Je suis Alex Lauzon

17/07/2019
à 07h39

12 juillet 2019, Rouyn-Noranda trappée
comme une bête noire

Juste avant de partir pour ma tournée des Grands Lacs, j'ai vu une publicité sur Facebook à propos du MoFFAT, le Moto Film Fest Abitibi-Témincamigune, deuxième édition. Un festival de courts métrages à propos de la moto offrant aussi une exposition de motos, soit celles des participants, des concessionnaires ou sinon modifiées par des artisans. Cette année, il y avait aussi une exposition de voitures anciennes ou modifiées. On a même eu droit à un camion Magnum contribuant à lui seul à une bonne partie des GES produits pendant la fin de semaine.

Les expositions sont intéressantes, les projections aussi, mais le vrai secret de cet événement, à mon avis, est ses participants. Une belle bande de gens s'amusant à moto depuis plus de 40 ans ou depuis seulement 1 an. Des femmes et des hommes roulant autant de bitume que possible. J'y ai vu une belle fraternité, une culture de l'entraide sincère et un esprit d'aventure jovial vraiment inspirant. Une belle magie.

Donc, début juin, je me suis inscrit en solo à l'événement en me disant que j'allais bien y rencontrer des gens amusants avec qui jaser et prendre un verre. Et au pire, sinon, je me disais que si l'événement m'emmerde, je pouvais toujours juste me promener dans le coin le samedi et quitter tôt le dimanche matin. Évidemment, ce plan B n'a jamais été nécessaire.

C'est aussi l'organisation de l'événement qui m'a impressionné: ils ont planifié des départs dans 8 villes du Québec afin que tous puissent converger en même temps vers Rouyn-Noranda pour y arriver le vendredi vers 20 heures. Méchant «trip»! Bon, ça ne s'est pas déroulé exactement comme ça pour plusieurs d'entre nous, mais, peu importe, tout motard sait que le plus important est le périple, pas la destination. On arrivera quand on arrivera. La Bête noire n'allait pas être une exception à cette règle de base.

LE DÉPART
Le 11 juillet, au travail, j'ai appris que je devais participer à une conférence téléphonique avec un client le lendemain à 9h30... Damn. Notre départ est prévu au Gibeau Orange Julep à 7h00. Je vais devoir le manquer. Je suis déçu, mais je me dis qu'avec un peu de chance, je pourrai les rattraper au travers du parc de La Vérendrye ou peut-être un peu après.

Je serai chanceux dans ma malchance puisque l'appel sera assez rapide pour que j'enfourche Rutilante un peu après 10h00. J'ai pris la 15 Nord, puis la 117 Nord et je suis monté aussi rapidement que possible avec comme plan de match de dîner à la Microbrasserie du Lièvre. C'est un des points de ralliement alors je me suis dit que je pourrais demander vers quelle heure la bande est passée et voir si je les rattrape. J'y arrive vers midi quinze.

Oh! Surprise! Je vois une belle série de motos dans le stationnement et le camion de Hardcore Cycles, parti de Portneuf la veille. Yé! J'ai rattrapé le groupe! Je parle avec deux gars dans le stationnement qui me disent que la bande termine son dîner. Je rentre dans le commerce, mais je suis trop gêné pour me joindre à eux tout de suite. Je m'installe à une table et je commande. Je les vois partir alors que je mange. Je les suivrai environ 15 minutes plus tard. Maintenant que je sais qu'ils sont juste un peu en avant, je sais que je peux les rejoindre.

Je n'ai même pas fait 50 km que je les vois à une station-service. J'arrête et me présente à quelques-uns d'entre eux. Ça y'est, je participe à la Bête noire. On me donne mon bandana officiel. On repart.

LE PARC DE LA VÉRENDRYE
Ce parc a une mauvaise réputation, je ne saurais dire pourquoi, car l'entrée s'y fait pourtant bien. Un moment donné, on n'est pas dans le parc et un moment donné, pouf, on y est. Aussi simple que ça. Nous faisons une autre pause à une halte se nommant Le Domaine. Une chance que j'ai rattrapé tout le monde avant, car si j'étais passé à leur hauteur lors de cet arrêt, je les aurais sûrement manqués.

On traine peut-être un peu au Domaine et certains s'impatientent ce qui donne que la bande se sépare. Nommons-les affectueusement «Les Pressés». Ils partent. Ne sachant pas trop quoi faire, je les suis. Je regrette finalement de l'avoir fait. On était une belle bande alors partir seulement 6 personnes, c'est moins l'fun. Heureusement, on prend une pause un peu plus loin sur le bord de la route et on voit le restant passer. On repart. On les rejoindra bien rapidement, car cette fois-ci, ce sont eux qui sont arrêtés sur le bord du chemin, l'un d'eux manque d'essence et plus personne n'en a en extra. Je prends note de m'acheter un petit réservoir et de toujours le trainer avec moi. Pour ce genre de balade, je peux le remplir et le partager avec quelqu'un si jamais le besoin survient. Finalement, les gars de Hardcore Cycles nous rejoignent, ils ont de l'essence alors on repart. Cette fois-ci, les pressés sont à nouveau partis depuis quelques minutes, mais je ne les ai pas suivis. J'ai préféré rester avec la plus grosse bande, juste pour tenter de jaser un peu avec tout le monde. Et me faire dévorer par la fameuse mouche noire abitibienne.

On repart et on arrête au Ultramar à la sortie du parc. Nous avons vaincu une partie de la Bête noire! C'est à ce moment que nous apprenons qu'il y a un accident avec décès sur la 117 à la hauteur de Malartic. Il n'y a pas moyen de contourner localement alors nous aurons peut-être à faire un détour d'environ 60 minutes par Amos. Encore là, les pressés partent et cette fois-ci, je pars avec eux. Si c'était à refaire, je resterais avec la plus grosse bande. J'ai comme un peu de difficulté à décider avec qui je veux me balader! On arrive à Val-d'Or pour une bière offerte par le MoFFAT. À l'origine, nous devions souper à ce restaurant, mais à cause de l'accident, les organisateurs décident de repartir plus rapidement.

Bien que l'application 511 Québec nous indique clairement que la route est fermée, l'un de nous fait un appel à un contact à la SQ et il nous dit que ce contact affirme que nous pouvons passer par une voie de contournement. Cette fois-ci tout le monde part ensemble et j'en suis bien content. C'est plus l'fun rouler en grosse gang.

On roule un bon moment et oups, la 117 est bel et bien fermée... Bon. Après un peu de tergiversation, nous avons finalement trouvé un moyen de faire un détour et de rejoindre la 117 en s'amusant bien comme il faut. Plusieurs d'entre nous ont «level-up» certaines compétences bien précises de conduite en moto, ce qui est toujours bénéfique! Je tiens à dire «Chapeau!» aux gens qui faisaient ce genre d'escapade sur chemin de garnotte pour la première fois. Tout le monde a gardé son calme et son assurance. Un très beau moment du voyage qui demeurera à jamais une anecdote de la 2e édition du MoFFAT!

L’ARRIVÉE
Nous sommes finalement arrivés à Rouyn-Noranda un peu avant 22h00 en profitant des dernières lueurs du soleil.

On a vaincu la Bête noire!

J'ai dû quitter le groupe en arrivant, car la dame où je loue une chambre pour la fin de semaine avait bien hâte que j'arrive. On s'est échangé plusieurs textos pendant la journée. Je devais repousser mon heure d'arivée à chaque fois. Je devais être là vers 20h pour prendre la clé et je pense qu'elle a envie d'aller se coucher. Je sors prendre un morceau rapide dans un restaurant proche et je retourne à la chambre pour un repos bien mérité. Demain, le MoFFAT m'attend!

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