Je suis Alex Lauzon

21/12/2011
à 19h57

De l’exploitation du HPQ

Je me joins à Simon Jodoin et Renart Léveillé afin de dénoncer la venue du Huffington Post en version québécoise. Je suis parfaitement d'accord avec eux.

Ayant été, pendant un court laps de temps, un des organisateurs de Yulblog, une personne représentant le HPQ m'a joint au début novembre afin que je fasse la promotion du site auprès des blogueurs québécois. Ce que j'ai refusé en expliquant ma position. Celle-ci n'a pas changé depuis. Tout travail mérite rémunération et je ne peux endosser un média qui fait de l'argent en vendant de la publicité sur les pages de textes dits «de visibilité».

Sur le blogue de Jocelyne Robert, celle-ci appelle à la nuance. Puisque nous devons nuancer, alors nuançons... Qu'un politicien ne soit pas rémunéré pour une lettre publié dans la page Idées d'un journal, je trouve ça tout à fait normal. Il est payé par nos taxes et il utilise un canal de diffusion offert gratuitement afin de faire circuler ses idées. La différence avec le HP, et celle-ci est plus pernicieuse, c'est qu'ils utilisent leur visibilité comme argument de vente pour attirer des blogueurs ou des gens qui sont justement en manque de visibilité. Je ne connais aucun média «traditionnel» québécois qui approche les politiciens/intellos/whatever en leur faisant miroiter leur page Idées... Il y a une différence majeure entre un Jacques Parizeau qui publie un ou deux textes par année dans Le Devoir et un intellectuel xyz qui publie sur la «plateforme HPQ» régulièrement pour son propre «personal branling». Car on le sait tous, ce qui est le plus important, ce n'est pas écrire un texte mais bien qu'il soit lu par le plus de gens possible… Ce calcul me sidère.

Là où il y a différence majeure, c'est vraiment sur la fréquence. Si j'ai bien compris, les collaborateurs sont invités à collaborer aussi souvent qu'ils le veuillent et non une seule fois ou de façon très sporadique. Ainsi, le HP ne se veut pas vraiment un canal de diffusion des idées mais un grossiste de contenus qu'il ne paie pas. Oui, il y aura des journalistes payés. Des pigistes rémunérés. Mais pourquoi ne pas récompenser tous les contributeurs? Je ne saisis pas. Ou sinon, pourquoi ne pas avoir simplement une page «Idées» sans publicités?

Car si le HPQ avait vraiment le coeur sur la main, il ne publierait pas de publicités à côté des textes de gens qui n'ont pas été rémunérés. Avez-vous déjà vu des publicités sur la page Idées du Devoir ou dans La Presse? Un peu d'éthique, ça ne coûte rien aussi. Je trouve aberrant que des gens acceptent de travailler gratuitement pour en enrichir d'autres. Il y a un mot pour ça: exploitation. Je pense que ceux qui acceptent font un peu pitié finalement. Leur manque de visibilité est à ce point grand? Quel dommage.

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