Je suis Alex Lauzon

03/05/2014
à 09h53

#leschroniqueurs

Les chroniqueurs qui créent des polémiques avec rien, comme un simple mot utilisé par un cinéaste pendant une entrevue donnée à l'étranger. Ils peuvent nous casser les yeux avec ce non-sujet pendant 2, voire 3 chroniques. On finit par en rire tellement c'est surnaturel.

Les chroniqueurs qui pondent un billet ayant pour titre «réflexion rapide sur <insérer ici le sujet d'actualité de votre choix>» et qui livre exactement ce que le titre promet: une réflexion incomplète, truffée de sophismes et de pensées dignes d'un trio McTineau (genre de fusion entre Martineau et McDonald's). On sent bien que l'auteur aurait aimé avoir quelque à dire ou arriver à une piste pour diriger la conversation mais qu'il n'a malheureusement rien trouvé.

Les chroniqueurs culturels qui snobent tout ce qui est de culture populaire du haut de leur tour d'hipster. Nous aussi on trouve qu'il y a trop de films de superhéros mais on ne fait pas un billet complet là-dessus. On attend juste qu'ils soient disponibles en location sur iTunes pour les regarder sans que ça coûte 30$ de puffcorn. Et là, on trouve que pour 5$, on a sincèrement passé un très bon moment.

Les chroniqueurs pour qui Montréal est souvent nulle, en retard sur une quelconque autre ville. Qui voient toujours mille fois mieux lorsqu'ils sont à Amsterdam, Stockholm, Toronto ou St-Clet. Hey chose, Ça te tente pas de rester là-bas et nous foutre la paix? On est bien à Montréal et il fait bon y vivre malgré ses défauts. Est-ce possible de constater que le verre est sans aucun doute, au moins, à moitié plein?

Les chroniqueurs qui font la morale sur tout, se prétendant libre penseur alors qu'ils traînent leur jugement comme un boulet. Les chroniqueurs qui soufflent le chaud et le froid, au gré de la faveur populaire. Les chroniqueurs ayant des opinions si tranchées qu'une conversation est impossible. Ils auront toujours raison et nous ne serons toujours que la plèbe ignorante. Les chroniqueurs sans opinion fixe avec qui tout consensus est impossible. Ils auront toujours un autre argument nous ramenant à la case départ.

Les chroniqueurs qui parlent de leur propre mort dans presque tous leurs papiers. Lorsqu'ils mourront enfin, on ne pourra même pas avoir un deuil qui vaille toute la peine que nous aurons. On l'a vécu à toutes les semaines pendant des années.

Les chroniqueurs qui se tiennent debout et qui font avancer le débat lorsque deux hommes utilisent un programme gouvernemental pour devenir pères. Une société est malade lorsqu'elle juge qu'il n'est pas utile de les aider à atteindre cet objectif si naturel. Les chroniqueurs qui nous montre le ciel plutôt que leur doigt. Ceux qui voient la lumière alors qu'on entre à peine dans le tunnel. Ceux qui, au lendemain d'une élection, pensent déjà à ce qui va se passer dans 4 ans. Ceux qui mettent leur tête sur le billot plus souvent qu'à leur tour.

Les chroniqueurs font un métier que j'aurais aimé faire. Il y a assurément de la jalousie dans ce billet.

 

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