Je suis Alex Lauzon

30 mai 2014
à 14h45

Changer les paradigmes

Bonjour, mon nom, qui est imprimé sur ma cocarde de spécialiste, est François Hamelin. Je suis agent du changement de. Et spécialiste du paradigme. Le paradigme, ça me connait. Je le cerne tout le tour, par-dessus et parfois sans par-dessous. L'important, dans la maîtrise du paradigme, c'est de bien gérer son changement. Voilà pourquoi je suis agent de. Le reste me vient tout seulement.

J'ai découvert ma spécialité en lisant un livre spécialisée en marketing en anglais en deux tomes. Depuis, je fais des conférences et parfois, j'y suis présenté moi-même. Mon taux horaire parle de lui et me fait vivre sinon. Les gens m'écoutent parler au fur que je parle du. Mes clients s'abreuvent de ma parabole et de son discours du paradigm shift in english of course my darling.

Déjà une semaine, en lisant le journal, j'y voyais des changements de paradigmes dans le jeu des 7 erreurs. Car le secret est là pour en ce qui concerne le changement: Il suffirait de presque rien, peut-être 10 raisons de moins pour que je te dise paradigme. Le paradigme est circonflexe parce que. Il est changement car. En y prenant de près, on peut même conclure après ou pendant que l'aube est un changement de paradigme qui se répète tous les jours. Partir de là, c'est déjà faire beaucoup de chemin pour.

Sur ma cocarde, c'est François Hamelin et je suis enchanté de vous. Pour plus, en jumelant créativité et paradigme, on passe directement dans le quantique. Et c'est un peu pas trop mais oui, je veux dire que. Mais là, c'est au niveau d'une problématique avec laquelle je ne voudrais pas vous perdre mais.

François Hamelin. Je suis agent de changement donc.

PS: Mille mercis au jour des vidanges pour l'inspiration.

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07 mai 2014
à 16h56

Personnage #42

Paul fuit le présent. Vivre dans le futur est son quotidien. Il se voit toujours ailleurs, peu importe où il est. Parce que ça ne s'est pas encore produit. Une forme de procrastination projetée dans le futur. La fuite vers l'avant dans toute sa splendeur. Paul nourrit intérieurement mille et un projets. Tous plus formidables les uns que les autres. Mais ils les gardent pour plus tard. Il trouve toujours une raison pour ne pas en démarrer un seul. Partir en voyage? L'empreinte écologique est trop grande. Ouvrir un commerce? Avec la compétition en ligne, les profits ne seront pas au rendez-vous. Acheter un triplex et louer les logements? Il aura une place réservé pour lui à la régie, les locataires lui faisant des misères à chaque année.

Non, Paul garde l'oeil ouvert et attend le moment opportun pour réaliser un des projets. Le timing, plus tard, sera parfait.

Par exemple, pendant le réveillon, alors que tout le monde s'amuse, Paul se demande si c'est la dernière fois qu'il voit son oncle Gaëtan. Aaah, je n'ai plus de vêtements sobres. Que porterais-je à ses funérailles? Je me demande si on ira à l'église ou pas? Est-ce qu'il laissera un héritage à ses enfants ou s'il lèguera tout à sa blonde. Rose étant décédée depuis plusieurs années. Bon, il ne faut que j'oublie de magasiner un complet. Juste pour être prêt lorsque le moment arrivera.

Paul regarde le nombre de pages d'un livre dont il débute la lecture. Pour voir sa progression, estimer le temps que ça lui prendra pour terminer et passer à autre chose. 312 pages? ok, je vais en lire 100 là maintenant, 100 demain et 112 vendredi. Et ensuite, basta. Job done. Samedi matin, je pourrai en débuter un autre. Ou faire autre chose.

Est-ce qu'il a aimé ça? Peu importe. Pendant la lecture, il voit le nombre de pages qu'il lui reste à lire et s'imagine lisant la dernière phrase, content d'avoir passé au travers.

Même chose lorsqu'il regarde un film, il s'imagine en train de sortir du cinéma. Tiens, vivement que ce film finisse, je vais aller prendre une crème glacée à côté. Puis, je retournerai à la maison le plus vite possible. Jouer quelques heures sur la console, passer la soirée le plus vite possible en s'occupant l'esprit. Se brosser les dents en s'imaginant le lendemain matin.

Demain, je ne dois pas oublier de faire couler la douche avant le pipi matinal. Janvier est froid et c'est long avant d'avoir l'eau chaude. Comme ça, je n'attendrai pas et j'arriverai plus vite au travail. Si je travaille plus tôt, je pourrai quitter rapidement et aller faire un tour de vélo avant de rejoindre des gens pour une réunion de comité citoyen. Je les aime bien mais j'espère que ça ne s'étirera pas trop. J'aimerais pouvoir terminer ma lecture du journal de ce matin. Sinon, je ne le lirai jamais et je pourrais manquer une nouvelle.

Toujours une raison pour quitter le moment présent ou se jeter dans le futur. À coup de quelques secondes, Paul espère optimiser son présent afin d'arriver dans le futur le plus vite possible. Paul vit sa vie comme une partie d'échec. Il imagine comment se dérouleront les prochains événements de sa vie plutôt que de les vivre un par un.

On imagine que le passé doit, quelque part, l’intéresser aussi un peu, car Paul enseigne le cours d'histoire et civilisation au cégep.

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03 mai 2014
à 09h53

#leschroniqueurs

Les chroniqueurs qui créent des polémiques avec rien, comme un simple mot utilisé par un cinéaste pendant une entrevue donnée à l'étranger. Ils peuvent nous casser les yeux avec ce non-sujet pendant 2, voire 3 chroniques. On finit par en rire tellement c'est surnaturel.

Les chroniqueurs qui pondent un billet ayant pour titre «réflexion rapide sur <insérer ici le sujet d'actualité de votre choix>» et qui livre exactement ce que le titre promet: une réflexion incomplète, truffée de sophismes et de pensées dignes d'un trio McTineau (genre de fusion entre Martineau et McDonald's). On sent bien que l'auteur aurait aimé avoir quelque à dire ou arriver à une piste pour diriger la conversation mais qu'il n'a malheureusement rien trouvé.

Les chroniqueurs culturels qui snobent tout ce qui est de culture populaire du haut de leur tour d'hipster. Nous aussi on trouve qu'il y a trop de films de superhéros mais on ne fait pas un billet complet là-dessus. On attend juste qu'ils soient disponibles en location sur iTunes pour les regarder sans que ça coûte 30$ de puffcorn. Et là, on trouve que pour 5$, on a sincèrement passé un très bon moment.

Les chroniqueurs pour qui Montréal est souvent nulle, en retard sur une quelconque autre ville. Qui voient toujours mille fois mieux lorsqu'ils sont à Amsterdam, Stockholm, Toronto ou St-Clet. Hey chose, Ça te tente pas de rester là-bas et nous foutre la paix? On est bien à Montréal et il fait bon y vivre malgré ses défauts. Est-ce possible de constater que le verre est sans aucun doute, au moins, à moitié plein?

Les chroniqueurs qui font la morale sur tout, se prétendant libre penseur alors qu'ils traînent leur jugement comme un boulet. Les chroniqueurs qui soufflent le chaud et le froid, au gré de la faveur populaire. Les chroniqueurs ayant des opinions si tranchées qu'une conversation est impossible. Ils auront toujours raison et nous ne serons toujours que la plèbe ignorante. Les chroniqueurs sans opinion fixe avec qui tout consensus est impossible. Ils auront toujours un autre argument nous ramenant à la case départ.

Les chroniqueurs qui parlent de leur propre mort dans presque tous leurs papiers. Lorsqu'ils mourront enfin, on ne pourra même pas avoir un deuil qui vaille toute la peine que nous aurons. On l'a vécu à toutes les semaines pendant des années.

Les chroniqueurs qui se tiennent debout et qui font avancer le débat lorsque deux hommes utilisent un programme gouvernemental pour devenir pères. Une société est malade lorsqu'elle juge qu'il n'est pas utile de les aider à atteindre cet objectif si naturel. Les chroniqueurs qui nous montre le ciel plutôt que leur doigt. Ceux qui voient la lumière alors qu'on entre à peine dans le tunnel. Ceux qui, au lendemain d'une élection, pensent déjà à ce qui va se passer dans 4 ans. Ceux qui mettent leur tête sur le billot plus souvent qu'à leur tour.

Les chroniqueurs font un métier que j'aurais aimé faire. Il y a assurément de la jalousie dans ce billet.

 

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01 août 2013
à 12h20

A beef in the valley - Jour 21

Mercredi matin. Réveil tôt pour faire le ménage de l'appartement. La procédure se déroule rondement et on finit le tout vers midi. Les nouveaux occupants arrivent, on discute, refile quelques trucs à propos du Muni et cie. Nous laissons nos valises et allons dîner. Ça sera une soupe tonkinoise et un poulet au curry dans un restaurant vietnamien pas très loin sur Irving. Très bon.

Nous prenons une marche dans le parc Golden Gate une dernière fois avant de revenir prendre nos valises et nous diriger vers l'aéroport. Je tente d'utiliser une app (Taxi magic) pour un taxi, mais après plusieurs délais d'attente et même une course avortée (l'app m'avise que notre chauffeur semble avoir pris un autre client alors qu'il était en chemin vers nous. Plutôt ordinaire!). Je télécharge alors l'app Uber pour tester la patente. Ça fonctionne beaucoup mieux et en quelques minutes, un taxi se pointe. La ride vers l'aéroport est rigolote, le chauffeur se prend pour le conducteur d'un bus «hop-on, hop-off» en nous gratifiant de multiples explications et pointages vers des bâtiments. C'est très sympathique et la conversation nous mène agréablement à l'aéroport.

On passe le check-in, tente de passer la douane pour apprendre qu'on ne peut pas apporter nos cinq bouteilles de vin avec nous dans l'avion (bin quoi? On en rapporte tout de même quelques-unes non?), apprend à la dure qu'on ne peut pas mettre de bouteilles de vin enroulées dans du linge à l'intérieur de nos valises, utilise les services d'un agence de voyages pour bien empaqueter les bouteilles, refaire le check-in pour cette nouvelle «valise», s'apercevoir que nous avions en fait six bouteilles et qu'il en reste donc une dans un de nos sacs, se demander si nous avons un limonadier pas trop loin dans nos affaires afin de lui kicker le cul drette là dans l'aéroport, conclure que nous n'en avons pas, donner la bouteille au premier quidam passant qui l'accepte, repasser les douanes et comble de l'histoire, constater que notre premier vol a du retard…

Nous devions partir à 20h20 pour arriver à minuit à Edmonton. Le 2e vol partait à 1h20. Nous partons finalement avec un peu plus d'une heure de retard. Nous avons beau nous empresser à prendre les valises, passer les douanes (le douanier canadien a jonglé quelques secondes avec l'idée de nous faire ouvrir la boite de bouteilles, mais il nous a finalement laissé passer.), courir au check-in. Il est 1h13. Les comptoirs sont vides et tout est fermé.

Nous nous résignons à passer la nuit dans l'aéroport lorsque j'aperçois 2 employées de United, notre premier vol. Elles sont très gentilles, nous donnent un nouveau vol, une chambre d'hôtel et des billets pour les repas à l'aéroport. On les remercie et on prend la navette qui nous mène à l'hôtel. Dodo très tard.

Je ne prendrai plus jamais d'escale pour ce type de vol. Promesse personnelle.

 

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