Je suis Alex Lauzon

31/03/2015
à 23h20

31 mars 2015, New York,
tel un Hey hey Johnny

Réveil, douche et tralala. Direction Junior’s sur la 45th pour un déjeuner classique. Je ne serai presque pas déçu. Over & easy, de la patate en veux-tu en v`là, de la saucisse tout sauf gau-gauche caviar (un peu austère, un brin sèche sur les coins, même si des coins sur une saucisse, y'en a pas vraiment, enfin, bon, bof...) et une piscine de café filtre plutôt moyen. Mot-clic du matin: #Would-you-like-more-coffee-sir-no-i-m-good-and-if-i-ever-come-back-here-it-will-be-for-your-beautiful-smile-not-your-coffee-thank-you.

Au boulot, batteries de tests qui se déroulent vraiment bien. Le restant de la semaine augure bien côté temps supplémentaire. M'a pas me plaindre mais Lulu va peut-être me visiter en rêve et me crier un «travaille, fainéant!». On verra rendu là. Journée terminée vers 16h30. Il pleut légèrement, le ciel est gris mais la lumière me semble bonne tout de même. Allons aux arbres, allons au musée, allons vers Central park, allons au zoo (yep, y'a un zoo à Central Park. Malade hin?).

Mais tout d'abord, ça prend de la gasoline. Arrêt au puit chez Magnolia’s pour un banana pudding (c’est fou comme c’est bon ce truc. J'en prendrais une chaudière), une tranche de gâteau Reine Élizabeth (c’est fondant, c’est goûteux, c’est divin, je capote, j'en mangerais un food truck Pied de cochon plein, tu te fais une image là?) et un cappucino (ici, par contre, j'ai reçu ce qui est plutôt un genre de latte flatte (un «flatté»?) avec juste beaucoup de lait avec pas vraiment de café dedans. Qualité plus basse que le zéro absolu atteinte, tant pis).

Pok, flick, pok, pok, flack, marche, marche. Passer devant Carnegie Hall. Pause de touriste. Penser à Miles et cie en se disant qu'il faudrait bien les écouter à nouveau cette semaine. Central Park, c'est beau, c'est beau, malgré la température parfaite pour un New York state of mind, peu importe ce que ça veut dire, il y a des ambiances comme ça: Un classement fait maison de «Les plus grands succès de Led Zep» très fort dans les oreilles pour tenter d’enterrer le vacarme des klaxons qui se prennent pour des grillons un soir de pleine lune, une juste balance de parapluies pressés croisés ici et là, des joggeurs qui publieront leur itinéraire plus tard, rendu à la maison. Mouah! Je trouve ça fascinant comme comportement grégaire, c’est comme des bikers qui se flashent le dessous de bras sur l'autoroute. Faut faire parti de la bande pour comprendre, j’imagine, en ratodant un brin, j'avoue. Smack, vous aime tsé.

C'est peut-être ça, un NY state of mind? Un spleen joyeux? Des klaxons qui normalement te tomberaient sur les nerfs et qui là, ne te dérangent pas vraiment? Croiser des centaines de gens au kilomètre carré, même à 6 heures le matin? Tout tire vers la tristesse mais tu es content d’être là, heureux de marcher au beat, de te rendre jusqu’au MET et aller voir n’importe quoi. Montrez-moi une collection de mouchoirs, j'achète. Des sculptures en Q-tips? Ok. Je suis preneur. Je demande au gardien à ce propos. Il me dit que je me suis trompé de musée et que c'est au MoMA que je pourrais voir des expos de ce genre. Je me prends 2 secondes pour Gran et je lui balance un Let do. Il ne comprend pas et me dit que ça ferme dans 2 minutes. Oh. Zut. Le Guggenheim n’est pas loin. Ils sont peut-être plus généreux côté horaire. Mais non, c'est fermé quand j’arrive. Booon. Ça se couche tôt, un curateur de culture.

Ok. Pas grave. On est à NY. Il doit bien y avoir quelque chose d’autre à faire que de fournir les pigeons en pretzels. Mémoire, sers-tu parfois? Me semble que John avait sa demeure proche de Central Park. Google. Yep. Dakota que ça s'appelle (petite pensée niaiseuse pour la migonne qui figure dans fifty shades of grey. Hep. Les liens que la culture populaire peut vous inspirer, c'est nono parfois). 1 West 72th. Partons en pélérinage en piquant au travers du parc.

Rendu sur place, pause sous la pluie un peu plus intense. Retour vers la maison. Que dire d'autre? Me semblait aussi.

On jase là, Achilles Last stand, ça se marche bien, hin. Tout est là dans cette chanson. Tout Led Zep je veux dire. Ce n'est pas la meilleure du top 100 mais tous les membres sont là en grande forme. Magique. Mets ça dans tes oreilles pis tout va aller mieux. Même lire Duhaime-je-suis-charlie-juste-quand-ça-me-tente devient amusant plutôt que juste épais. C’est dire. Tout est cordé comme un tableau périodique. Tu écoutes ça une deuxième fois dans la journée pendant que tu publies sur ton blogue en regardant une matrice dans la tapisserie de la chambre d'hôtel pis tu vois Morpheus qui te tend une pilule, une granule. En tout cas, ça fait écrire de longues phrases. Ça compte-tu pour le klout, les longues phrases?

Tsé, ça me fait penser, on ne sait pas tusuite où je m'en vais avec ça mais «bare with me for a moment». J'aurais, peut-être, pu pondre quelques niaiseries écrites dans la bible si Jésus avait été mon contemporain, pas besoin de l'avoir connu là, pas grave, on aurait pu se croiser sans se voir avec une marge de 2, 300 ans, mettons. Mais là, aujourd'hui, il y a bien trop de bons trucs écrits. Voici 2000 ans, il n'y en avait pas tellement du bon stock à lire, enfin, je pense. Tout était à faire. Mais là, aujourd'hui, c'est dur d'arriver après, par exemple, Sophie Bienvenu mettons. On a soupé ensemble chez Pazza Notte sur Avenue of the America. Les arancinis servis en entrée ne goûtaient rien, une honte. En plat principal, pour bien tester un italien, j'ai un truc: prendre les carbonaras. Si tu m'as avec ce plat si simple, je vais chanter une louange pour toi. Mais là, bon, quoi chanter? Un Jingle de Nowel? Ok, allons-y pour un jingle. Platte de même la critique. Mais au moins, Sophie m'a entretenu tout le repas. Ça compense drôlement bien.

Hé, pour revenir à l'écriture, lire Chercher Sam me fait penser à écrire ceci, et juste pour qu'on se comprenne bien, la pensée ne s'applique vraiment pas à Chercher Sam: tu peux bien hoqueter un livre complet avec des métaphores cheapettes format familial, régurgiter des jeux de mots en rafale plutôt que simplement raconter une bonne histoire. Mais ça ne fait pas un roman digne du mot. Un genre de si tu sais pas quoi écrire, écris donc rien.

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