Étude anthropologique des carnets québécois
3 août 2007
Je blogue
Les carnets québécois sont sous analyse... De la part d'un Français venu étudié ici. —Oups, je me suis trompé. C'est plutôt un Québécois qui est allé étudier en France pendant quelques mois. Désolé pour cette erreur. J'ai modifié quelques phrases de ce billet en conséquence.— En se basant sur des critères tels que l'originalité, la qualité du vocabulaire et la pertinence, il donne une note globale au blogue en le recommandant ou en conseillant de l'éviter. Notons douteusement qu'il a choisi de concentrer ses analyses sur les blogues les plus populaires selon des sites répertoires comme Tout le monde en blog ou TopBlogues.
Tchendoh, Optimistic, Un taxi la nuit et Histoire de Geek font parti des blogues déjà «étudiés».
La démarche aurait pu être intéressante. Seulement, l'auteur de Les blogs québécois a émis comme prémisse: «En Europe ..., les blogs ont plusieurs années d'avance par rapport à ceux du Québec.» [sic]
Il est plutôt rigolo de constater que cette personne -un étudiant en anthropologie- ai oublié de faire ses devoirs... Ça me semble louche de prétendre que les blogues européens ont une longueur d'avance sur les blogues québécois. Ça doit être pour ça que Paris Carnet a débuté des années après YulBlog. Ceci dit, il m'apparaît futile de dire qui a commencé avant qui. Comme je le dis plus haut, les prémisses sont obscures et dégagent un petit parfum d'ignorance.
Il faudrait probablement le guider un peu. Il semble perdu. Il y a tellement de bons blogues québécois. On lui fait une liste? Parce que, bon, tsé, Topbloyes là, c'est p'tête pas la meilleure place pour démarrer une telle étude...
Christian émet comme hypothèse à sa thèse une autre idée assez amusante: «Je doute que la qualité linguistique et littéraire générale de la masse québécoise soit suffisamment bonne pour que la blogosphère d'ici atteigne un niveau de littérature minimal acceptable, autant par le contenu que par la forme.»
Pourquoi faire une étude sur les blogues québécois si on doute dès le départ du niveau de leur contenu? On se dilate la rate un peu en lisant une des phrases du mot d'introduction: «Le phénomène a connu un essort, puis un déclin depuis un certain temps.» Eh bin. Coudonc. En France, on écrit essor avec un «t». Dans l'Hexagone, territoire où l'on aime bien utiliser les mots anglais directement plutôt que de les traduire (mettons, euh, email plutôt que courriel tiens.), on doit probablement utiliser le terme anglais blog et non notre traduction à nous qui est carnet ou blogue. Enfin, c'est le terme utilisé».
En ce qui concerne ses critères, je suis d'accord pour la note sur l'originalité et la qualité de langue. J'ai des réserves substantielles sur celle de la pertinence.
Je suis d'avis que la maîtrise d'une langue est primordiale pour s'exprimer correctement. Mais je suis aussi d'avis que le plus important est la communication avec cette langue. Lorsque j'écris, je fais des fautes. C'est certain. Mais malgré celles-ci, j'ose prétendre que l'on comprend ce que j'exprime. Au diable les coquilles! Je cassai un peu de sucre sur Christian avec sa coquille «essort». C'était simplement pour lui remettre à la figure que personne n'est à l'abri des fautes. Mon point ici est que le critère de la langue ne devrait pas avoir autant d'importance que l'originalité ou les réflexions procurées par un texte écrit.
La pertinence d'un blogue ne revient qu'à son auteur selon moi. C'est un journal personnel. L'auteur en fait ce qu'il veut. Si le contenu rejoint un lectorat, c'est tant mieux. Mais c'est loin d'être essentiel. Si 10putes génère peu de commentaires, ça n'enlève rien à la pertinence du carnet. Les visites semblent d'ailleurs prouver le contraire. La plupart des carnets que je lis ne reçoivent pas beaucoup de commentaires. Et d'autres, en reçoivent à la centaine. Patrick Lagacé se claque des commentaires débiles (à mon avis) à longueur de journée. Peu me font réfléchir et beaucoup me désolent énormément. Est-ce que cela veut dire que Lagacé est plus pertinent que d'autres. J'en doute. Philippo, le barman devenu journaliste a été extrêmement pertinent dès son premier billet. Bin avant qu'il soit populaire et que les commentaires pleuvent sur son carnet maintenant défunt.
Ce que Christian ne semble pas avoir compris, c'est qu'un auteur s'amuse parfois (souvent) à «colorer» ses billets. D'ailleurs, est-ce que quelqu'un pense vraiment que tout ce que Pierre-Léon écrit sur son carnet est vrai? Non sérieux? Vous pensez vraiment que tout ça lui est arrivé exactement comme il l'écrit? Je croyais qu'un auteur se faisait prendre au jeu plus souvent que ses lecteurs mais il me semble que non finalement. Ça donne régulièrement de très bons billets où la distorsion de la réalité est tellement «réelle» que l'on y croit. Par expérience personnelle, je me suis souvent inspiré d'un petit détail pour écrire un billet complet où la réalité représentait une infime partie. Peu de gens pouvaient discerner le vrai du faux.
J'espère que l'auteur de cette étude prendra le temps de lire entre les lignes des carnets qu'il analyse. À défaut de le faire, il risque de ne pas en percevoir l'âme. Il déplore: «Nous sommes donc ici très loin des blogs typiques et de plus en plus fades des mères de famille, professeurs, célibataires, dépressifs, etc, qui semblent constituer plus de 50% de la blogosphère québécoise.» [sic]. Les carnets de célibataires urbaines, de professeurs maudits et de mères de familles indignes, moi, j'ai en adoré chaque espace entre les mots lorsque leur blogue était vivant!
Commentaires
4 août 2007 à 11:34 AM /// Chabotman pense que:
4 août 2007 à 12:03 PM /// Patate pense que:
Ouais, mais le gars ça le divertit. Et je crois que ça va en divertir plusieurs. Faut prendre ça de même.
Je crois que son erreur c'est d'essayer de teinter son "projet" de trop de sérieux et surtout de se donner un ton qui se veut objectif.
Autrement... quel mal est-ce que ça fait, vraiment?
4 août 2007 à 12:49 PM /// Chabotman pense que:
C'est exactement ce que je dis, un ton qui se veut objectif est problématique. On dirait qu'on utilise une façade académique, laquelle pourrait être admise et donc de "la construction du savoir" s'accomplir en quelque sorte. J'ai l'impression qu'il y a corruption, évolution ou dévolution de la définition des concepts "blog" et "québécois". Est-ce que c'est mal? Est-ce que le fait de rationaliser exempte en son essence l'idée que "la blogodiversité" se fane du moment qu'on la catégorise en la comparant, même pour la comprendre? Ce n'est peut-être pas quelque chose de mal, du moment que ça reste faux et assumer de manière transparente comme étant faux. Du moment que quelqu'un commence à s'enticher sérieusement du "rating" d'un blogue ici et là pour en accumuler une vision globale et mets dans le même plat les termes conjugués "blog" et "québécois", c'est là que ça devient gênant. "Poser le Mal comme le contraire de la Vertu, c'est lui faire trop d'honneur." (Novalis)
5 août 2007 à 12:52 AM /// Lili pense que:
Que monsieur Christian fasse une étude anthropologique des blogues québécois, j`en doute. Ça me semble plutôt, comme il l`écrit, une analyse [sic] critique basée sur son expérience personnelle [laquelle?] et académique. Basée sur…
Cela étant, son exercice critique est pitoyable. À défaut de pondre une thèse proprement dite, monsieur Chose semble indéniablement vouloir prouver sa thèse, tant son manque d`objectivité et ses nombreux a prori sont patents.
Parmi ses prémisses discutables, car non argumentées ou non démontrées, il y a la présomption selon laquelle les blogues québécois sont généralement mauvais. Pour preuve, il écrit: «Nous sommes donc ici très loin des blogs typiques et de plus en plus fades des mères de famille, professeurs, célibataires, dépressifs, etc. qui semblent constituer plus de 50% de la blogosphère québécoise.» Ce qu`il y a de bien avec ce genre d`affirmation est qu`on n`a plus besoin de lire ses critiques. En principe, une fois sur deux, il nous rappellera que ç`est là un blogue fadasse, typique des …
Parmi ses autres a priori, il y a le fait que le lectorat des blogs typiques, selon ses termes, en particulier ceux qui sont populaires, serait un peu débile. Je le cite: «le niveau de visite de ce blog me consterne, mais démontre le parfait exemple d'un voyeurisme à effet de masse. Les gens s'identifient à ce blog de la même façon qu'ils s'identifient à la description de leur horoscope; ils finissent par croire que ça parle d'eux.» Finissent par croire..Que de condescendance et de préjugés.
Ouf! Grâce à l`apôtre Christian, la blogosphère québécoise et son lectorat savent d`avance que les blogues ne sont généralement que du pain rassi offert à un public voyeur en mal de jeux, pour ne pas dire en mal de vie [et voilà pour sa thèse]. Merci Christian de nous éclairer ainsi. Halléluia!
-
Hey!, ça faisait longtemps que je n`avais pas commenté ici. Je me suis lâchée lousse en pas pour rire. Désolée.
De ce que je me rappels au bacc en science politique (méthodologie de n'importe quoi), c'est que la méthodologie de l'anthropologie est incroyablement exhaustive (et aussi la science sociale du colonialisme. L'approche de notre Français anthropologue fait dans l'anthropologie cognitive (l'étude comparative de la cognition humaine dans son contexte linguistique et culturel). J'ajouterais donc aussi que la consommation de produits culturels québécois est nécessaire "La guerre des Tuques", "Ding et Dong le film", "Le Matou", "L'antre du dragon", "Les coffrets de Rock et Belles Oreilles, Bleu Poudre, Cormoran, L'Héritage, etc..."