Je suis Alex Lauzon

26 October 2015
à 05h06

25 octobre 2015, Jakarta with
a frog in the alley

Dimanche matin. Lever difficile vers 6h30. On a bu pas mal de bière hier soir moi et le collègue allemand (mais c'est lui qui a callé le couvre-feu, pfff, savent pas tougher les européens). Petit mal de bloc. Pas grave. Allons visiter un brin.

Flock-flock dan'douche. Menum-menum dans l'bedon. Grosse grenouille dedans l'taksi (Yep, pas taxi là, neunon, taksi, on le prononce comme ça de toute façon alors ça fait du sens). Direction le Monas. Une immense tour au milieu de la ville. J'arrive vers 8h en pensant que je serai un des premiers (ça ouvre à 8h). Bin non, y'a déjà une file et on me dit que ça prendra une heure pour entrer à l'intérieur. Too bad. Je prends des photos de la structure et passe au prochain appel. Il fait déjà un soleil de plomb. Voire si je vais rester à suer là juste pour voir l'intérieur d'une colonne. Musée national, j'arrive!

Depuis que je suis arrivé au Monas, on me regarde souvent intensément. J'y suis habitué, c'est pas mal la même chose chez le client ou aux alentours mais jamais autant tout de même. Je trouve ça rigolo. Puis, 3 jeunes garçons s'approchent de moi. Entre deux rires gênés, l'un d'eux dit: «Sir! Sir!, Take a picture with me!» Je refuse en pensant qu'il veut que je le paye pour que je conserve une photo de lui avec moi et je continue mon chemin. En marchant sur le trottoir qui mène au musée, je croise une bande de garçons assis sur le bord, les pieds dans le chemin (C'est CFD aujourd'hui alors pas d'autos dans le coin). L'un d'eux me voit, fais signe aux autres et tous me regardent avec le sourire. Là, j'avoue ne pas comprendre. Ai-je mis mon costume de clown? Ai-je oublié de mettre des pantalons? Le gars dit: «Sir! You look crazy!». La bande rit. Je ris aussi. C'est plutôt amusant. «Sir! I want picture with you.» Là, je comprends que non, ok, c'est pour eux. Bin ok. Là, les gars se lèvent, m'entourent et l'un d'eux prend la photo. Ils me remercient, rient comme des débiles en me regardant et je continue mon chemin. Faut croire qu'il n'ont pas vu ça souvent un gros blanc barbu.

Visite au Musée. C'est l'fun, y'a la clim presque partout. C'est que je sue comme un porc. Je suis tannant avec ça, je sais, mais c'est chaud, c'est chaud. C'est fou. Je fais le tour du musée. Beaucoup de poterie, de porcelaine, de meubles, des pagodes géantes (impressionant), de Bouddha en pierre, des outils datant de la préhistoire, des armes diverses selon les époques et cie. Ce fût agréable même si je reste sur ma faim un peu. Je m'attendais à une visite qui dure plus longtemps. Je prévoyais passer la moitié de la journée ici mais ça sera plutôt ±90 minutes. Allons à la mosquée maintenant. En sortant, des personnes m'abordent «Sir! Where do you come from?», après ma réponse, «Can I take a picture with you?» Bon. Bin oui, tsé. Rendu là, quand c'est moi l'attraction touristique de la journée, y'a une boucle qui se boucle. Quelque part, un papa montre ses photos de voyage à ses enfants et dit «Regarde, à Jakarta, on a vu un yéti. Malade hin?»

La Masjid Istiqlal ressemble à un bâtiment administratif tout blanc plutôt drabe. À part le minaret de la mosquée, les musulmans ont l'architecture religieuse modeste. De là sort un chant, disons, pastoral. C'est plutôt apaisant et sympatique en fait. J'ai tenté de trouver un parc pas loin où j'aurais pu rester à l'ombre et écouter le chant mais je n'ai pas trouvé. J'ai pris une vidéo de la rivière qui passe pas loin. La pollution est assez intense. En fait, c'est vraiment sale partout dans les rues. J'ai vu plusieurs gens jeter des cannettes de Coca-cola, des sacs de plastique, des bouteilles d'eau vides en marchant. Un peu comme à Montréal à la sortie des bars finalement...

Midi, c'est l'heure de manger. En cherchant un brin hier, j'ai vu d'excellentes critiques du restaurant Lara Djongrang. Je regarde sur le téléphone pour voir la distance à pied: 45 minutes. Hey ho. Je ne marche pas ça. Roulons en Bajaj, sorte de mini taxi, 3 roues, empestant la vieille tondeuse à gazon. Il y en a plein tout le temps alors c'est facile en attraper un. Je montre au chauffeur où je veux aller. Il dit «fifty» (50,000rp). Woh. Je dis pas plus que «twenty» (20,000rp — chus rough, je sais, mais là, je veux bien me faire prendre en photo mais me faire fourrer, ça non). Le chauffeur capote, fais aller ses bras, «no no no». Je dis «ok, thank you» et commence à m'en aller. C'est pas les bajajs qui manquent alors amusons-nous un peu. Il crie «OK OK sir, Thirteen-five» (Ça, ça doit vouloir dire 35,000rps...). Je lui souris et embarque. Belle ride. Ça se passe bien. Je lui donne 35k et je réalise un rêve de jeunesse vraiment con: Je tends un billet de 10k (l'équivalent d'un dollar) et lui dit en français, me foutant qu'il ne comprenne pas: «Tin, v'là dix mille de tip». La génération RBO comprendra et likera dirait Gran Talen.

Menum time. La nourriture est géniale. Des rouleaux printaniers au tofu et sauce sucrée/piquante. Le rouleau est fait avec une genre de crêpe très moelleuse. C'est vraiment très bon et goûteux. Ensuite, soupe au lait de coco avec poisson, chili, bouts de fougère, des genres de petites arachides encore dans la carapace (faut croquer, manger la noix et recracher la coquille. Très chic) et tralala. Divin. C'est tellement bon. Je me suis dit qu'on allait revenir plus tard cette semaine avec l'équipe. C'est servi avec un petit plat de relish épicée (un sambal kekchose, me souviens plus du nom) alors on peut pimper notre coco comme on veut. Finalement, j'ai pris un satay de crevettes, curry rouge sur bâtonnet de citronnelle. La crevette est cuite à point, elle goûte bien le curry et la citronnelle. Oh boy. J'ai adoré. On est à des années-lumières de tout ce qui se fait près de l'endroit où j'ai passé les 3 dernières semaines.

Direction Ramayana Pasar Baru, une rue marchande où les piétons et les motos se partagent la route allègrement. Parlant moto, je me sentais invincible après le repas (et bon, j'ai réussi à traverser un boulevard de 4 voies sans me faire tuer alors tirons le diable par la queue. J'étais super bon à Frogger dans le temps). Je me suis dit, tiens, parait qu'on peut se promener comme passager sur une moto ici. Essayons la patente. J'attends un peu devant le restaurant, je spotte un motocycliste avec un casque en trop (signe qu'il peut prendre un passager, enfin, un des signes qui te l'assure car je pense que tous les motocyclistes sont prêt à t'embarquer...). Je montre sur mon téléphone où je veux aller, le gars dicte son prix (40,000, je chiale même pas cette fois, ça ne me tente pas), je mets mon casque et on part. Oooohhh fuck. J'aime la vitesse et tout. Mais là, on est ailleurs. J'ai constamment l'impression qu'on va planter solide. Le gars coupe tout le monde en klaxonnant comme un fou, accélère très brusquement, freine plus fort encore, tourne sur des pièces de 1000 rp. Calvaire que j'avais hâte d'arriver. Je le soupçonne d'en avoir mis pas mal plus que le client en demandait. Mais bon, en même temps, sur la moto, je riais parfois. Juste parce que, comment dire, c'est complètement débile. Et là, on est dimanche, il y avait bien moins de traffic qu'un jour de semaine. Enfin. On arrive.

Le marché est surtout composé de magasins de tissus et de vêtements. J'ai vu un commerce de souliers se nommant Toronto et utilisant exactement le même logo que les Blue Jays comme enseigne. J'imagine que c'est parce que comme cette équipe de baseball joue comme des pieds, c'est un genre d'hommage (D'ailleurs, j'ai tenté de conter cette blague à l'allemand avec moi, pendant le souper. «You know, in French, we say that someone plays like a foot. Meaning he's bad. Not a compliment at all. blablabla». Moi, je me trouvais bien drôle mais le gars a ri pour être gentil. Bon, coudonc, clash culturel québéco-germanique en exil indonésien. Pas facile à passer comme mur din fois. Enfin. Je me rends jusqu'au bout du marché et revient sur mes pas. Rien à souligner autre que cette promenade donne une super belle image du vrai Jakarta. Un peu comme quand un touriste décide d'aller sur la Plaza St-Hubert plutôt que de rester dans le Vieux-Port. En revenant, un vendeur de rallonges pour cheveux m'aborde, une rallonge à la main; il me la tend avant de se la mettre sous le menton et de me la tendre à nouveau en riant. Je ris avec lui. Des rallonges sous la barbe, je n'y aurais pas pensé. Les gens sont très gentils et sympathiques. J'avoue que ça accroche un sourire. Les locaux peuvent bien se foutre de ma gueule comme il veulent. J'en ris avec eux de bon coeur et avec grand plaisir. Il y a une candeur que j'aime beaucoup ici.

Un taksi —avec pas de clim— me ramène à l'hôtel. C'est le temps de tordre mon boxer dans l'évier. Si si. Première fois de ma vie que je tords ma sueur. En fait, ce n'est pas très compliqué, tout mon linge est complètement trempé. Let's douche, voulez-vous. Petit dodo avant le souper.

En vrac:
- Ça sent tellement tout le temps la Djarum dans mon coin. C'est dur de résister. Installé dehors sur mon petit patio, les chauve-souris volant au-dessus de moi, une grosse Bintang à la main et le silence de la nuit en trame de fond (on a terminé de travailler chez le client vers 3h du matin). Belle atmosphère pour en griller trois, quatre en rédigeant ce billet. Mais bon, c'est assez dur d'arrêter, on va pas recommencer.

- Le style des commentateurs sportifs, ça dépasse les langues et cultures. Nous avons soupé sur une terrasse où un projecteur présentait une partie de soccer. Bin j'avais l'impression d'entendre Pierre Houde. «Bediing... Palaaang... Beeeeeeeedaaaaaaaaang!!!!» Le sport est universel.

- La Heineken en bouteille, ça goûte la moufette ici aussi.

- J'ai fait un rêve complètement débile. Jésus est là, plein de monde autour, il me regarde dans les yeux et me dis «Laisse venir à moi les petits flocons». Hébin. Prends un numéro mon Christ, parce que si je trouve des flocons, tu peux être certain que je vais les garder pour moi. Tsé, toi, tu peux changer le sable en neige. Fais pas chier.

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18 October 2015
à 18h40

18 octobre 2015, Jakarta
kiri kanan lurus

Ce matin, j'ai encore une fois changé de chambre (ça fait 3 fois que je me promène (la 826, la 801 et la 624) car nous ne sommes pas arrivé à me trouver une chambre libre pour 2 semaines lorsque je suis parti. Hep. Mais cette fois-ci, j'ai droit à une belle promotion. Je suis à l'extérieur, derrière l'hôtel, dans une petite maison, mettons quelque chose comme un 2 pièces. C'est plutôt chic si on ne regarde pas les petites moissisures dans les cadres de porte et les coins de mur. Chirie capoterait full pine.

Parlant propeté, je ne sais pas avec quoi ou comment on se lave dans cet hôtel mais sur 4 chambres, une seule avait des débarbouillettes. M'en fous un peu, je prends la plus petite serviette pour me frotter. Pitchez-moi dans la jungle pour voir, m'a me torchez le péteux avec des plumes de cacatoès (le nom est d'adon, toutte est toutte!) pis me décrotter les oreilles avec une queue de scorpion. J'vas m'en passer de vos débarbouillettes.

Côté travail, la personne qui vient prendre le relais de l'équipe allemande arrive ce mercredi. À notre avis, il va avoir bien de la broue dans le toupet car il semble rester encore bien du travail de leur côté. On parle déjà que je reste jusqu'à ce qu'ils terminent... Oui, c'est cela oui... Je resterais bien si c'est une semaine de plus mais je ne peux pas. Je prends un médicament pour contrôler ma pression altérielle et j'en ai pour jusqu'au 2 novembre. Pas le choix de revenir à Montréal pour renouveler ma prescription. Hon, s'tu platte hin. J'ai tenté de téter des peppermints pour baisser ma pression mais sans succès. Alors faut que je revienne.

Je ne pensais jamais dire ça un jour mais je suis vraiment tanné de manger au restaurant. Une chance qu'il y a le déjeuner de l'hôtel qui me permet de goûter à toutes de sortes de plats en petite portion. Tu viens à Jakarta? Va à l'hôtel Aryaduta Imperial. Déjeuner bin l'fun. Y'a des trucs poches, c'est certain. Mais dans le lot, y'a plusieurs bons plats.

Hier, on est allé à 3 dans un restaurant coréen où on fait cuire sa bouffe dans un trou au milieu de la table. On a ri comme des débiles. Comme on doit avoir posé trop de questions, la serveuse est resté à côté de nous et a fait cuire la grande majorité de notre bouffe à notre place. J'imagine que la gérante avait peur qu'on foutte le feu à la place.

C'est impressionnant comment les gens sont gentils ici. Je sais, je radote. Impossible de ne pas le remarquer. Tout le monde (même les passants, là, faut dire qu'un grô à barbe, ils voient pas ça souvent j'imagine) me sourit tout le temps, me souhaite bonne journée («Mo'ning!) ou bonne soirée ('vening!). C'est presque rendu que mon café est déjà prêt quand je rentre au Starbuck's wannabe.

Depuis jeudi dernier, on a changé notre horaire. On travaille maintenant pendant la journée car on rencontre souvent le client et bon, je ne pense pas que ça leur tente bin bin de venir s'amuser avec nous dans le cinéma à 4h du matin (pourtant, on a du fun noir. C'est juste platte qu'ils vident et nettoient tout le temps la machine à fuff corn avant de partir. Ça donne le goût d'en manger car ça sent non-stop le faux beurre). Le changement d'horaire m'a fucké le décalage bien comme il faut. Je n'avais pas eu trop de misère lors de l'arrivée (j'ai dormi 10 heures en ligne et ça s'est placée tout seul). Là, j'ai eu de la misère à pogner le beat (image d'Alex qui dance comme un 2 x 4 en tentant de suivre l'horaire, ça aide à se faire une idée?) en maudit. Plusieurs journées de 3 heures de dodo, même hier, j'ai dormi à peine 6 heures. Là, je finis ce billet puis je vais me coucher même s'il ne sera pas 19h00. Je me fais des White Russians à 275 000$ le verre depuis 15h (J'aime ça faire ma Michelle Blanc et flasher des gros prix). Si si. Ça devrait aider à assommer le bucheron. La vodka a coûté 1,4 million$. Le Kahlua a coûté 900 000$ et la crème, bin la crème a presque rien coûté. Genre 11 000$ ou un truc du genre. Mais elle est grasse à l'os alors ça fait les meilleurs white russians ever. Ça me fait penser: le lait au brunch de l'hôtel est plein gras aussi (si tu veux, y'a du «skim milk» aussi mais ça, c'est pour ceux qui veulent vivre vieux en ayant une vie platte. Enfin). Dieu que c'est bon. Un grand verre à tous les matins derrière la cravate. Ça démarre la journée bien comme il faut en te bouchant les artères adéquatement. Fuck le jus de kiwi. Bof, tsé, on aura toujours le temps de les débloquer une fois à l'hospice.

Comme épitaphe: Il fut Alex Lauzon et but son lait bien gras.

En vrac de ce billet en vrac:
- Dans chaque chambre, il y a une balance alors pour le plaisir de la chose, je me pèse à chaque matin. La balance de la 3e chambre que j'ai eu, pour une journée seulement, m'a rétréci de 10 kilos. Je lui ai dit merci pour le compliment. Maudite menteuse. J'ai perdu 1 kilo au maximum. La crème aidera sûrement à le retrouver.

- Ici, le #flushgate, il est juste un peu après la courbe qui mène à une grande terrasse de restaurants. Juste avant d'y arriver, ça sent toujours intensément les égoûts, peu importe le moment de la journée. J'ai tu dis intense? Oui monsieur, intense pour vrai. Au début, on fait «woooohh, ça sent le caca hin.», puis on en revient, c'est quand même pas le Pérou (façon de parler, je sais pas si le Pérou sent fort). Pis là, quand ça fait deux semaines que tu passes 2 fois / jour, tu finis par trouver ça plutôt dégeulasse. Calvince qu'on pue quand même.

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12 October 2015
à 08h25

Lundi 12 octobre, Jakarta
en porridge au riz

Les journées se résument ainsi: lever entre 14h et 16h. Douche. Sortie pour déjeuner avec un plat de riz ou une soupe quelconque. Din fois, c'est bon, din fois, c'est pas bon. J'ai mangé des boules de saumon totalement horribles. Je pensais vomir la première. Un peu crétin, j'en ai mangé une 2e juste pour être certain ou pour au moins donner une 2e chance. Yark. C'était mauvais. Et si je ne sors pas, je mange des noix avec un jus de fruits. Je travaille dans ma chambre jusqu'à 20h et je sors pour dîner dans un restaurant avec l'équipe.

Je mange du Mie Tek-Tek, un genre de pad thaï très bon ou une pizza 4 fromages dans un restaurant italien-mexicain (si si) ou des Dim Sums (vraiment très bons. Miam!) ou de l'indien (on y va souvent, c'est extrêmement bon) ou encore autre chose dont je ne me souviens plus. Ensuite, direction Maxx Coffee, le Starbuck's wannabe où on m'appelle maintenant par mon prénom. Les gens sont tous vraiment gentils et très souriants. Dommage qu'il soit rare qu'on puisse engager la conversation car peu comprennent l'anglais. Par exemple, un collègue commande un plat qui me plait, je dis «same thing» au serveur qui me regarde, tout souriant, attendant la suite. Je répète «same thing please» mais finalement, ça se termine tout le temps par moi qui pointe à nouveau les mêmes plats. Pas un problème, m'en fous de le faire. C'est juste dommage de ne pas pouvoir discuter un peu avec les gens. J'aurais aimé avoir le temps ou le talent pour apprendre les bases de la langue. Habituellement, on est au cinéma (Maxx Box dans Lippo Village si ça intéresse quelqu'un) aux alentours de 22h et on y reste jusqu'à 4h, parfois jusqu'à 6h. «Souper» avec un McMuffin (car c'est tout ce qu'il y a d’ouvert à des milles à la ronde) ou sinon le déjeuner à l'hôtel qui est vraiment bien avec plein de plats locaux. Dodo avant 8h. Idéalement.

Mettons qu'avec un tel horaire, pas le temps de faire du tourisme plus loin dans la ville. Je ne suis pas certain que ça me manque tellement. Je voudrais bien aller visiter un peu et me promener mais c'est tellement humide que ça me coupe l'envie assez rapidement. J'ai demandé à ce que le prochain mandat soit dans le nord de l'Italie, à Londres, à Moscou ou à Trois-Rivières.

En me promenant dans le coin, j’ai constaté qu'une très grande partie de l’affichage est en anglais. Ce qui est tout de même fascinant lorsqu'on voit comment peu de locaux le maîtrisent. Une loi 101 leur serait grandement utile. Même l'installation que nous avons produit pour notre client est à 99,9% en anglais. C'est stupéfiant. Pour ne pas dire insultant pour eux. Ils ne comprennent même pas les instructions sur les écrans. Ils piochent tout partout jusqu'à ce que ça fasse quelque chose. La très grande majorité des gens qui viennent pour voir un film sont des locaux, pas des touristes. Notre installation ne leur parle pas du tout dans leur langue et c'est triste à voir. C'est comme ça pas mal partout. Venir ici m'aura confirmé que notre loi 101 est un outil très utile, n'en déplaise aux colonisés, aux citoyens du monde et aux anglophones unilingues qui se sentent méprisés par le choix de la majorité dans la province.

On vient de franchir une étape très importante cette nuit. Avec un peu de chance, je n'aurai pas à rester, ni à revenir. Car wouain, je suis plate de même mais ±26 heures de vol, je ne trouve pas ça hyper agréable. Vivement mon retour. Je m'ennuie d'avoir le nez froid, de rouler en vélo tôt le matin quand Montréal m'appartient, je m'ennuie du Marché Jean-Talon. Je veux manger une purée de céleri-rave, une palette braisée en buvant un rouge bien corsé. Je veux une lasagne géante. Un poulet rôti au four avec des grelots et une tarte aux pommes avec une croûte de 3 pieds de pâte brisée. Menum!

En vrac:
- Samedi matin, dès 5h30, il y a eu des tests de sons en bas à l'extérieur pour un party, un mariage, je ne sais trop. Ça a duré 3 heures. Ensuite dès midi, il y a eu de l'animation et quand j'ai quitté l'hôtel vers 18h, ça chantait et dansait allègrement. Oh well, j'aurais en masse le temps de dormir dimanche me suis-je dit, tout optimiste.

- Dimanche matin, encore dès 5h30, une armée de p'tites madames en costume genre Lululemon se sont fait aller le popotin en criant comme des folles. L'animatrice parlait dans un micro en répétant tout le temps la même phrase pendant une heure. Ensuite, tout l'avant-midi, c'est un genre de troupe de louveteaux qui s'est amusé à crier et chanter sans arrêt. Pitié. Je veux dormir.

- J'imagine qu'en Indonésie, le chiffre qui porte malheur est le 4. Car pas d'étage #4 à l'hôtel. Faudrait bien que je demande pourquoi à la réception. Intriguant.

- Le mouvement «avec pas de sac» n'est pas rendu ici. Exemple, au McDo, on met le gobelet de jus d'orange dans un petit sac et le sac brun McDo dans un autre sac en plastique blanc. On me regarde un peu incrédule quand je remet les 2 sacs en plastique sur le comptoir avant de partir. C'est comme ça partout. Au marché, si j'achète quelques items, il en mettent 2, 3 par sac, pas plus. Hier, j'ai rapporté 3 sacs vides et la jeune fille à la caisse ne voulait pas les remplir à nouveau. «Dirty, dirty» qu'elle disait. Hé bin, c'est ta planète qui va être dirty en esti mais bon, whatever.

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06 October 2015
à 10h19

Lundi 5 octobre, Jakarta
avec un Selamat tidur

Réveil officiel à 16h00 heure locale. Pas surprenant quand on pense que ça donne 5h00 du matin à Montréal. Je me suis réveillé une première fois vers 11h00 mais c'est la femme de chambre qui m'a sorti de mon rêve (je rêvais qu'on cognait sur une porte depuis une éternité, les rêves, c'est proche de la réalité parfois). J'avais oublié de mettre le bidule «ne pas déranger».

Comme on tente de rester sur le beat de Montréal, on travaille de nuit. On commence par aller «déjeuner» à nouveau chez l'indien (C'est vraiment bon comme place, demain par contre, je vais essayer autre chose, promis) avec les copains allemands qui travaillent avec nous sur le projet. Ensuite, direction au centre d'achat géant pour aller chercher encore un peu d'équipement. À force de venir ici, les gens de l'équipe ont fini par dénicher un petit commerce de pièces électroniques sorti tout droit d'un film. C'est tenu par une femme très sympatique. Dans ce coin du centre, il doit bien y avoir 100 magasins de cossins informatiques / électroniques. C'est très mercantile et à forte majorité tenu par des hommes. Ça détonne quand une femme de 5 pieds parle de connecteurs, switchs, caméras, poe et tralala avec passion et qu'elle trouve toujours une solution à nos demandes. Son commerce est un capharnaüm total. Elle n'a pas assez de place pour une chaise alors elle demeure assise sur un tabouret en bois toute la journée. Ouch le dos. Enfin. Bye bye et merci Madame Tan.

Marche marche chez le client. Croise quelques rats. Ici, on ne les voient pas juste quand ils sortent du bol de toilette. Ils sont aussi fréquents que les chats. Ça avance bien au travail. Je pourrai me sauver pour visiter un brin plus tard cette semaine. Mais faut que je prépare mon affaire: À peu près tous les points d'intérêts de la ville sont à 60 minutes de taxi ou même davantage. Le transport en commun dans le coin où je suis se limite à prendre une ride sur une moto en tant que passager, bien évidemment, avec pas de casque. Y'a plein de gars qui l'offrent constamment sur le bord du chemin. Ou sinon embarquer dans une minivan, souvent avec pas de portes latérales des deux côtés. Le système semble être: quand on a assez de monde pour une destination, on décolle et en attendant, on klaxonne constamment comme si on était à NY mais sans l'odeur d'hot-dogs. Pittoresque.

Grosse journée quand même. Je viens de terminer, il est 9h30, le 6 octobre. Bloguons un peu. Ah non, ça c'est déjà fait. Je suis tout mélangé. Allez, bonne nuit.

En vrac:

- Le vin est vraiment très cher ici. Claqué 70$us sur un Bordeaux okay mais sans plus. C'est pas ici que je boierai ma paye, ça c'est certain. Là, en ce moment, je suis plutôt au jus d'avocats. C'est bin bin bon. Au marché, il y a un espace avec plein de jus de très bonne qualité. J'ai aussi testé la limonade et c'était du bonbon.

- Wouain. La prière dans les hauts-parleurs dans le tapis à 4h20 du matin. C'est spécial.

- Je pense que ce que j'aime le moins quand je débarque quelque part, c'est le sentiment d'être perdu en permanence. Là, je commence à trouver mes repères. C'est rassurant. Faut dire que j'ai à peine fait 5 coins de rues mais bon, c'est rassurant pareil.

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