Fable du lièvre et de la tortue [légèrement revisitée, mettons]

4 septembre 2007

Lettres pour ma blonde

Le Lièvre, toujours prêt à faire nager sa Tortue, décida de l'appâter en sa demeure en lui susurrant une idée de repas entre amoureux.

«Rien ne sert de conquérir; il faut venir à point.» disait Paul Bukowski.

Le Lièvre et sa Tortue dépensant au Bureau en gros.
Gageons, dit celui-ci, que vous ne résisteriez point,
Sitôt que moi à un repas. — Sitôt? Êtes-vous Stéfano?
Répartit la Tortue amusée.

Ma chère!, il faut à tout le moins vous avouer
Un banquet de moi, serait-ce quatre fraises et du riz.
Je me ferais Martineau et vous en accepteriez.
— Macho! Ricardo ou non, volontiers je m'y plie.

Ainsi fut fait: et de tous deux
On mit la table pour jeudi ou vendredi.
Savoir quand, ce n'est pas l'affaire.

Notre Lièvre n'avait que sept pas à faire.
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être au ciel
Il s'éloigne des mandats, les renvoie aux Calendes,
Envoyant son cellulaire parcourir les landes.

Ayant, dis-je, du temps de reste pour courser,
Pour convenir, et pour popoter.

D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train flamboyant de professeure.
Elle travaille, elle s'évertue,
Elle pawerpointe avec lenteur.

Lui cependant aspire une telle soirée,
Au pire trois dodos, elle sera accordée.

Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son bonheur
De souper tard. Il fripepuite, il prose,
Il s'amuse à toute autre chose.

Qu'à la gageure! Pour la soirée, il prépara
Un repas digne des Reines d'Espagne,
Risotto, fraises, lapin et cie, il proposa
Un souper jalousé par la brigade du Cocagne.

Eh bien! lui poussa-t-il, avais-je pas raison?
Vous avoir à moi, suffit de toucher votre bedon!
Tous deux pouffèrent de rire, le vin aidant.
Décidèrent d'aller au lit sans régler le cadran.