de 60 minutes. Pas mal. Mais j'ai vraiment fini par retrouver mon chemin. Bin cool.

Dodo tôt. J'aime un peu plus Chicago, oui, j'y reviendrais, mais demain, je veux tout de même partir tôt afin de rallier Naubinway le plus tôt possible. C'est une bonne balade.

24/06/2019
à 22h10

24 juin 2019, Chicago
telle une fête nationale

Anecdote de voyage: en quittant Montréal, j'ai bien vu que les trois lumières frontales de Rutilante fonctionnent. J'ai pris une photo à Cape Vincent et on voit qu'elles sont toutes allumées. En arrivant à Niagara Falls, en collant une voiture à la lumière rouge, j'ai remarqué que je ne semblais plus avoir de lumière du côté droit. Ma petite lumière droite a dû bruler quelque part en chemin. Bof, pas grave. Y'en reste deux autres que je me dis. Sauf qu'en démarrant la moto ce matin, je vois bien que je n'ai plus que ma lumière principale qui soit allumée. Je ferme et ouvre l'interrupteur des lumières de côté, rien à faire. Les deux sont brulées. Bon. Une fois arrivé à Chicago, je verrai si je peux trouver un concessionnaire Triumph afin de voir si je peux en faire installer de nouvelles.

Je pars de Charlevoix tôt le matin. Rutilante a laissé un genre de «Rutilante was here» dans le stationnement du motel, le pied doit bien avoir enfoncé de plusieurs centimètres dans l'asphalte. Bin coudonc, je me demande bien ce qui se passe quand une moto s'y stationne en pleine canicule. Il fait à peine 13°C.

Je frappe une petite pluie mais rien de grave. Je roule plusieurs heures avant de m'arrêter chez Lefty's diner pour un déjeuner. Le café est infect. C'est terrible. Je suis certain que leur fournisseur est Tim Horton's. Je niaise, c'est encore plus mauvais que le café chez Tim. C'est dire.

Avant de partir, je regarde le radar météo et je vois que je vais rencontrer une belle bordée de pluie lorsque je serai prêt de la ville de Saint-Joseph. Sauf que ça passera rapidement, plus ou moins 1h30 avant que le soleil revienne. Je fouille un peu pour un endroit où je pourrais prendre une pause et au miracle, il y a une microbrasserie, Silver Harbor en plein à Saint-Joseph. Je repars en tournant un peu plus la poignée, avec un peu de chance, j'y serai avant l'orage.

Finalement, nope, pas vraiment, j'ai frappé la pluie bien comme il faut 6km avant la brasserie. Tant pis, j'ai continué quand même en roulant tranquillement. J'ai croisé quelques voitures arrêtées sur l'accotement. Les conducteurs devaient me trouver un peu fou, mais bon, en roulant à une vitesse raisonnable, c'est pas si pire. J'arrive à la microbrasserie, je prends une brune et une IPA servie dans une cloche hermétique dans laquelle ils injectent de la fumée. Ça donne un véritable goût de boucane à la bière, un peu comme ce que fait Tête d'allumette à la différence qu'eux font la bière sur un feu de bois dès le départ. La fumée apporte une touche bien amusante à la bière. Dehors, la pluie a cessé. Je repars.

L'arrivée en banlieue de Chicago se passe un peu mal. De un, la vue est plutôt apocalyptique avec des industries et des raffineries à perdre de vue et presque pas de véhicules. Je me sentais comme dans Mad Max. Ensuite, je pensais avoir précisé à mon app qui me sert de GPS de ne pas me faire passer par des postes de péages mais je vois à la dernière minute que je dois en passer. Je n'ai pas d'argent US sur moi. Nous sommes en 2019 et je refuse d'avoir à payer autrement qu'avec ma carte de crédit. Je passe à une ligne avec crédit justement, la carte passe, la barrière lève, hourra. Je continue et oh surprise, un deuxième poste de péage. Cette fois-ci, la carte n'est pas acceptée. Yé. Évidemment, il y a du monde derrière... Fuck it, je suis tanné. Ça me fout en maudit de voir que l'une des plus grandes puissances mondiales ait tant de difficulté à être compatible avec les cartes de crédits des autres pays. C'est la même chose quand je fais le plein. Ma carte ne passe jamais à la pompe (sauf dans l'état de NY, ça a fonctionné). Donc, pour le péage, j'imagine que je suis maintenant sur la liste des dix criminels les plus recherchés par le FBI, car j'ai un peu reculé puis je suis passé sur le côté sans payer. Au diable viarge!

L'entrée à Chicago ne se passe pas bien non plus. Je trouve que ça pue, que les routes sont compliquées à utiliser, je me perds deux fois malgré les indications du GPS. J'arrive finalement à ma chambre, dans le Chinatown. Enfin!

Ce soir, je fais facile pour le souper: un classique depuis 1956: Gene and Jude's. Le hot-dog double saucisses est plutôt rigolo et bon même si ici aussi, la saucisse est un peu coriace. Moins que Lafayette et American Coney Island, mais tout de même. Plus qu'une bonne vieille Hygrade.

Revenir de Gene and Jude's par l'autoroute 290 au coucher du soleil offre une vue spectaculaire sur le centre-ville et sur d'immenses nuages d'un blanc immaculé en arrière-plan. Ça doit être le lac Michigan qui permet la formation de nuages aussi gros et aussi bas en altitude. Je ne me souviens pas avoir vu de tels nuages à Montréal. En tout cas, c'est bin beau et ça me réconcilie un peu avec Chicago. Pour le moment.

Je retourne à la chambre pour un p'tit dodo bien mérité.

22/06/2019
à 21h50

22 juin 2019, Detroit avec au coin gauche
American Coney Island et Lafayette au coin droit

Hier soir, je suis revenu à la maison à pied un peu tard; la nuit était bien tombée. Je me suis mis à m'inquiéter un peu quand j'ai vu à quel point les rues étaient vides de piétons. Il n'y avait personne et presque pas de circulation non plus, une auto ou un bus à l'occasion. J'ai un peu pogné la chienne. Probablement pour rien, mais ce qui m'a eu sur le moment est le silence. Pas une âme qui vive, ça te fout la trousse. Avec certaines maisons en ruine, ça fait film d'horreur ou de suspense en mautadit. Mais bon, finalement, aucune attaque de vampire, de zombies ou de panique. Je me suis bel et bien rendu à la maison sain et sauf. Sans même aucun risque en fait. Juste mon imagination qui me joue des tours.

Ce matin, je démarre ça avec un tour de l'île près de Detroit, Belle Isle. Je m'habille donc avec un t-shirt, des shorts et mes espadrilles. J'enfourche Rutilante et on part comme ça, avec pas'd'cass. J'ai croisé une mammy qui s'est ramassé le dentier par terre en me voyant. Ça va, ça lui fera quelque chose à raconter après sa pratique de chorale demain.

Je me stationne près du pont pour Belle Isle, car j'ai lu que je devais payer pour l'accès en véhicule. Je traverse à pied et je me mets à courir tout le tour de l'île. ±9km, ça se fait bien. La température est parfaite. Je fais le tour et je ne vois nulle part de guérite ou d'endroit où j'aurais dû payer mon accès en moto. Oh well. Ça me fait prendre une plus grande marche. Je reviens à la maison, me douche et repars pour la journée. À la genèse de l'horaire, il y a: Brunch au Red Dunn Kitchen. Belle assiette de Bénédictines, mais le décor est trop propre pour moi. C'est le restaurant d'un hôtel chic et c'est un peu bling-bling.

2e arrêt: Third Man Records, la maison de pressage de vinyles de Jack White. Rutilante voulait un autographe, mais Jack ne travaille pas les samedis. Rien de spécial à dire. C'est un magasin de disques (la musique à l'intérieur était bien bonne: Woods - Live at Third Man Records. Je sors et je spotte un commerce qui va me plaire aussi: Jolly Pumpkin, une microbrasserie. Je reviendrai plus tard dans la journée.

3e arrêt: La bibliothèque municipale de Detroit. Très bel immeuble autant de l'extérieur que de l'intérieur. Je vais le tour et je m'installe pour lire un roman quelques instants. C'est tranquille, ça sent le rat de bibliothèque. J'aime.

4e arrêt: Eastern Market. Pour une fois, c'est moi qui fais le touriste dans un marché public. Je vais en profiter bien comme il faut: je m'arrête en plein milieu de l'allée pour regarder dans le vide en forçant les gens derrière moi à me contourner. Je prends des photos de tout en m'assurant, encore, d'être bien dans le chemin des gens qui font leur marché. Je pose plein de questions aux marchands, mais je n'achète absolument rien. La vengeance est douce au cœur du citoyen. Cela dit, beau marché, très belle ambiance. Un vieux noir, barbe blanche drue et très courte, joue «I feel good» comme un diable. Il «naile» ses riffs comme un champion. Je m'arrête pour l'écouter. Il part «The trill is gone». Wow. Il chante et joue comme un dieu. Je repense à une ancienne flamme devenue coloc avec le temps. Cette chanson résume bien notre inutilement longue histoire. À la fin de celle-ci, me voyant toujours planté là, il me dit «Will you stay there all day, son? What song are you waitin' for?» Hé. Aucune idée, toi. Je dis «Euuhhh. Don't know... Satisfaction». C'est le premier riff qui m'est venu en tête. C'était ça ou je demandais du Vivaldi. Bin quoi? Il rit et dit «So you wanna'me to play a song from the white men who played black music and got fuckin' rich with it, right? Ok. Why not.» Wouain. Je n’ai vraiment pas eu le temps de penser à ça. Et il me joue le meilleur «Satisfaction» que j'ai jamais entendu. Sa voix est vraiment incroyable. Je ne connais rien en musique; je ne sais pas comment il a configuré son ampli, mais le son est vraiment intense. Une femme danse à côté, beau moment. Vive les hasards et les rencontres. Il sourit et s'amuse, je le vois bien. Je n'ai pas d'argent américain sur moi, juste 30$CAD. À la fin de la chanson, on applaudit et je m'approche de lui: «I'm very sorry for this but I don't have US money on me. So here's 20$CAD. And here's another 10$CAD to repay you for having to go to the bank and change it. You should have something like 15$US dollar at the end and finally get some satisfaction.» Il rit franchement, on se sert la main, on se dit de prendre soin de soi et je quitte le marché. Dire que j'ai hésité à passer ici tantôt... Je vais me souvenir longtemps de ce monsieur. Et aussi que je suis parfois vraiment trop dans le moment. J'aurais dû le filmer! Quelle prestation! Mais ce n'est pas du tout un réflexe pour moi. Ça restera un souvenir.

5e arrêt: le marché m'a donné faim. Je me dirige vers American Coney Island afin de goûter leur fameux hot-dog chili. Évidemment, je dois aussi goûter à celui de leur compétiteur de toujours, le Lafayette, commerce tout juste à côté. Verdict? La saucisse du American Coney Island est trop dure à mon avis, il faut vraiment croquer dedans pour prendre une bouchée. C'est l'fun avec les dents, mais pas trop tout de même. Je dis ça, je ne dis rien hin. Et les onions crus sont coupés trop gros. C'est si bon quand c'est coupé finement pour un hot-dog. Et pour finir, le plancher du Coney est collant. J'ai un souvenir du Cinéma l'Amour qui me revient en tête. Celui de Lafayette a la saucisse trop tenace aussi, mais la sauce chili est plus relevée et les onions sont plus petits. J'aime aussi comment ça fonctionne chez Lafayette, depuis la table, le serveur crie les commandes à la cuisine en aire ouverte. Mon genre d'endroit. L'ambiance est beaucoup plus cantine que deli comme chez Coney.

Verdict: Lafayette 2, American Coney Island 1.

Je me promène dans les quartiers de la ville en moto, juste pour faire le tour un peu et me perdre. J'adore ce sentiment d'angoisse légère quand je découvre une ville ou une région. Je n'ai pas de repères et tout m'interpelle. Je me promène à l'aveugle et tranquillement, je finis par tisser des liens et trouver des balises ou des références. Un nom de rue, un commerce, un immeuble. J'adore vivre cette exploration. C'est grisant. Les maisons de Detroit sont superbes et immenses. Sur l'avenue Trumbull, c'est particulièrement frappant. Quelle belle architecture. Le centre-ville aussi est superbe. Je ne sais pas si tout le monde est parti à la plage ou au chalet, mais il n'y a pas beaucoup de véhicules dans les rues. Aucun trafic nulle part. Pour la ville américaine du char, il y a quelque chose d'ironique. Les gens sont à pied, en vélo, en bus et en tramway. On est samedi, je sais bien, mais il me semble que c'était comme ça hier quand je suis arrivé en fin d'après-midi. Je ne suis pas spécialiste du dossier, mais le crash économique de Detroit semble avoir vidé la ville. Ça parait dans le quartier où je suis, Woodbridge. Je dirais qu'une maison sur trois est abandonnée. La plupart sont superbes et victoriennes (enfin, pour ce que j'en connais...). Être américain avec de l'argent et du talent en rénovation, je m'en prendrais une pour la retaper, la vendre et ensuite en prendre une autre à retaper. Quel beau métier ça ferait.

En me promenant, je repense au débat à propos de la piste cyclable sur De Verdun à Montréal. Je pense qu'il faut sortir de notre ville et se promener un peu pour voir ce qui ce fait ailleurs. Je pourrais me tromper, j'ai passé une seule journée à Detroit, mais pour moi, clairement, la mairie a choisi les transports collectifs et actifs. Il y a des pistes cyclables partout, les gens sont à pied, les commerces sont petits, locaux et authentiques. Il n'y a pas tellement de stationnement sur les rues, mais les trottoirs grouillent de monde. Forcément, lorsqu'on densifie une zone et qu'on rend disponible une offre locale de qualité, les gens embarquent.

6e arrêt: Great Lakes coffee pour un «50/50». C'est 50% de bière blonde et 50% de café infusé à froid. Ça donne un peu comme un mélange de Cream ale et de Stout. Je trouve ça un peu fade. C'est comme si on avait allongé mon café avec de l'eau. Mais bon, ce n’est pas mauvais non plus. C'est peut-être juste moi qui ne suis pas encore arrivé à la 3e vague de café.

7e arrêt: Souper chez Selden Standard. Un restaurant qui travaille avec les producteurs agricoles locaux. Comment être contre? Très bel endroit. La terrasse est magnifique. Je débute avec un Negroni qui m'ouvre l'appétit vers des asperges grillées en entrée (cuisson parfaite, mayo pimpée à la fleur d'ail et poivre. C'est goûteux) et une brochette au surlonge de bœuf avec sauce chimichurri, humus aux carottes et jalapeno, olives noires, feuilles de menthe et navets blancs. C'est parfait. La menthe balance le piquant de l’humus. J'adore. En passant, suis-je le seul qui se fait tout le temps demander si tout est ok alors que je viens tout juste de me foutre une bouchée dans la bouche? Ça arrive à tout le monde ça?

8e arrêt: Cocktails (un Detroit Dirty et un Mudlark) chez Cliff Bell's pour un peu de «Jazz and blog». Ça rédige bien mieux avec un p'tit drink pis de la bonne musique.

9e arrêt: Une Baudelaire chez Jolly Pumpkin. Je n'avais pas terminé ce billet et je voulais tester la shop. Pas déçu, ça se boit tuseul. Je publie ce long billet et je rentre. Dodo, car demain, j'ai 800km à faire pour me rendre à Charlevoix. Dans le Michigan là. Faut suivre un peu hin.

21/06/2019
à 23h30

21 juin 2019, Detroit
assiégée par les hipsters

Malgré que je me sois couché pas mal tard hier, je me réveille tôt. J'en profite pour aller faire de la course à pied dans les sentiers près des chutes Niagara et faire un petit arrêt photo. Tsé, tu ne peux pas aller à Niagara sans prendre une photo. C'est comme aller en Égypte et ne pas prendre une photo des pyramides. L'avantage de le faire à 6h le matin: il n'y a personne.

Retour à la chambre, je me prépare et retourne à Rutilante. Outs. J'ai une contravention. Si je comprends bien, c'est interdit de laisser un véhicule dans la rue la nuit, car la contravention indique 4:00am. Et si je comprends bien aussi, ce n'est qu'un avertissement, car aucun montant à payer. Coudonc, j'ai vraiment le cul bordé de nouilles depuis le départ.

Je me dirige vers le sud afin de passer près de Buffalo pour ensuite longer d'aussi près que possible le lac Érié. La première partie de la balade est comme un très long boulevard Taschereau. C'est platte en maudit. Mais rendu à Ripley, je suis la route 5 et là, c'est pas mal plus beau. J'aurais dû joindre la 5 bien avant, mais j'avais peur que ça me prenne trop de temps. Je devais tout de même rejoindre Detroit ce soir à 600km de distance. Rendu à la ville d'Érié, je me rends au parc Presqu'ile afin de prendre un égoportrait de Rutilante avec le lac. J'y croise une fille tellement «faitte», ça faisait longtemps que je n'avais pas vu ça. «Nice biiikkeee!!! I wanna ride with you!!!». Euh non. Elle insiste, mais devant mes réponses en français, elle passe à autre chose. C'est pratique en maudit de faire semblant de ne pas comprendre l'anglais! Un autre motocycliste arrive pas loin, en Harley. Il s'approche pendant que je prends des photos. On jase un peu, il a un accent qui me donne de la misère, mais bon, le mien lui en donne aussi alors ça va bien. D'ailleurs, en deux phrases, il me demande si je suis du Québec. Il est déjà venu nous voir pour un Grand Prix de F1. Il me dit qu'il ne connaissait même pas la marque de Rutilante mais qu'elle est belle en maudit. On placote, je lui offre de s'asseoir dessus et de la démarrer. Il joue avec la poignée d'essence, rit comme un enfant en entendant le son et me complimente. Bin du fun.

Je généralise, mais il y a au moins trois façons très facile de socialiser avec les gens: la cigarette, les chiens et la moto. S'agit de demander du feu à une fumeuse pour entamer la conversation avec elle (ça aide si tu as une clope toi itou, sinon, c'est juste bizarre), ou d'aller dans un parc à chiens (là aussi, avec un chien hin, parce que ça le fait pas sinon) et finalement la moto. Tu peux aborder n'importe quelle personne qui a une moto si tu es sur la tienne. Tout le monde va te répondre et jaser.

Je reprends la route et un peu plus tard, je commence à avoir faim. Je n'ai pas déjeuné. Je vois un commerce de crème glacée maison. Pourquoi pas? Je mange trois énormes boules de crème glacée pour diner et je repars. Vive l'été!

Près de Cleveland, c'est encore l'interminable boulevard Taschereau. Mais ensuite, ça s'améliore: Avon, Lorain, Vermillion, Huron, Sandusky et finalement Bay view. Superbe traversée sur une route passant au beau milieu de la baie de Sandusky. Ça valait le détour. Ensuite, une belle balade près de l’Ottawa National Wildlife Refuge avant de juste faire de l'autoroute pour rallier Detroit vers 19h. Plus tôt dans la journée, j'ai remarqué plusieurs personnes en moto, mais sans casques. Donc, rendu à l'autoroute, me suis dit «moi itou!» C'était bien l'fun. Cela dit, faut conduire pour les autres en maudit parce qu'ils sont vraiment mongols dans le coin. Changement de voie sans clignotants, freinage inutile, vitesse bien plus haute que la limite. Alouette. C'est la jungle, sur des autoroutes parfois à cinq voies de large. De toute beauté.

J'arrive à la maison où je loue une chambre pour deux jours. Très bel accueil. Ça va être parfait. J'avais fait un peu de reconnaissance avant d'arriver et j'avais spotté une pizzeria qui me semblait amusante, Pie-Sci. Je ne me suis pas trompé. Belle place de hipsters avec du beau monde qui vient commander pour emporter. Juste à côté, il y a un pub, le Woodridge Pub. Je m'y installe pour une pinte (ou quatre... wouain...) afin de rédiger ce billet. Job done! Allons au dodo!

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Compté: en fait, arrêté de, après plus de 200 drapeaux américains croisés sur ma route. Je me suis tanné du jeu.

Fait: 624km pour ma deuxième journée. Pas pire.

 

20/06/2019
à 23h19

20 juin 2019, Niagara Falls,
NY, chutes appartenant aux lève-tôt

Hier soir, j'ai finalisé tous les préparatifs pour une petite balade que je planifie depuis la fin de l'hiver (certains diront qu'elle n'est pas terminée, whatever). Ce matin, j'étais donc prêt tôt pour le départ. À 6h, j'étais sur Rutilante. Direction Niagara Falls, état de New York. On annonce de la flotte rendu du côté des États-Unis, mais par la suite, du temps plus agréable alors partons.

La route jusqu'à la douane se fait bien. Le douanier américain me rappelle que je vais frapper une bonne flotte dans quelques heures. Je le savais déjà un tit peu mais merci quand même.

Bonne flotte en effet. Il pleut sans arrêt de 10h à 16h. Juste un peu après l'arrêt de la pluie, je roule plus vite que les voitures, car je suis tanné de me faire arroser par elles. Quand on suit une auto, forcément on reçoit une partie de l'eau qu'elle soulève. Mieux vaut être avant. Quand je dépasse, je prépare la manoeuvre et rendu au bon moment, j'accélère bien comme il faut et ça monte vite en moto. Mon but est de passer rapidement la voiture. De un, aucun médecin ne recommande de rester dans le sens contraire trop longtemps. De deux, quand il mouille, allez savoir pourquoi, il y a encore certaines voitures qui n'ont pas leurs phares allumés. On les voit un tit peu à la dernière minute. Là aussi, mon médecin ne recommande pas. Sauf qu'une des voitures que j'ai passé est en fait une voiture de police (ou un genre de SUV, camion, je ne sais pas trop, m'en sacre de savoir c'est quoi comme bagnole). Leurs véhicules ne portent aucune mention «police» à l'arrière. Brillant... Outsss. Je dois bien l'avoir passé à 130km dans une zone de 90km. Évidemment, je n'avais même pas terminé de le passer qu'il allumait les cerises. Bin kin. Je me dis, fuck it, qu'il me rattrape l'esti. Je clanche!

Bin non, viarge, j'ai pas fait ça. Me suis tassé pis j'ai donné mes papiers. Après une tite jasette, le policier a décidé de me laisser partir, tout en me faisant promettre de ne pas dépasser 88km (55 miles). Je promets et repars. Il me suit et me suivra pour le plus long 40km de ma vie. Un peu plus et je pensais qu'il venait me reconduite à Niagara Falls. Hé, quand je l'ai vu finalement tourner, j'ai pu remonter à 120km drette là. Bin non, ça aussi, c'est pas vrai. 100km. Ça, c'est vrai. :-)

La campagne américaine est vraiment similaire à la campagne québécoise: délabrée et pauvre. C'est fou le nombre de maisons à l'abandon ou dans un état apocalyptique. Idem pour les routes. Je ne suis pas venu si souvent aux États, mais chaque fois, je vois un peu la même chose qu'au Québec: des routes belles ou ok, des routes un peu cahoteuses et finalement, des routes en très mauvais état. Comme quoi, quand on se compare hin.

L'arrivée à Niagara Falls m'impressionne. Très belle ville, très similaire à Sainte-Foy à Québec. Bien jolie. Puis, tranquillement, ça se dégrade pas mal. Rendu à l'endroit où je passe la nuit, c'est pas mal le ghetto. Ça ne serait peut-être pas une bonne idée de sortir dans la nuit. Plusieurs maisons abandonnées / barricadées dans les rues. Je voulais me stationner sur une petite rue près de ma chambre. Je me stationne devant une maison à l'instant où une dame sort ses poubelles. Elle arrive à ma hauteur et me demande «Is everything all right sir?» Je dis oui, que je veux juste me stationner là pour la nuit. «If I were you, I wouldn't leave a bike like yours on this street for the night.» Ookkkk. Je la remercie et je me stationne sur une plus grande artère. Je n'ai jamais pensé à vérifier ça avant de trouver une chambre. Je suis plus ou moins dans un Bronx. Ça m'apprendra à choisir la chambre la moins chère.

Je dépose mes choses dans ma chambre et je sors marcher afin de me trouver un endroit pour souper. Je passe devant un resto indien. Je regarde à l'intérieur; 2 tables avec des gens d'origine indienne et juste le temps de regarder un peu le menu, une 3e famille indienne entre. Tsé, quand les locaux de la même origine y vont, c'est que ça doit être bon. Le serveur me demande «mild or spicy», naïvement, je dis «Spicy is good». Oh boy. C'est là que je réalise que le spicy à Montréal, c'est pas spicy pantoute. J'ai la bouche en feu et je vais le regretter quelque part dans la journée demain, j'en suis pas mal certain.

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Compté: dès mon passage des douanes, je me suis mis à compter les drapeaux américains sur mon chemin. Un fantastique 86 drapeaux. Malade!

Fait: 686km pour ma première journée. Pas mal.

09/06/2019
à 22h40

Traité méthodique de soupe froide pour une chaude soirée d’été ou
comment faire soupirer de bonheur une convive avec de la vichyssoise.

Je pense que ça doit bien faire cinq ans que j'ai fait de la vichyssoise. Et les dernières fois, je me souviens avoir été un brin paresseux en utilisant du bouillon de poulet plutôt qu'un bouillon de jambon. Mon souvenir de cette version est une soupe amusante, oui, bien sûr, mais un peu trop tranquille et sans personnalité. Cette semaine, je me suis fait un bouillon de jambon et le résultat est hautement plus jouissif quand on utilise cette base. Pour moi, dorénavant, c'est maintenant comme les radios-poubelles de Québec, c'est jambon ou rien.

Il y avait de la belle visite à la maison hier soir. Ladite visite a demandé la recette, donc la voici. Chose promise, chose due. Cette recette me vient de mon père. Il en a fait pendant des années au restaurant à Rigaud. Je dois bien avoir plus souvent qu’à mon tour contribué à vider ses stocks d'ailleurs. Je préparais la commande lorsque je faisais le service (prendre la soupe dans un récipient en plastique, prendre un bol propre, mettre la soupe dedans, ajouter une pincée de ciboulette hachée, un tourniquet de poivre du moulin, Hé! Je pense que c'est à ma portée ça!), je m'en versais tout le temps un extra dans une tasse, j'y mettais une tonne de ciboulette, une bonne dose de poivre et je me l’enfilais derrière le nœud papillon. Que c'était bon.

Pour moi, c'est la plus belle des soupes froides. Il y a bien la gaspacho qui rafraîchit, mais je la trouve un brin acide. C'est bon, on s'entend. Sinon, la soupe froide d'avocat est l'fun, mais je trouve ça un peu fade. Il faut la pimper avec du sel pour lui donner du kick.

Avec la vichyssoise pis du jambon, pas besoin de kick. «Meusieu porc» s'en occupe.

Bon, oui, oui, va y avoir une recette quelque part dans ce billet. Promis. On y va.

 

Phase préliminaire

Ingrédients:

  • 1 gros jambon «picnic» (mettons 1 kg, 1,5kg)
  • 1 épaule de porc avec os de 2 kg
  • Mirepoix
  • Herbes de Provence
  • Poivre

Préparation:
Tout d’abord, il faut préparer la mirepoix. J’ai pris 2 livres de carottes, un pied de céleri, 2 livres d’onions et un gros poireau. Tu coupes les légumes en gros morceaux, tu laves tout ça dans le lavabo rempli d’eau froide. Pas besoin de peler les onions et les carottes; t’as juste une vie à vivre, ne perds pas ton temps. Tu mets tout dans un chaudron. Tu ajoutes le jambon picnic et l’épaule. Pourquoi les deux? Mon père dirait «Si on te le demande, dis que tu le sais pas!» Je te le dis en secret donc: Le picnic est tellement salé que tu ne peux pas juste utiliser ça comme viande. C’est du sodium au centimètre carré, je te le jure. Je prends donc aussi une épaule bien normale. Tu pourrais aussi mettre seulement de l’épaule sans prendre de picnic, mais justement, le picnic vient donner un très bon goût à la base. Si jamais tu y vas en mode avec pas de picnic, ajoute du sel quelque part dans le processus pour compenser.

Ajoute les herbes et le poivre, remplis le chaudron d’eau froide afin de bien couvrir le solide au moins 10cm au-dessus. Allume le rond (parce que sinon, bin, euh, ça risque d’être pas mal «eternal slow comfort food» ton affaire). Quand l’eau est presque à ébullition, baisse le feu à moyen. Tu ne veux pas que ça bouille, tu veux juste que ça cuise doucement. Quand je le fais, je le débute en début de soirée et je le laisse mijoter toute la nuit. L’odeur dans la cuisine quand tu te lèves le matin, je te dis pas.

Passe le bouillon au tamis, mets les légumes dans le compost et garde la viande. Ça ve te faire un porc effiloché de feu pour les poutines de l’été ou pour les brunchs avec la belle visite ou les amis. Ou tuseule aussi en lisant La Presse en swipant chaque article à gauche because le manque d’intérêt (surtout les chroniques plattes de Lagacé ou Gagnon. Ohhh. Pu capable. Bordel que leur style est ennuyant. Amenez-moi Rose-Aimée, Manal, David Desjardins, je ne sais pas. Oh well, je m’égare). Dégraisse ton bouillon ou prévois un 5km le lendemain du repas (prévois un 5km de toute façon, il y a une tonne de crème là-dedans, ne mets pas tout ça dans tes foufounes, ça ne vaut pas la peine, elles sont parfaites comme elles sont en ce moment).

T’es prêt pour la phase deux. On enchaine ou sinon, on couche icitte à souaire.

 

Phase de plateau

Ingrédients:

  • Filet d’huile
  • 1 gros onion
  • 2 ou 3 poireaux, lavés et coupés en morceaux
  • 2 ou 3 pommes de terre à chair jaune (ça, c'est de le Yukon Gold, par exemple), pelées et coupées en cubes poivre blanc, laurier, romarin et thym moulus
  • Ton bouillon préparé en phase un (Tu me suis toujours hin?)

Préparation:
Coupe ton onion, verse un filet de ton huile préférée (Mais pas ton huile à la truffe, ça le fait pas, ne gaspille pas ça) dans le chaudron. Ajoute les morceaux de poireaux et les cubes de pommes de terre, les épices et fait suer le tout. Mouille avec ton bouillon, mettons, 5cm au-dessus du solide. Fais réduire tranquillement le tout pendant une bonne heure. Tu veux que le poireau se défasse vraiment bien. Passe tout ça dans un robot culinaire, un thermomix (la meilleure option) ou un malaxeur. Tu veux une texture lisse. Un poireau, c’est fibreux. Tu ne veux pas la fibre, car ce n’est pas sexy entre les dents ensuite quand tu mangeras la soupe. Fais attention aux détails. Si jamais c’est trop liquide, repars le feu, mets le liquide dans le chaudron et fais réduire. Il faut que ta soupe soit quand même de consistance obtuse. Pas autant que Lise Ravary ou MBC, mais pas loin.

Mets le tout au frigo. Le grô d’la’job est faitte.

 

Phase pour le climax

Ingrédients:

  • 500 ml de crème 35%
  • Ciboulette ciselée aussi finement que possible
  • Fleurs comestibles provenant de ton jardin
  • Poivre au moulin

Préparation:
Le grand jour est arrivé. Ta soupe est presque prête à faire chavirer ton invitée. Verse environ une louche par personne de ta base dans un cul de poule. Ajoute environ la même quantité en crème 35%. Mélange au fouet. Si jamais c’est encore trop dense, ajoute de la crème. Au final, ta soupe froide doit avoir la même consistance qu’un potage chaud. Pas trop liquide, juste assez pour que la soupe soit encore un peu sirupeuse. Prépare autant de bols que tu as de convives. Tu suis toujours hin? Laisse tomber une bonne pincée de ciboulette, tourne le moulin de poivre en quelques va-et-vient réguliers, dépose quelques fleurs comestibles pour la déco. Et Hop! Job done! Tu vas voir, c'est doux, c'est frais, c'est onctueux. Chaque bouchée est comme un beau baiser.

Si tu veux une présentation alternative, mettons, que toi, ton genre, c'est mettre de la crème fouettée partout, tu peux aussi monter la 35% au batteur et la mettre par-dessus ta base de soupe. Si tu fais ça, tu voudras tester avant et peut-être délayer un peu ta base avec de la crème 15%. Par défaut, ta base devrait être trop épaisse pour que ça fonctionne, mais ça dépend. Fais des tests et amuse-toi. Pour la déco de la crème fouettée, fait comme une île flottante, tu vois? Ça sera joli. Ta convive pourra l'étaler partout où elle voudra bien l'étaler. Ça rend la soupe douce et bien onctueuse pis c'est très l'fun aussi.

As-tu remarqué que je n’ai jamais mis de sel nulle part? Magie! C’est le sodium de ton picnic qui fera tout le travail. Tu vas voir, ça va bien aller et ça sera vraiment bon.

Et une fois le bol de soupe vide et bien léché, c'est toujours un peu comme une petite mort. Heureusement, il en reste alors on peut toujours recommencer.

14/05/2019
à 20h39

14 mai 2019, Montréal
saluant ses coureuses

Que se passe-t-il donc? Je ne cours pas depuis des décennies; j’ai débuté la course à pied voici un peu plus d’un an à peine. Mais depuis quelques semaines, je remarque un geste que je n’ai jamais vu avant: le salut du coureur. A-t-il toujours été effectué par les coureurs? Peut-être n’ai-je pas porté attention?

Je connais bien ce geste fait depuis une éternité par les motocyclistes. On se salue pour se dire «sois prudent, amuse-toi. Checke les belles grandes courbes là-bas, prends-les vite, couche ta moto, elle va s’y laisser faire en roucoulant (Si si, on a le temps de se dire tout ça dans un seul geste)». La plupart des motards le font. Certains sont subtils ou paresseux en levant un ou deux doigts sans lâcher la poignée. Mais la majorité fait un geste complet et joyeux. Quand tu allonges complètement le bras en fermant tous les doigts sauf l’index et le majeur, que tu tiens la pose pendant plusieurs secondes, c’est généreux. C’est galant. À chaque fois que je croise un motard qui le fait grassement (pour ne pas dire gracieusement), je me dis que j’irais prendre un verre n’importe quand avec lui. Les histoires rigolotes qu’il pourrait me raconter, je dis pas. Enfin.

Donc, là, l’équivalent entre coureurs? On se dit quoi au juste? «Surveille ta respiration, reste droit, ne pousse pas trop, as-tu essayé l’app de Nike? Malade.»? Est-ce nouveau ou si tout le monde a toujours fait ça? Ça fait des années que je me promène sur la montagne, dans le parc Maisonneuve ou dans les cheveux des femmes (désolé, j’avais une envie pressante d’un zeugme et je n’ai rien trouvé de mieux). Je n’ai jamais été témoin du geste entre deux coureurs. Il est fort probable que ça m’ait toujours échappé. On s’entend.

Cette année, j’ai recommencé à courir à la mi-avril. Je sors 3 fois semaine. Depuis, je dirais que je croise régulièrement une personne par sortie qui me salue. Au début, je pensais avoir halluciné, mais maintenant, je suis formel: les coureurs se saluent entre eux. Sur 10 personnes croisées, je dirais que 8 sont des femmes. Alors, ce sont souvent des femmes qui me saluent. Au début, je me disais «Dieu, yé, je pogne, c’est le printemps, mes phéromones ont terminé leur hibernation, les jolies filles y réagissent, c’est enivrant tout ça, attends, t’a rien vu beauté, je sors du temps des sucres là, j’ai bouffé du lard comme un cochon, j’ai bu de la bière sans bon sens faque là, y’a un 6-8 kilos de trop, ça va partir, je suis justement en train d’y travailler en ce moment même». Puis, la semaine dernière, un homme me fait le signe. Zut. Finalement ça ne serait pas un signe «salut mignon, tu cours souvent ici?» Quoique, bon, le mec, il n’est peut-être pas comme moi, c’est-à-dire un paladin de l’ordre hétérosexuel. Il est peut-être chevalier de la rosette, allez savoir ou lui demander, car moi, la ligue pour laquelle il joue ne me regarde pas.

Et là où je veux en venir, c’est qu’hier matin, une femme m’a fait le signe en me dépassant. Si si. Attends là. On ne s’est pas croisé. Elle m’a passé! Car bien que je puisse encore être un chaud lièvre lorsque l’occasion me fait larron, à la course, je suis une tortue (et tout le monde se rappelle la fable, n’est-ce pas?). Alors, tout de suite après être passée devant moi, elle a sorti généreusement le bras droit en le gardant bas, sous la ceinture, et fait le signe de la victoire une bonne seconde complète. Pareil comme on le ferait en moto.

Je ne sais pas quoi en penser. Est-ce un retour d'une certaine forme de civisme, de galanterie? Ça serait bienvenue. Pour le moment, je sais seulement qu’à Verdun, sur le bord du fleuve très tôt à l’heure dorée, la vue sur ce magnifique arrière-pays s’éloignant tranquillement de moi fût parmi les plus beaux paysages vallonneux qu’il m’aurait été donné à voir.

03/09/2018
à 15h56

2 septembre 2018, à
souaire, Montréal m’attend

Aujourd’hui aussi, mon plan initial est modifié. Je n’avais pas prévu le prix d’une suite pour le dodo d’hier, c’est davantage que 2 fois plus cher et j’ai assez dépensé comme ça. Je décide donc de rentrer à la maison plutôt que de coucher à St-Jean-Port-Joli, tel que je le prévoyais.

8h00 - Départ pour le IGA de Rivière-Du-Loup pour y prendre des bouteilles de la microbrasserie Aux fous brassant.

10h30 - L’épicerie se fait comme il se doit. Direction vers la microbrasserie Tête d’allumette.

11h00 - L’aménagement chez Tête d’allumette est phénoménal. Site bucolique. Superbe maison centenaire. Ça promet. J’ai pris un verre d’Apache, une bière fumée très bonne et un verre d’IPA tout aussi bonne. La boutique est vraiment géniale. J’ai pris autant de bouteilles que me le permet Rutilante (moins un dernier arrêt qui arrive tout de suite après).

13h00 - Arrivée à la boutique du Ras l’bock. Il mouille maintenant bien comme il faut, mais je suis ok. La seule chose qui me manque est une protection pour le visage, ça devient gossant avec le temps de recevoir de la pluie dans la face à 90 km/h. Je prends tout ce que je peux prendre pour bien remplir les sacoches. J’ai 28 bouteilles de bière avec moi. Hé! Je ne suis pas venu pour rien! Mention spéciale au gars qui tenait le comptoir. Très sympathique, on a jasé de tout et de rien. Bin du fun.

16h30 - Arrivée au O quai des Brasseurs à Bécancour. Il a mouillé en masse, mais jamais rien de trop fort. Ce n’est pas une pluie froide alors tout est ok.

19h30 - Arrivée à la maison. Ouf! En partant de Bécancour, j’ai flanché et je me suis dit, allez hop! On retourne par l’autoroute. Alors le chemin le plus rapide est la 55 puis la 40. Go, je pars. Rendu un peu avant Repentigny, là, la pluie est tombée solide. Et je me suis fait joliment arroser par les autos qui me passaient par la gauche. J’ai vraiment pris ma douche. J’ai finalement décidé de sortir du Métropolitain à Langelier, car ça n’avait pas de sens. Je me faisais bien trop arroser par les autres. J’ai quelques fois roulé sous la pluie, mais celle-ci est la plus intense. Ça roule bien, faut rester prudent. Mais le facteur «Char qui roule à côté et qui te fait une vague», ça, c’est moins amusant. Je suis entré par Papineau et la 720. Quand même content d’être à la maison.

Cherché: Mes clés dans la chambre juste avant mon départ. J’ai fouillé partout, plusieurs fois, sans succès. J’ai appelé la réception pour voir si je les avais oubliés là. Négatif. Je les avais oubliés dans Rutilante. Hé. Bravo champion.

Trouvé: Vraiment très rigolote la loi qui dit qu’un bar ne peut vendre de consommation pour emporter. Quand une microbrasserie désire vendre sa bière en bouteille, elle doit avoir une séparation entre les deux types de services. Un simple mur et une porte différente feront l’affaire. C’est quand même plutôt amusant. Au Frontibus, on passe la porte, on tourne à droite et on arrive à la boutique. De là, on voit le pub, c’est la même pièce, séparée par un mur. Idem à la tête d’allumette, une personne se tient derrière un comptoir, presque à l’extérieur, juste sur le bord de la porte du pub. Elle vend les bouteilles de cet endroit. Ras l’bock et Pit Caribou, entre autres, ont décidé de faire deux adresses différentes pour le pub et la boutique. Ça rend les visites plus chiantes au final. Enfin, j’imagine qu’il y a une bonne raison pour ce règlement.

Constaté à nouveau: Que la courroie de Rutilante n'aime pas pantoute la pluie. Hé. Le «chirp! chirp! chirp!» dans les oreilles tout le long entre Bécancour et Montréal. Pas l'fun. J'ai hâte de savoir ce que le concessionnaire en pensera.

03/09/2018
à 15h28

1er septembre 2018, Matane
à guichet fermé

Le plan initial était de partir tôt pour aller faire une randonnée dans le parc de Forillon. Sauf que je suis arrivé trop tard pour un arrêt à la boutique d’Auval (ferme à 17h) et aussi un peu trop tard pour une photo avec Rutilante devant le Rocher. Donc, changement de plan.

9h00 - Départ pour une photo devant le Rocher puis un détour dans le fond des bois pour aller chez Auval.

9h45 - Arrivée chez Auval. Légère déception, un seul brassin est disponible. Tout le monde parle en grand bien de cette microbrasserie alors j’aurais aimé goûter à quelques produits.

10h00 - 2e déception, plus grande celle-là. Rutilante me refait le coup qu’elle a fait à St-Jean-Sur-Richelieu samedi dernier. Elle ne démarre pas et toutes les lumières qu’on ne veut pas voir allumé à 1 000 km de chez soi sont allumées. Mais là, je me dis que la dernière fois, un simple brassage en remorque a fait le travail. C’est peut-être juste une question de faire bouger les pistons un peu. Je me mets en première et j’avance la moto. Elle résiste un peu évidemment mais ça semble faire de quoi dans le moteur. Je tente de redémarrer, elle part mais s’éteint dès que je passe la première. On apprend. On avance. Je refais le même truc et cette fois-ci, je la laisse rouler quelques secondes. Je passe la première, tout roule. Fiou. On quitte c’est fin du monde qu’est l’endroit où est situé Auval.

10h30 - Plein à Percé. Je prends la 132 jusqu’à Gaspé. Les vues imprenables sur ce chemin. C’est dément. Que c’est beau. Et ça se contemple tellement bien en moto. Et j’adore alterner entre rouler juste un peu au-dessus de la limite (100 à l’heure sur une route à 90) et rouler à 80 quand je n’ai personne derrière moi. Quand un véhicule arrive, je me tasse sur la droite et lui fait signe de me passer, quand c’est sécuritaire bien sûr. C’est vraiment l’fun de sentir le vent tranquille quand on roule à 70 / 80 sur une route qui offre 90. On a le temps de bien voir le paysage. Et quand arrive une belle série de courbes, surtout si ça monte et descends, là, j’accélère juste un peu au-dessus de la limite et je m’amuse avec Rutilante. Je la connais maintenant et je la couche bien comme il faut en tournant. Wow. Ce pilotage offre des émotions uniques. Le bruit du moteur, l’équilibre avec le contre-braquage, les silencieux qui grondent à la reprise. Vrouuuummm!

12h00 - Dîner au Frontibus. Ils ont vraiment une très belle sélection de bières. J’te l’recommande!

14h30 - Arrivée au marché Ami à Madeleine-Centre pour remettre les appuies-têtes de mon vieux bazou au jeune homme qui l’a acheté en juin dernier. L’heureux hasard aura fait qu’il m’a joint la semaine dernière pour me demander si je les avais encore. J’avais oublié de les remettre quand je lui ai vendu la bagnole. Alors je les ai apporté avec moi pour lui donner.

16h30 - Arrivée à La Malbord. Doh. C’est fermé pour la fin de semaine! Bin voyons. Prends-toi un mois pendant l’hiver! Pas une fin de semaine au début de septembre! Mais bon, c’était écrit sur leur site internet. J’aurais dû vérifier. Ce n’est pas très grave. C’était sur mon chemin du retour. Je suis déçu car leur menu à l'air bien invitant et je prévoyais y souper. En plus, j’ai fait l’erreur de repartir tout de suite… Alors que j’avais prévu profiter de cet arrêt pour me réserver une chambre. Soit à Matane, soit à Rimouski, tout dépendant des prix / disponibilités. Je suis donc parti sans m’assurer d’une chambre. Oups.

18h00 - Arrivée à La Fabrique, belle microbrasserie qui n’offre malheureusement pas la bouteille à emporter. Mais la bière est bonne et le menu aussi. Là, je me dis que je devrais me réserver une chambre. Je pense pouvoir me rendre à Rimouski car dimanche, on annonce de la flotte partout. Aussi bien me rapprocher autant que possible. J’ai bau appeler tout partout, tout est plein et je me suis pris trop tard dans la journée. Damn. Pas grave, j’me dis, m’a coucher à Matane. Oups. Tout y est plein aussi. Je pourrais coucher à un gîte ou une auberge mais je suis un gars de motel / hôtel. La seule option qu’il me reste est une suite au Holiday Inn. Allons-y pour ça! Ça sera dodo à Matane dans le gros luxe.

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Constaté: Que la courroie de Rutilante ne raffole pas des routes en terre ou en gravier (chemin pour se rendre à Auval). Elle sille comme un chant d'oiseau tout de suite après un passage sur un chemin en réfection. On change les pneus ce vendredi. J’en parlerai au garagiste. Parce que les chants d'oiseaux, c'est pas ce que je recherche en moto.

Piqué: Une très bonne jassette avec un vieux routier en Harley-Davidson qui trippait solide sur Rutilante et le son qu’elle fait (silencieux Remus là, pas la courroie qui sille, rendu là, elle ne le faisait plus, heureusement). Il m’a suivi longtemps entre Sainte-Anne-des-Monts et Matane et le hasard a fait qu’il allait rejoindre des amis à La Fabrique (mais dans l’autre immeuble juste à côté, La Fabrique vient d’ouvrir là aussi, mais si j’ai bien compris, c’est juste pour la bière, pas de bouffe).

31/08/2018
à 20h27

31 août 2018, Percé avec
une envie de route saumonée

8h30 - Départ de Pohénégamook. Il fait 7 degrés. Un peu bbrrr, mais ça se réchauffera avec le beau soleil.

9h30 - Déjeuner au restaurant >Les belles d’autrefois à Squatec. Belle place classique comme je les aime.

12h30 - Dîner à la microbrasserie La captive. Très bonne bière mais non disponible en bouteille. Quel dommage car j’en aurais bien mis une pu deux dans ma sacoche.

14h30 - Pause à la microbrasserie Le Naufrageur. Une IPA coco mango m’y attendait. Nous avons rapidement fait plus ample connaissance.

18h00 - Le plan initial était de passer chez Auval mais ça ferme à 17h. Donc, direction Persé pour le souper (guédilles au homard) et quelques pintes chez Pit Caribou. Dodo.

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Reçu: Une garnotte directement sur le bord du genou en croisant un camion-remorque sur une route temporairement en gravier. Ouille.

Adoré: Tout mon périple sur la 234 est. Wow. Les montagnes, les lacs, les courbes dans la route, la belle asphalte neuve partout, l’absence de véhicules devant moi tout le long. Je pense que c’est ma plus belle sortie à vie. Quel bonheur de prendre les courbes à toute vitesse en couchant Rutilante autant que possible. C’est un sentiment unique.

Croisé: À quatre reprises une rivière se nommant la rivière à saumon. Faudrait que je fouille pour voir si c’est toujours la même qui se faufile entre les différentes routes où j’ai roulé ou si y’a vraiment juste des rivières à saumon dans le coin.

30/08/2018
à 20h10

30 août 2018, Pohénégamook
comme un 360 gaspésien

7h30 - Départ de Montréal pour un premier arrêt rapide chez le concessionnaire.

8h00 - Arrivée chez Joyal à St-Basile. Vérification de l’état des pneus et de leur pression d’air. Rutilante est prête pour le périple.

9h00 - Le temps est nuageux et étonnamment, un peu froid. Je suis content d’avoir pris mon manteau imperméable mais regrette de n’avoir pris que des t-shirts dans mes bagages. Plein d’essence et départ pour Saint-Georges, Beauce

10h30 - Pause au Tim (din fois, y’a vraiment rien d’autre…). Il fait plus froid qu’anticipé.

12h30 - Arrivé à St-Georges pour le dîner. Malgré les nombreux choix d’options à la Poutine d’or, ça sera une poutine qui ne passera pas à l’histoire. Les saucisses sont sèches, le fromage manque d'intérêt et au final, le plat de service n'est vraiment pas pratique ni écologique. C’est un contenant en carton glacé qu’on met à la poubelle même quand on y mange. Ordinaire. Un 2e plein pour Rutilante et on décolle.

15h30 - Arrêt à l’Épopée de la Moto, un musée consacré à la moto. Bin quoi? Rutilante voulait voir ses ancêtres. Leur collection est bien plus importante que je ne l’anticipais. Ils ont vraiment une grande sélection de vieilles motos dont une Clément, un vélo avec un tout petit moteur datant du début du siècle dernier. Très content d’y avoir fait une pause.

18h00 - Arrivée au Motel Sans frontières, clin d’oeil à la Route des frontières puisque celles du Québec et du Nouveau-Brunswick s’y frottent longtemps et souvent dans le coin. Je laisse Rutilante devant la chambre.

18h30 - Souper à la microbrasserie Le secret des Dieux. Très bel endroit, belle sélection de bières, menu classique (hambourgeois et cie) et belle terrasse tranquille à l’arrière.

23h45 - Boonnnn, bin, geai touttte gouté les biaires de la place, parfois deux fois jusss pour tester la constance. Dodo toutte habillé. (Meuh non, c’est pas vrai. Me suis couché à 21h. Chus vieux tsé.)

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Statistique du jour: Rutilante et moi avons fait 625 km dans la journée.

Remarqué avec le temps: Que les gens en can-am, spyder et cie sont ceux qui saluent le moins. Peut-être qu’ils ne sentent pas inclus dans la bande des joyeux motorisés?

Constaté: Une corrélation entre le creux d’un rang de campagne et le nombre de marques de «burn» de pneus de char sur la route. Tsé, quand t’as pas internet, peut-être que le seul moyen de passer le temps est de faire des 360 en brûlant tes pneus de bagnoles.

29/06/2018
à 09h36

Slav

J'ai vu Slav hier. J'ai pris les billets en novembre dernier sans connaitre le contenu. Pour moi, juste les noms de Betty Bonifassi et Robert Lepage étaient suffisants. En début de semaine, je me suis demandé si j'allais y aller. Hier matin, en lisant les critiques, j'ai décidé d'aller voir pour me faire ma propre idée. Je suis transparent: sans les billets déjà en poche, je n'aurais pas vu cette pièce car j'entends bien les arguments songés de ceux qui dénoncent.

Mais pour ceux qui me traitent d'ignorant, de profiteur et de raciste (propos vus à maintes reprises sur des pancartes tenues par des personnes ayant visiblement eu la chance / intelligence d’avoir tout compris des mystères de la vie et surtout, ses nombreuses nuances...), j’ai envie de dire que vous avez manqué un bon débat.

Je comprends l’argument d'un spectacle présenté en majorité par des blancs. On aurait pu avoir davantage de noirs, mais en même temps, il y a des chants bulgares et irlandais dans la pièce. Aurait-il fallu y mettre une rousse aussi? (je blague là, capote pas). Je suis d'accord qu’on pourrait redistribuer une partie des profits à des organismes ciblant les communautés noires). Ça me va comme arguments, je suis entièrement d'accord. Go, go go.

Au point de censurer la pièce? Non. Pour moi. Juste non. La pièce dénonce l'esclavagisme moderne aussi. Tsé, le chandail à 10$ que tu portes en ce moment fait par un enfant indien là. On en parle aussi. Réduire la pièce à de simples chants d'esclaves afro-américains du 18e siècle, c'est ne pas avoir vu la pièce et son contenu. Oui, c'est une part importante mais loin d'être unique. Et les deux femmes noires ont des rôles centraux. L'une d'entre elles est sur scène presque toute la pièce. Ce qui n'est pas le cas de Betty, elle n'est pas toujours là. Enfin. La pièce n’est pas parfaite. Mais Betty a le mérite de m'avoir fait connaitre des chansons que je n'aurai connu sinon. Elle m'a rappelé mes privilèges d'homme blanc et m'a permis de me souvenir de toujours demeurer aussi ouvert et empathique que possible avec tous.

Je n'arrive pas à saisir l'argument de l'appropriation culturelle ni, mais alors là vraiment pas, celui d'encouragement à l'ignorance et au racisme. Ça, c'est juste faux.

Au théâtre, une femme peut jouer un homme, un homosexuel joue un charmeur de femmes, un noir peut jouer un blanc et tralala. C'est du spectacle. Car sinon, on arrête où? J'exagère beaucoup: On reproche à Christine Beaulieu de s'être approprié le travail d'un journaliste pour monter J'aime Hydro et on lui dicte de juste jouer les belles aux gros totons? On reproche aux Beatles, à Led Zep, à Elvis, à David Bowie, aux Rolling Stones et des centaines d'autres de s'être approprié le blues / rock noir américain? T'arrêtes où, toi? Moi, je ne sais pas. Je m'informe sur l'origine de l'œuvre, je m'intéresse à la démarche de l'artiste et oui, je l'écoute. Si c'est fait avec respect et de bonnes recherches, pourquoi pas?

J'écoute ceux que ça dérange. Pas de soucis. je saisi très bien le malaise. J'en ai eu un moi aussi avant la pièce et je ne suis pas certain qu'il soit vraiment disparu après l'avoir vu. Mais garde tes attaques de racisme pour une autre occasion svp. Ou achète-toi un dictionnaire. Le racisme, c'est la haine de l'autre. Je n'ai vu aucune haine hier soir pendant le spectacle.

Enfin, pour ma part, j'ai écouté les deux: ceux qui dénoncent la pièce et ceux qui l'ont préparés. Et ma conclusion est que je suis content d'avoir écouté les deux.

Sans censurer ni un côté, ni l'autre.

06/11/2017
à 20h04

6 novembre 2017, Montréal en campagne

Début 2012, Pierre Lampron, de Vision Montréal (Louise Harel) annonce sa démission à mi-mandat. Lisant la nouvelle, je vais sur le site de Projet Montréal, je trouve le numéro de téléphone et j'appelle.

- «Je voudrais être candidat pour remplacer M. Lampron.»
- «Héhé. Prenez un numéro Monsieur, vous n’êtes pas le seul à faire la file.»
- «Aah. Bon. Zut. :-/»
- «Par contre, il y a une réunion des membres de l'association locale ce soir, venez.»

C'est ainsi que je suis devenu membre de Projet Montréal. Par la suite, évidemment, ce n'est pas moi qui s'est présenté dans le Vieux-Rosemont pour remplacer M. Lampron. J'ai donné un modeste coup de main à la campagne lors de l'élection partielle. J'ai par la suite donné à nouveau un coup de main lors de la campagne 2013.

Au mois d'août 2017, à la dernière minute comme d'habitude, je me propose à nouveau comme candidat, offrant ma grosse face pour aller faire le poteau quelque part, si le parti avait encore des places disponibles. Heureux coup du destin, il y a une place dans LaSalle, juste à côté de chez moi. J'embarque dans l'aventure.

Ce fût une belle balade. Un peu longue parfois mais j'en garde de précieuses notes. J'ai rencontré des gens que j'espère côtoyer à nouveau aussi souvent que possible. J'ai participé humblement à l'élection de Valérie Plante et j'en suis vraiment fier. Juste pour ce point, je suis extrêmement heureux. Le reste n'a pas vraiment d'importance. Je me souviens qu'on me disaient en août, en septembre «Mais là, vous le savez que Coderre va rentrer à nouveau hin?» Je répondais à chaque fois: «J'ai espoir que Valérie gagnera. Regardez-la bien aller!»

Et paf! Valérie est mairesse. Je le dis à nouveau: regardez-la bien aller. Il y a une série de nouvelles personnes qui feront leur entrée à l'hôtel de ville. Elles sont remplies d'énergie, d'authenticité et du profond désir de servir les montréalaises et montréalais. J'ai déjà vraiment hâte à la suite!

Ce que j'ai appris:
- Faire du financement, c'est un exercice difficile. Ce n'est pas naturel pour moi de demander ce genre d'aide à mes amis.
- Faire du porte-à-porte, c'est vraiment l'fun. J'adore ça. J'ai un réel plaisir à aller à la rencontre des gens «un à un». Davantage que d'aller serrer des mains sur le bord du IGA, mettons. Ça demeure superficiel et je suis moins à l'aise. Cela dit, faudrait que je m'habitue.
- Faire campagne avec des inconnus n'est pas l'idée du siècle. Nous avons mis trop de temps à nous connaitre, nous apprécier et voir les forces de chacun. Prochaine fois, on monte l'équipe plus rapidement et on apprend à bien se connaitre chacun dès que possible et plusieurs mois avant la campagne. Ça va permettre de tisser des liens plus solides entre chacun. La complicité s'est installé mais pas avec tout le monde et ce vide nous a causé quelques pépins qui auraient pu être facilement évités.
- Une campagne, c'est long. Très long. Je comprends maintenant l'énergie que je dois y mettre pour en sortir gagnant.
- On doit dès que possible se monter une banque de bénévoles / militants pour les prochaines élections.
- Je dois utiliser davantage les médias sociaux. Bizarrement, moi qui ait une présence numérique depuis ± 15 ans, j'ai passablement bloqué côté selfies et companie pendant la campagne.  Ce n'est pas comme si je ne connaissais pas le mode d'emploi en plus... Mais bon, j'aurai le temps de réfléchir à une stratégie pour 2021.

Ce que j'ai atteint comme objectifs:
- Malgré que je ne trouve pas facile de faire du financement, je suis fier d'être le candidat de LaSalle qui a récolté le plus de financement (et de loin en plus).
- Malgré une longue pause de deux semaines à cause du travail, je suis arrivé 3e pour le porte-à-porte effectué.
- Je suis 3e aussi pour le nombre de votes absolus pour les candidats de Projet Montréal. Je suis convaincu que ce résultat est directement lié au porte-à-porte. Leçon: le porte-à-porte est vraiment clairement la meilleure façon de remporter une élection. J'ai pris une grosse note ici. Le «travail de terrain» prend tout son sens.
- En début de campagne, j'ai dit que j'avais 2 objectifs: Me faire élire et sinon, améliorer le nombre de votes pour PM par rapport à 2013. Mission accomplie: Projet Montréal a obtenu 3 243 votes versus 1 213 votes en 2013 pour le poste que je briguai. Pas mal.

En terminant, j'aimerais remercier tous les bénévoles, tous les gens de la permanence de Projet Montréal qui nous ont aidés comme des fous, nos deux directrices de campagne, Vicky Michaud et Mélanie Hotchkiss, tous les candidats PM dans LaSalle avec une mention spéciale à Kathy Landry et Roxanne Gendron. Je suis très heureux d'avoir fait campagne avec elles. Leur engagement m'a souvent inspiré et tiré vers le haut. Chapeau bien bas. Et bien sûr, un immense merci à Valérie Plante. En décembre 2016, tu as eu mon vote lors de la course à la chefferie lorsque tu as proposé la ligne rose. Je te souhaite d'être mairesse de Montréal pendant très longtemps!

31/08/2017
à 22h22

Montréal, 31 août 2017, en croisade
pour la Cabot Trail, première partie

C'est Facebook qui m'a donné l'idée d'aller faire un tour en Nouvelle-Écosse. À l'origine, je prévoyais une longue balade en Gaspésie / Iles-de-la-Madeleine pendant le mois d'août. Le rocher Percé, les guédilles de homard, le lever du soleil sur une plage après une nuit blanche (Si, si, j'en suis encore facilement capable, faut juste trouver une personne avec qui j'ai envie de la passer, voilà tout), mais quelque part en juillet, FB m'a montré une publicité de la mythique route 60-minutes-plus-tard-dans-les-maritimes: La Cabot Trail et j'en ai été chaviré. Cabot Trail pendant la longue fête de semaine de la Fête du travail, ça sera!

5 jours de moto, de Verdun jusqu'à Fredericton la première journée, 2e journée, j'atteins le début de la Trail, samedi matin je la fais puis je remonte plus au nord. 4e journée, je chatouille la Gaspésie en passant par son parc national puis Sainte-Anne-des-Monts, arrêt à Rivière-du-Loup ou une ville proche. 5e jour, retour à la maison par la 132.

6h00

Départ un peu humide. Il est tombé quelques gouttes cette nuit. J'ai mon équipement imperméable avec moi mais je décide de ne pas le mettre, après tout le ciel semble vouloir se mettre de bonne humeur. Je décolle. Rendu près de Sherbrooke, il pleut un peu et la chaussée est trempée depuis plusieurs kilomètres déjà. Le pneu avant de Rutilante a la fâcheuse habitude de se prendre pour une fontaine et me mouille les tibias. À force de recevoir de l'eau sur mes jambes, ça s'accumule dans mes bas puis mes bottes (qui ne sont pas imperméables... Ça vient de monter très haut dans la liste des prochains achats). J'arrête mettre de l'essence et de nouveaux bas secs. Je passe la douane sans trop de blablabla avec les douaniers américains (il y en a un qui fait du PHP comme hobby alors on en parle un peu) et je m'arrête au premier commerce que je vois, tout de suite après la douane. Faut que je change mes bas encore, mais aussi que j'enfile mes pantalons imperméables. C'est un peu ridicule mon affaire, je suis trempé de fond en comble. Chaque pas me laisse entendre mes bottes éjecter de l'eau sur le plancher du commerce. Héhé. Une chance qu'il ne fait pas trop froid. En virant mes bottes, il y a un bon 100ml d'eau qui tombe par terre. Hep. Je repars.

11h00

J'arrête à une halte près de l'eau pour prendre une photo de Rutilante (qui n'a jamais été aussi sale qu'aujourd'hui), enlever mes pantalons imperméables et remettre encore une fois une paire de bas. La température est belle, c'est nuageux mais le soleil me réchauffe. Cette première partie dans le Maine a été très amusante. Il n'y a personne sur les routes et les courbes sont belles. J'ai du fun.

14h00

J'arrive au chic (...) Trapier’s Steak and Seafood pour diner. Je prends des pickles frits (eurk.) et un burger au bleu. Ça me surprendra toujours comment autant de restaurants américains peuvent rater ce plat si populaire dans ce pays. Oh well. Allons rejoindre la douane canadienne. Ça se passe bien, le douanier me dit de garder mon casque et ne fouille pas mes sacoches comme les 3 douaniers américains l'ont fait.

17h00

Arrivée au Picaroons à Frédéricton juste à temps pour le #beeroclock. C'est une microbrasserie qui sert aussi un peu de nourriture mais bon, on vient ici pour la bière hin. Excellente IPA, je repars aussi avec Looger et une rousse, pour la route. Meuuuuh non... Pour la chambre, pendant que je rédige ce billet, voyons! Justement, voilà, je suis à l'hôtel, près pour le dodo. Rutilante poussera son premier vrouum tôt demain matin alors aussi bien me reposer.

J'ai appris:
- Je pense avoir compris comment fonctionne le Go Pro session 5 que je me suis installé. On dirait qu'il bascule toujours en mode video même quand je le mets en mode timelapse. En fait, si je comprends bien, il ne se souvient pas de ma dernière configuration. Ça va tellement de soi comme fonctionnalité que j'ai longtemps pensé que ça devait être le cas. Bin non. Cela dit, j'aime bien enregistrer une vidéo avec son. C'est cool d'entendre le moteur sans avoir mon casque.

- Le contrôleur de vitesse pour une balade comme je fais en ce moment, c'est primordial. C'est tellement l'fun de le mettre sur l'autoroute, les lignes droites (et même les courbes faciles, ça fonctionne vraiment bien). Il perd encore un peu de vitesse avec le temps mais c'est minime. Si je sers davantage la pression, la poignée ne revient pas d'elle-même alors c'est moins sécuritaire. Faut faire avec.

20/08/2017
à 19h59

De Verdun au parc national Mégantic
en revenant par Sutton: Balade #43

Hier, j'ai installé un contrôle de vitesse sur Rutilante. Allons tester la patente. Départ de Verdun vers 8h. On quitte par la 10 afin de se rendre plus rapidement. Sur l'autoroute, je teste le contrôle. Ça fonctionne bien mais il ne garde pas une vitesse constante. On perd environ 1 km à tous les 10 secondes. Pas pratique. Rendu à Granby, je m'arrête pour une petite halte et je sors les outils (2 clés Allen) pour augmenter la tension sur l'anneau. On repart et ça fonctionne beaucoup mieux. On perd encore un peu de vitesse mais beaucoup moins qu'avant. On va l'avoir!

J'arrive au parc du mont Mégantic, je fais une superbe randonnée sur le sentier des escarpements. Environ 2 heures de belle montée dans la montagne. C'est, de loin, ma plus randonnée cette année. Rendu au sommet, la vue est splendide, je prends un très rare selfie, la tête dans les nuages, dos au vide sous mes pieds. J'ai apporté mon diner avec moi alors bouffons sur place. Y'a pire comme table à pique-nique. Salade de tomates du jardin avec menthe, basilic, ciboulette, toutes du jardin aussi. J'ai ajouté quelques rattes cuites, du couscous israélien, du feta grec, du melon d'eau jaune, des olives vertes et des oeufs d'esturgeon (bin oui toi, y'en avait dans l'frigo, faque...) de l'huile d'olive, une réduction maison de vinaigre balsamique, sel et poivre. Bin bon. Je redescends.

Avant de repartir, je serre encore un peu l'anneau du contrôle de vitesse et on repart. Direction Sutton pour une pinte à la microbrasserie À l’abordage. En roulant, je teste le contrôle de vitesse, ça marche pile-poil là. Yé! Sauf qu'à force de jouer avec, je semble avoir trop forcé et il n'est plus aussi solidement fixé qu'au départ. C'est que Rutilante vibre pas mal quand même alors tout ce qui n'est pas solidement fixé fini par se relâcher. Oh well. Je vais y regarder au prochain arrêt.

Superbe route entre le parc et Sutton (chemin complet ici). À part seulement le moment au centre-ville de Magog. J'aurais dû passer ailleurs. Ça roule à la vitesse d'une tortue. Je sais bien que c'est elle qui arrive avant tout le monde mais quand même...

À l’abordage, je prends une pinte de Pagaille, leur IPA du moment. C'est vraiment très bon. La couleur surprend un peu, on dirait une blanche. Mais dans la bouche, impossible de se tromper: y'a du IBU là-dedans! J'en aurais bien pris une 2e mais ça sera pour une autre fois.

Une fois à côté de Rutilante, j'inspecte mon contrôle de vitesse. C'est la fixation à gauche qui s'est relâchée. Je sors tous les outils pour me gosser ça. Sur la principale à Sutton, en plein après-midi, pourquoi pas? Je resserre la fixation, je resserre l'anneau car tout a bougé pendant l'opération. Je commence à trouver que ça demande pas mal de taponnage ce bidule... Je repars. Zut. Là, l'anneau est trop serré, la poignée de gaz ne revient pas d'elle-même. Pas très prudent ça. J'arrête sur le bord du chemin, je gosse avec le tout. À force de déplacer l'anneau, la bande de caoutchouc qui y est enroulée à l'intérieur me reste dans les mains. OK, suffit. J'enlève tout. Le fabricant fournit 3 bandes de caoutchouc avec trois épaisseurs différentes. À mon avis, je dois installer une bande de caoutchouc plus épaisse que celle que j'ai mis. J'ai pas mal joué avec ça hier et celle-ci semblait tenir mieux. Oh well. Là, tant pis. J'installerai tout ça un soir cette semaine.

La perfection, ça prend du temps, surtout vers la fin.

13/08/2017
à 14h11

Petit rien du tout de
bonheur vraiment simple #419

Ça fait plusieurs années que j'apporte mes pots au marché pour y mettre les petits fruits que j'achète tout l'été. Bin oui, là, c'est écolo pis blablabla mais c'est surtout pour ne pas en faire une compote pendant le transport en vélo. Je l'ai fait longtemps en allant au marché JT. Mais depuis 2 ans, je vais beaucoup plus souvent au marché Atwater car JT, ok, mais bon, de Verdun, ça fait beaucoup.

Depuis le début de la saison, la femme au kiosque où je vais (elle est productrice et non revendeuse) me donne un dollar de rabais pour le geste.

Je l'ai dit au début. C'est rien mais ça fait vraiment plaisir à chaque fois.

16/07/2017
à 17h25

De Verdun à St-Félicien en passant par
Tadoussac and back again: Balade #16

JOUR #1
Vendredi matin, je me lève tôt. J'ai relativement bien dormi mais chaque fois que je me suis réveillé dans la nuit, j'ai regardé l'heure pour voir si le matin arrivait. Oui, je suis fébrile. Et un peu anxieux, ou plutôt, avec des questions plein la tête. Vais-je aimer ça? Suis-je physiquement assez endurant? Quoi se dire dans sa tête quand on entend rien d'autre que le vent pendant des heures? Mettons que je pense à une chanson de Normand l'Amour, va-t-elle me rester en tête pour la journée? Devrais-je apporter mes écouteurs sans-fil et mettre de la musique ou la radio? Din foi que. Le but de ce périple est de tester un peu les limites. Je peux faire combien de km en une journée?

La veille, j'avais déjà tout préparé alors je suis prêt à partir assez rapidement. 9h00, je suis sur l'autoroute. J'ai décidé d'y aller léger pour débuter. Je sors d'abord du traffic et de la ville aussi rapidement que possible. Ça se fait bien. Je prends une pause à Louiseville vers 10h30.

Prochaine escale: Québec en passant par la 138 qui longe le St-Laurent.

Je prends des notes: la prochaine fois que je pense prendre la 138, j'évite cette route rendu à Trois-Rivières. C'est vraiment long et plate de traverser la ville. Aussi bien reprendre la 40 à Yamachiche, le temps de passer de l'autre coté de Trois-Rivières. J'apprends, j'apprends.

Une fois à Québec, je dine à la terrasse de la microbrasserie La Korrigane. Bonne bière, surtout la blanche aromatisée au thé du Labrador, c'est très bon. Pour le bedon, ça sera un fish & chips honnête avec frites malhonnêtes. Ça me déçoit à chaque fois. C'est si facile faire de bonnes frites. Je suis toujours un peu surpris quand un cuisinier en sert une version sans intérêt. Enfin, j'y passais pour la bière alors c'est ok.

Faire Québec / Baie Ste-Catherine (±220km, ±3 heures de moto) d'un seul coup en moto n'est pas une bonne idée. J'ai dû prendre une pause à La Malbaie car j'avais trop mal au popotin. Cela dit, la 138 après Baie St-Paul, c'est toute une chevauchée, quelle belle route et paysage. Rutilante se laisse mener dans chaque courbe avec facilité. Tranquillement, je commence à la connaitre et je la couche toujours un peu plus dans les virages. On a du plaisir. Elle répond vraiment bien à la sortie d'un virage.

Arrivée au motel à Baie Ste-Catherine. Souper au restaurant adjacent avec un club sandwich au homard avec pas de bacon dedans. Un club, c'est toujours avec du bacon, non?! Enfin, pas grave, c'était bon quand même. Dodo au son des camions / voitures qui passent sur la 138, peu importe l'heure du jour ou de la nuit ou du tôt matin. Oh well.

JOUR #2
En attendant le traversier pour Tadoussac, j'ai vu une petite baleine qui se promenait proche de nous, j'ai pris quelques photos. Juste derrière moi, un couple avec chacun leur moto, monsieur en KTM (genre Touring je ne sais trop), combinaison Alpine Star des pieds aux oreilles, madame en Harley, manteau, pantalons, casque avec collant HD. Full patchée quoi. Je souligne car le «clash» entre les deux est intéressant. Comment dire, naïvement, comme ça, on ne les imagine pas ensemble. Mais oui, on s'en fout. Sont bins. J'aime ça. On jase de tout et de rien pendant la traversée. La moto, c'est comme la cigarette, ça rapproche les gens et ça brise la glace facilement.

Je monte tranquillement la 172. Mon idée est d'aller faire une randonnée pédestre au fjord. À Sacré-Cœur, je prends le rang St-Georges pour tenter de joindre le parc. Damn. à ±5km de ma destination, la route est de la garnotte et du sable. Là, samedi matin, ça ne me dit pas de me claquer ça en moto. Ça se fait mais ça me tente pas. Je vire de bord et tente une 2e fois par le rang St-Joseph. Même chose rendu à ± 4,5km. Oh well. Tant pis pour le fjord. Je reviendrai en char. Je rebrousse chemin après avoir vu qu'il y a un parc national au Lac St-Jean: le parc de Pointe-Taillon. Je vais là! Je monte la superbe 172 et je me perds un peu... J'ai présumé que le parc avait 3 entrées (je me fiais à Plans sur mon téléphone). J'ai bien vu la signalisation pour les 2 entrées mais j'ai continué avant de comprendre que j'avais passé tout droit. Rendu là, tant pis, je ne tourne pas de bord. Allons prendre une pinte à Dolbeau alors...

J'arrive au Coureur du bois vers 14h mais ça ouvre à 15h. Pffff, m'a aller perdre mon temps au Tim d'abord. Retour vers 15h pour une pinte avant d'aller rejoindre ma «date»: Maxime est en vacances à St-Félicien avec sa fille. On se rejoint sur la terrasse arrière de la microbrasserie La Chouape. Belle et bonne bière, jasette en masse, assiette de nachos pour tout le monde et on se dit «À mardi» après avoir montré à Agathe la belle collection de papillons que Rutilante a accumulé sur son pare-brise depuis le départ. Dodo à l'ermitage Saint-Antoine.

JOUR #3
Ce matin, en arrivant à côté de Rutilante, je remarque que son pneu avant est en partie dégonflé. Oups. Je roule un peu tout croche jusqu'à un Sonic sur la 155. Le commis me dit que la pompe à air la plus proche est au Irving à Chambord, ±15 minutes de balade en retournant vers le nord. Pas le choix, impossible de me rendre à Montréal dans cette situation. En plus, il se met à pleuvoir semi-intense. La joie. En me rendant à Chambord, je me repasse les événements après La Chouape. J'ai roulé un peu rapidement sur un chemin de fer et je me souviens avoir entendu un bruit important en y passant. J'ai peut-être endommagé mon pneu. Damn. Je le gonfle et repart. La conduite est tellement différente et plus facile. C'est fou. Je roule jusqu'à La Tuque pour un déjeuner bien mérité. La pluie a cessé et la journée s'annonce belle. En retournant joindre Rutilante, je regarde son pneu avant et il semble ok. On part. Je prévoyais passer dans le parc de la Mauricie mais je décide de prendre le chemin le plus court pour revenir à la maison. Je ne vais pas tenter ma chance.

Je roule sur la 55 sud puis le 40 ouest et rendu à Berthierville, je sens bien que la direction fonctionne moins bien. J'arrête à une station d'essence pour remettre de l'air dans mon pneu... Je pense que la face doit m'avoir changé un peu quand j'ai vu le pneu. Il est presque à plat!!! Je pouvais bien trouver ça difficile de prendre les courbes sur l'autoroute. Je remet de l'air au maximum et je repars, un peu inquiet. Vais-je me rendre à la maison? Je roule sur la 40 puis la 15 sud et finalement, je joins le Petro-Canada près de chez moi, je remet un «plein» d'air à nouveau et je m'en vais chez moi. Je stationne Rutilante. Demain, j'irai faire un tour chez Moto Montréal pour voir si on répare ou si on change le pneu. Je dois dire que je suis heureux d'être à la maison. Rouler avec l'angoisse que son pneu avant éclate n'est pas mon activité préférée.

En vrac:

  • La 172, c'est absolument magnifique. Faut que je me trouve une partenaire. Elle va raffoler des vues sur le paysage pendant qu'on se balade.
  • Les bouchons d'oreilles, c'est vraiment pratique pour se préserver le tympan. Par contre ça permet de très bien connecter avec son acouphène intérieure...
  • la 155, c'est aussi absolument magnifique. Faut que je me trouve une partenaire. Elle va raffoler des vues sur le paysage pendant qu'on se balade. (oui, je sais, je radote. C'est mon carnet, ok?)
  • Je suis gentil homme, je salue systématiquement tous les motocyclistes que je croise, parfois même les gens en scooter, c'est tout dire. Ceux qui répondent le moins souvent sont les boomers en Canam et les bad boys en Harley. Si le gars est un vrai Hell's, ok. Sinon c'est juste un douchebag. Et les gars en moto sport répondent TOUT LE TEMPS. Je les adore.
  • J'ai fait environ 1200km en trois jours. Le plus que je peux faire en une séance en continu est environ 200km ou 2 heures et demi. Après, faut prendre une pause. À prendre en note si jamais je veux partir une semaine ou deux. Le plus que je semble pourvoir faire en une journée complète serait entre 500km et 750km si je pousse la note. 1000km si je fais de l'autoroute uniquement.
  • Ça va très clairement me prendre un «cruise control» comme celui-ci.

02/07/2017
à 19h10

Balade à moto #45: Randonnée au
parc de la forêt Ouareau

Rutilante: Faudrait que tu bouges un peu Alex.
Moi: Bin là, j'ai mis 120km à mon vélo cette semaine. C'est pas mal non?
Rutilante: Pfff, du vélo en ville. C'est un peu platte. Faudrait que tu ailles prendre une marche dans un sentier boisé.
Moi: Ok, c'est vrai que c'est l'fun marcher dans le bois. Je vais aller sur le Mont-Royal.
Rutilante: Attends, je te donne le lift!
Moi: Hmmm. Tu sais bien où est la montagne hin?
Rutilante: Oui! Oui! Embarque!

Évidemment, on s'est rendu à Terrebonne afin de joindre la 125 et de monter jusqu'à Notre-Dame-de-la-Merci pour arriver au Parc régional de la forêt Ouareau. Belle petite balade de moins de 2 heures. Nous sommes rentré par le secteur du pont suspendu. J'ai marché environ 3,5km, en passant par le dit pont suspendu qui offre une superbe vue sur la rivière qu'il traverse, pour me rendre au lac Toussaint. Pause dans un calme complet, je n'ai même pas croisé personne en m'y rendant. Revenu au stationnement, j'ai pris mon sac à lunch et je me suis installé sur une table à pique-nique dans une clairière juste à coté.

Petite jassette moto avec le garde à l’entrée du parc et départ pour St-Donat. Pause essence. Direction Lachute pour une pause pinte d'IPA. La 329 est toujours aussi agréable comme route en moto. La 125 aussi était bien amusante.

Retour à la maison avec un léger détour par Oka où je me suis fait arrosé solide par deux fois, une première fois juste après St-André-D'Argenteuil. J'ai vu plusieurs motocyclistes carrément arrêter sur le bord du chemin mais le pare-brise de Rutilante me protège bien alors j'ai continué. La deuxième averse est arrivée juste un peu avant l'entrée sur la 640. Bah, c'est endurable. Faudra seulement que je me trouve des bottes imperméables.

Lien vers la carte de la balade

18/06/2017
à 12h46

Sauce poutine

Ingrédients:
Deux onions émincés
4 gousses d'ail émincées
2 cuillères à table de cassonade
100 ml de vin rouge
100 ml de vinaigre de cidre
1 cuillère à thé (tout moulu -->) de moutarde, laurier, clou de girofle, cayenne et paprika.  (Mets 2 cuillères de parika et de cayenne si tu veux une sauce plus épicée)
750 ml de bouillon de poulet
750 ml de fond de veau
750ml de coulis de tomates ou 250 ml de ketchup
Farine et beurre pour un roux
Sel au goût

Préparation:
Faire suer deux onions émincés ou l'équivalent en échalotes françaises coupées minces avec les gousses d'ail émincées. Quand le tout a bien sué, ajouter la cassonade et faire attention pour ne pas faire coller / brûler.

Déglacer avec le vin rouge (ou un brandy, un whiskey, ou les deux). Ajouter le vinaigre de cidre. Ajouter les épices moulues. Remuer le tout et laisser le liquide réduire de moitié.

Ajouter 1,5 litre de liquide. Je mets 750ml de bouillon de poulet et 750 ml de fond de veau.. Ajouter un coulis de tomates maison ou du commerce. Sinon, ajouter 1 tasse de ketchup. Monter à ébullition et laisser mijoter 60 minutes.

Passer la sauce dans un chinois aussi fin que possible. Si on a utilisé un coulis de tomates, on ne veut pas toute la chair de tomates qu'il contient. Aime ta sauce bien limpide.

Faire un roux pour épaissir la sauce. Mettre le roux dans la sauce et laisser bouillir quelques minutes le temps qu’il fasse son travail. Saler au goût. Verser sur des frites et du fromage cheddar en grain (si tu rapes ton fromage, je te juge).

Variante: on peut faire griller de l'ail au four (casser le bulbe en gousses, les frotter dans l'huile d'olive et les placer sur une grille au four pendant 20 minutes à 400°F. Quand il est cuit, on enlève la peau, on réduit en purée et on ajoute à la sauce. Ça la pimpe drôlement bien.

Autre variante fort amusante: On oublie toutes les étapes en haut et on fait simplement: 500ml de fond de veau, 250 ml de vin blanc, du roux, 200 gr de foie gras, sel. On fait bouillir le fond avec le vin 2 minutes, on baisse le feu pour un bouillon discret, on ajoute le roux, on laisse épaissir. On ajoute le foie gras coupé en morceau. Une bonne pincée de sel. Émulsion à la mixette. On bouffe.

28/05/2017
à 12h40

Quiche aux poireaux pour
journée de ti-grôs

Il y a une éternité, il y avait une boucherie sur Laurier, pas loin du Leméac. De mémoire, elle s'appelait la boucherie Anjou. Homme tenait boucherie et femme tenait plats préparés classiques tel la bolognaise, sauce Alfredo, cassoulet, tralala et une quiche absolument décadente. La principale différence avec les quiches qu'on voit partout était son épaisseur. La quiche de madame faisait facilement 6-7 centimètres en hauteur. La quiche était moelleuse, fondante, un pur bonheur. Puis un jour, la boucherie a fermée et j'ai perdu ma pusher en quiche. Faque je me suis dit que j'étais pas plus débile et j'en ai fait une. Magie, en partant d'une recette classique de quiche, faut simplement s'assurer d'avoir une massivité qui raviront les dames.

Pour un moule profond d'environ 25cm de diamètre:
2 gros poireaux
1 gros onion
2 pâtes à tarte
1l de crème 35% (je prends de la 35% mais ça doit marcher avec la 15%)
12 gros œufs
500gr de fromage Gruyère rapé (ou de grotte, ou suisse, cheddar fort)
sel et poivre

J'utilise seulement le blanc de poireau pour la recette, le vert passera dans un bouillon ou un braisé. Mais bon, c'est pas interdit d'utiliser tout le poireau. Donc, on coupe l'onion en petits dés et le blanc de poireau en deux avant de faire des tranches. Din fois, je ne le coupe pas en deux alors ça fait des rondelles. Ça fait pas mal la même affaire au final à part le fait que tes morceaux de poireaux seront plus gros dedans la quiche. On fait revenir à feu moyen l'onion et le poireau dans l'huile d'olive ou le beurre. Perso, je préfère le beurre pour cette recette. On sale et poivre (blanc moulu) généreusement. Faut s'assurer de ne pas colorer le tout car au final, j'aime bien que la quiche soit d’une couleur uniforme. Si les légumes sont caramélisés, ça fait des gros «spots» de noir dans le profil de la quiche. On veut pas ça.

Pendant que le poireau sue tranquillement, on abaisse les deux pâtes ensemble et on couvre le moule. On doit avoir de la pâte jusqu'au bord car la quiche va monter jusque-là. Perso, je place bien tout mon abaisse puis je passe le rouleau sur le bord du moule. Ça coupe la pâte et job done. Ensuite, on mélange ensemble tous les autres ingrédients dans un gros cul de poule. On sale et poivre généreusement ici aussi.

Là, le poireau devrait être assez cuit. Faut s'assurer qu'il est à point car malgré l'heure de cuisson au four, il ne continuera pas vraiment de cuire dans la quiche. Rien de plus plate qu'un poireau pas cuit. Bin, en fait, peut-être à part un vox pop de Guy Nantel. Enfin.

Je laisse le poireau reposer dans une grande assiette quelques minutes avant de l'ajouter dans la préparation. Une fois moins chaud, je l'ajoute, je touille bien comme il faut le tout et je verse dans le moule. On enfourne à 165°C (un peu plus de 325°F) pendant environ 60 minutes. Faut surveiller, ça pourrait prendre 45 minutes. C'est prêt quand il y a une belle croûte dorée sur le dessus et que la quiche a gagné du volume. Ce n'est pas grave si elle craque ici et là, elle va retomber en refroidissant et les craques vont disparaitre.

Point important: Faut faire la quiche à l'avance et la refroidir complètement avant de penser la démouler ou la couper. Elle va demeurer assez liquide après la première cuisson. Donc on la fait la veille et on met au frigo. Ensuite, on peut la démouler et en couper des tranches qu'on réchauffera quelques minutes. On peut aussi la réchauffer au complet et la couper, là, elle va se tenir sans problèmes. C'est doux, c'est onctueux, c'est fondant. Ça se mange chaud ou froid (froid, c'est vraiment très bon, je la mange très souvent ainsi).

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